Du nouveau sur la chute de Neandertal

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Des agressions par l’homme moderne et un éparpillement génétique pourraient expliquer l'extinction de Neandertal.

Qui était donc Homo neanderthalensis, l'homme préhistorique de Neandertal ? Deux équipes comprenant des chercheurs du CNRS viennent de publier coup sur coup des études qui permettent de mieux comprendre ce représentant fossile du genre Homo. Espèce bien distincte de notre ancêtre Homo sapiens, celle-ci a vécu en Europe et en Asie occidentale entre 250 000 et 28 000 ans, environ, avant le présent.

Aires de répartition de trois sous-groupes d'individus néandertaliens.
Les points bleus désignent les lieux d'où provient l'ADN qui a permis d'établir cette carte.

Effectuée par une équipe internationale menée par Fernando Ramirez Rozzi, du laboratoire « Dynamique de l'évolution humaine: individus, populations, espèces » du CNRS, à Paris, la première de ces recherches suggère que les relations entre l'homme de Neandertal et l'homme moderne (Homo sapiens) n'étaient pas au beau fixe… puisqu'elle fait état d'agressions du premier par le second ! Réalisée par les chercheuses marseillaises Silvana Condemi, Anna Degioanni et Virginie Fabre, du laboratoire « Anthropologie bioculturelle », à Marseille, la deuxième étude, elle, confirme l'existence de trois sous-groupes de néandertaliens différents génétiquement. Fondamentaux, ces deux résultats pourraient permettre de mieux saisir les raisons de l'extinction de l'homme de Neandertal il y a environ 30 000 ans, avant que l'Homo sapiens le remplace définitivement en Europe.

« Surprenants, nos résultats suggèrent que les néandertaliens ont été en contact avec les premiers représentant des hommes modernes ; et ces derniers semblent avoir rapporté des corps de néandertaliens dans leur caverne pour les manger… », précise Fernando Ramirez Rozzi. Pour parvenir à cette conclusion, le paléoanthropologue, spécialiste du développement dentaire, et son équipe ont analysé des fossiles trouvés sur le site préhistorique des « Rois », à Moutiers (Charente) dans le Sud-Ouest de la France, un foyer de la culture aurignacienne, la première culture attribuée à Homo sapiens.

Les fossiles étudiés correspondent à deux fragments de mâchoire inférieure et à des dents isolées. En analysant la croissance de ces dents, les chercheurs ont pu identifier que l'une des mandibules appartenait à un homme moderne alors que l'autre provenait très probablement d'un néandertalien. Or, « point important : sur la mâchoire que l'on pense provenir d'un homme de Neandertal, on observe des marques de coupures similaires à celles laissées sur les mandibules d'animaux abattus par les hommes modernes, comme le renne. D'où notre conclusion que les néandertaliens ont pu être mangés par les humains », continue le paléoanthropologue.

« Pour ce qui est de nos travaux, pour la première fois nous avons essayé d'en savoir plus sur l'homme de Neandertal sans le comparer à l'homme moderne mais en faisant une analyse génétique à l'intérieur de la population même », enchaîne la chercheuse marseillaise Silvana Condemi. Ses collègues et elle ont tenté de savoir si Homo neanderthalensis, qui occupait une vaste région allant de l'Atlantique à la Sibérie, constituait une population homogène ou s'il formait plusieurs groupes distincts.

Sur des bases anatomiques, comme par exemple la dimension des dents, plus grandes dans le Nord de l'Europe, les paléoanthropologues envisageaient déjà que les néandertaliens se divisaient en sous-groupes : un en Europe occidentale, un autour de la Méditerranée et un dernier au Proche-Orient. Pour confirmer cette hypothèse, l'équipe a recouru à des logiciels informatiques permettant de modéliser l'évolution démographique et génétique de la population néandertalienne à partir de quinze fragments d'ADN provenant de douze néandertaliens et décodés depuis 1997.

Au final, les chercheuses ont pu établir l'existence des trois sous-groupes dans la population néandertalienne (un occidental, un méditerranéen et un oriental). Elles suggèrent même l'existence d'un quatrième en Asie occidentale. Les petites variations génétiques de ces différents groupes seraient dues à une microévolution induite par l'environnement où chacun des groupes vivait. L'existence d'une telle subdivision génétique, avec peu de migrations entre les sous-groupes, pourrait avoir fragilisé les néandertaliens et favorisé leur extinction lorsque chaque population s'est vue soumise à une concurrence – parfois violente – avec l'Homo sapiens.

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Aldebaran

L'homme de Néandertal à la broche, il parait que c'est succulent ! :)

PA
passant

Michel
D'où notre conclusion que les néandertaliens ont pu être mangés par les humains », continue le paléoanthropologue

Probablement que la transsubstantiation a joué un rôle social dans l'abandon de l'anthropophagie pour nos sociétés actuelles.

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Vampire

Je crois que c'est en Espagne, récemment, qu'on été découvert les plus vieilles preuves d'anthropophagie entre homo sapiens...

L'Homme est vraiment une sale bête.

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Aldebaran

Oui quel dommage, on aurait pu coexister avec une autre espèce...
Mais bon c'est aussi en faisant la guerre que l'homme a réussi à conquérir le monde.

GO
gomodo

La carte laisse sugérer qu'il n'y avait pas de néandertalien dans le sud de l'espagne, et le détroit de Gilbratar.
Bizarre, je crois pourtant avoir lu qu'il y en a eut.

PA
passant

Aldebaran
Oui quel dommage, on aurait pu coexister avec une autre espèce...

Qui sait, peut-être il y a-t-il eu des accouplements secrets entre Néandertal et Sapiens ce qui fait qu'il se pourrait qu'il y ait encore du Néandertal dans le Sapiens. Une histoire d'amour quoi.

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DarkPounette

gomodo
La carte laisse sugérer qu'il n'y avait pas de néandertalien dans le sud de l'espagne, et le détroit de Gilbratar.
Bizarre, je crois pourtant avoir lu qu'il y en a eut.

C'est bien du côté de Gibraltar qu'on a retrouvé les "restes" les plus récents des néandertaliens, ils s'y seraient retrouvé "acculés" lors de leur proche disparition (-28000 voire -24000). Cette carte de répartition non datée est de toute évidence plus ancienne, d'une époque plus prospère pour eux (avant l'arrivée du Sapiens, selon cette étude)

edit: on trouve ici la plupart des hypothèses avec une carte animée http://www.hominides.com/html/dossiers/ ... rthal.html

GO
gomodo

s'y seraient retrouvé "acculés" lors de leur proche disparition

C'est curieux qu'ils ne s'y soient pas installés avant, car il ne me semble pas que ce soit une zone hostile à la vie, ça serait même plutôt le contraire (hivers plus doux, zone cotière, entre 2 océans).

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DarkPounette

C'est bien pour cela que j'utilise le conditionnel, il y a plusieurs modèles possibles en fonction du climat:

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1488.htm

N'oublions pas que le Neandertal était un "homme du froid", on pourrait supposer aussi qu'à cette époque la Mediterrannée était "fermée", et que l'"entre-deux mers" impliquait un climat contrasté relativement invivable :??:

JA
Jacomo

Voici une hypothèse qui hélas est très plausible: si Sapiens a provoqué la disparition de Néanderthal (ou du moins y a contribué), ce fut le 1er génocide...
De plus les études génétiques en cours du génome de Néanderthal tendraient à montrer qu'il n'y avait pas d'interfécondité avec Sapiens : de quoi considérer comme "animale" cette "autre humanité" pour les "racistes" préhistoriques!

ZB
zb1000

rien de bien surprenant, manger ou etre mangé....

GO
gomodo

Lien interessant Darkpounette

pourrait supposer aussi qu'à cette époque la Mediterrannée était "fermée", et que l'"entre-deux mers" impliquait un climat contrasté relativement invivable

Apparemment la Méditerrannée était connecté à l'atlantique bien avant (plusieurs Ma):
https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_salinit%C3%A9_messinienne

LV
LV97

Aldebaran
Mais bon c'est aussi en faisant la guerre que l'homme a réussi à conquérir le monde.

OMG ... Non, s'il faut faire la guerre pour conquérir un territoire, c'est qu'il a déjà été conquis par l'Homme ...

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klinfran

Bonne remarque.
Est-ce qu'il n'y a pas une généralisation un peu rapide à partir de 15 cas?, est-ce que trouver 3-4 groupes différents dans quinze cas identifiés peut permettre de dire qu'on a trouvé quasiment tous les groupes et quelle était leur répartition?
Au fait, la méditerrannée est une mer pas un océan.