Diminution des concentrations atmosphériques de mercure

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Le mercure est un polluant toxique dont la forme gazeuse joue un rôle central dans la propagation de cette pollution. Grâce à l'analyse d'échantillons d'air prélevés dans le névé polaire de Summit au centre du Groenland, des chercheurs français du LGGE (1), en collaboration avec plusieurs équipes américaines (2) et italienne (3), ont pu estimer l'évolution, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des concentrations atmosphériques du mercure gazeux des moyennes et hautes latitudes Nord. Leurs travaux révèlent une forte décroissance de ces concentrations dans les années 80, qui correspond à la mise en place des premières réglementations visant à réduire les émissions de mercure. Ces résultats sont publiés dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences.

Camp de forage et de pompage, localisé à 10 km de la station principale de Summit
afin d'éviter toute contamination par les activités de la base scientifique.

Le mercure est un polluant "global" car on le retrouve sous toutes les latitudes et au sein de tous les écosystèmes, aussi bien terrestres que marins : dans la végétation, les sols, les zones humides, les neiges ou encore les océans.

Plusieurs formes chimiques du mercure coexistent dans l'environnement : le mercure élémentaire gazeux (Hg0), le mercure divalent (Hg(II)) sous diverses associations et le méthyle mercure, une espèce organométallique extrêmement toxique. Sa forme gazeuse joue un rôle central dans sa propagation car sa stabilité chimique lui donne le temps de se disperser par voie atmosphérique sur toute la surface du globe, depuis les latitudes tempérées où se concentrent ses sources anthropiques. Il est ensuite transformé chimiquement, jusqu'à atteindre sa forme polluante de méthyle mercure qui a la particularité de se transmettre à la chaîne alimentaire, puis de se concentrer progressivement le long de cette chaîne. Cette pollution affecte tout particulièrement les populations dont l'alimentation repose largement sur la pèche, notamment en Arctique, le méthyle mercure devenant dangereux pour l'homme dès que sa concentration dans le sang dépasse 100 ?g/l (4).

Aujourd'hui, les émissions de mercure liées aux activités humaines (production de chlore, combustion de charbon ou de pétrole, incinération des déchets) comptent pour environ la moitié de son bilan global.

Pour reconstruire l'évolution temporelle de cette pollution, des chercheurs du LGGE, en collaboration avec des collègues américains et italiens, se sont intéressés à l'air contenu dans les névés polaires. La neige qui se dépose à la surface des calottes polaires (Groenland et Antarctique) se transforme en effet progressivement en névé puis en glace au cours du tassement progressif des couches successives. Or, le névé est un milieu poreux où les gaz atmosphériques peuvent circuler lentement, avant leur piégeage définitif sous forme de bulles dans la glace. L'air contenu dans un névé constitue donc une archive naturelle unique pour la reconstruction de la composition récente de l'atmosphère.
En juin 2006, les chercheurs ont prélevé des échantillons d'air le long des 80 mètres d'épaisseur du névé de Summit (point culminant du Groenland, à 3200 m d'altitude) et ont analysé son contenu en mercure élémentaire gazeux (Hg0).

Ces mesures ont permis de reconstruire pour la première fois l'évolution du mercure atmosphérique au cours des dernières décennies, les premières mesures directes et continues du mercure atmosphérique n'ayant débuté que dans les années 1990.

Bien que reconstruit au Groenland, ce signal porte la signature des émissions nord-américaines et européennes. Les chercheurs ont ainsi pu mettre en évidence un pic de concentration correspondant à des niveaux quasiment doubles des teneurs actuelles dans les années 70, suivi d'une forte décroissance dans les années 80, laquelle reflète la conséquence positive des premières réglementations encadrant les rejets industriels de mercure vers l'atmosphère, notamment le Clean Air Act américain mis en place en 1970 et ses amendements de 1977. Conduites loin des sources de pollution, ces analyses "sentinelles" témoignent donc de l'efficacité des réglementations sur un polluant majeur.

Le développement rapide des économies des pays émergents permettra-t-il de maintenir cette tendance à la baisse du mercure élémentaire gazeux ? De fait, l'enregistrement atmosphérique que viennent de publier ces chercheurs encourage l'initiative prochaine de négociations aux Nations Unies pour la mise en place d'une régulation au niveau international des émissions anthropiques de mercure.

Cette étude a été financée en France par le programme ACI Jeune chercheur du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et par le LGGE. Le travail de terrain était soutenu par la NSF (National Science Foundation) américaine.

Notes:

(1) Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (CNRS et UJF).
(2) CRREL, Bowdoin College, Scripps Institution of oceanography.
(3) Université de Venise.
(4) Seuil défini par l'Organisation mondiale de la santé.

AL
Aldaux

SILENCE, ON INTOXIQUE !

Quand on lit ce bouquin d'une équipe de toxicologues on a froid dans le dos, et quand on l'a lu on est au désespoir : tout est pollué, tout est toxique, et d'abord le poisson. En manger une fois par mois est d'une salutaire prudence, en manger une fois par semaine fait courir des risques importants, en manger tous les jours serait de l'inconscience.
On se rappelle l'affaire de Minamata, au Japon, et les effets effroyables de l'empoisonnement au mercure de toute une population de pêcheurs, via le poisson.
Que l'atmosphère contienne deux fois moins de mercure qu'il y a 40 ans ne me rassure qu'à moitié parce qu'il est ailleurs et pas seulement dans nos cimetières, donc que nous le retrouverons fatalement dans nos assiettes.
Il y en aura davantage avec l'abandon progressive des lampes à incandescence, qui contiennent de l'azote, remplacées par des tubes luminescents qui contiennent de la vapeur de mercure. Quand un tube est foutu il est jeté dans les poubelles et le plus souvent cassé, ce qui libère du mercure gazeux lequel s'oxyde très vite en HgO.
J'avais décidé de ne pas manger de poisson pour les fêtes, je ne change pas d'avis après avoir lu cet article. Brrrr !!!

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cisou9

dépasse 100 ?g/

C'est quoi ça, ce serait pas plutôt 100 µg , rassurez moi.

Mais mangez quand même du poisson.

Entièrement d'accord avec ce qui est dit avec les lampes basse consommations, qui sont dues à un lobby plutôt qu'a une nécessite. :(

AL
Aldaux

basstemperature
Alors que je le rappelLE il y a la légion présente en guyane qui y est avant tout pour former ses soldats aux terrains de jungle, soit de nombreux soldats expérimentés sur ce genre de terrain qui pourraient agir et mettre un grand coup dans la fourmillière !

Je ne daube pas sur l'expression écrite, le texte reste lisible.
J'ai un excellent copain qui a fait 15ans de Légion dont 5 en Guyane. Il me disait en rigolant : "là où nous ne passons pas, les serpents ne passent pas non plus". La légion n'est pas en Guyane pour en faire baver les hommes mais pour sécuriser les abords de l'immense site de Kourou. Un éventuel commando qui aurait l'idée absurde d'attenter à la sécurité de la base aurait du souci à se faire parce que les gars tirent d'abord et vont ensuite "aux résultats".
Les orpailleurs de tout poil qui triment comme des forcenés pour ramasser de temps en temps une pépite qu'ils ont vite fait de se faire voler, qui se battent entre eux, sont de pauvre hères attirés par la magie de l'or et aucun ne fera fortune. Celui qui ne trouve rien crève de misère, celui qui trouve se fait trucider.
On n'y peut pas grand chose et aucun gouvernement n'est en mesure de contrôler cette activité ni cette population.
Il reste évidemment le mercure. Tant que ce poison sera en vente libre ce sera comme ça.
La technique d'orpaillage consiste surtout à essayer de dissoudre de l'or dans du mercure puis de le récupérer en évaporant le solvant. Cela fait surtout de la vapeur de mercure dans l'atmosphère et accessoirement dans les poumons des orpailleurs, qui crèveront encore plus vite. Je dois avoir des lacunes culturelles parce qu'à ce que j'ai lu je n'ai pas trop compris comment ce mercure se retrouverait en masse dans les rivières.
En tout cas les métaux lourds sont concentrés dans les poissons, qui ne vivent pas assez vieux pour en crever vu qu'ils sont mangés ou pêchés avant. J'aime beaucoup le poisson mais une fois par mois cela me suffit largement. Plus ? non, merci.