Echec d’une prédiction de la théorie du Big Bang

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Les conclusions de scientifiques de l'université d’Alabama à Huntsville (UAH) conduits par le Dr. Richard Lieu, ne vont pas manquer de provoquer des polémiques : selon eux, l’apparente absence d’ombres galactiques là où l’on en attendait soulève de nouvelles questions sur la validité du fond cosmique de rayonnement micro-onde (CMBR) en tant que preuve de la théorie suivant laquelle tout a commencé dans l'univers par le "Big Bang".

En utilisant de nouvelles mesures très précises fournies par la sonde WMAP (Wilkinson Microwave Anisotropy Probe) effectuées sur 31 amas de galaxies, les chercheurs ont montré que certains d’entre eux ne provoqueraient pas autant d’ombre qu’ils le devraient sur le rayonnement fossile.

"Ces ombres sont un phénomène bien connu qui est prédit depuis des années", explique R. Lieu. « C’est la seule méthode directe pour déterminer la distance à l'origine du CMBR. Jusqu'ici, toutes les preuves qu’il provient d’un temps aussi lointain ne sont que des preuves indirectes. Si l’on observe une ombre, cela signifie que le rayonnement provient de derrière l’amas. Si l’on n’en observe pas, alors un problème se pose. Or parmi les 31 amas que nous avons étudiés, certains manifestent ce phénomène, mais d'autres pas".

D'autres groupes ont précédemment constaté ce type d'ombres sur le fond micro-onde. Ces études, cependant, n’utilisaient pas les données de WMAP, qui a été conçu spécifiquement pour étudier le CMBR.

Si la théorie standard du Big Bang est exacte et que le rayonnement micro-onde provient effectivement des confins les plus éloignés de l’univers, alors parmi les amas de galaxies les plus « proches » de notre propre Voie Lactée, ceux qui émettent massivement des rayons X devraient tous provoquer des ombres portées sur le fond de micro-onde.

Prises ensemble, les données montrent que le phénomène ne concerne qu’un quart des amas prédits, une valeur sensiblement égale en proportion aux variations naturelles déjà observées dans le fond cosmique à travers le ciel dans sa totalité.

« De deux choses l’une », poursuit R. Lieu, « Soit le fond cosmique micro-onde ne provient pas de derrière les amas, soit... autre chose se passe. Une possibilité serait de dire que les amas eux-mêmes sont des sources d’émission de rayonnement micro-onde, et ceci soit depuis une source interne ponctuelle soit depuis un halo de matériaux émetteurs faisant partie de l'environnement de l’amas ».

"Cependant, en se basant sur tout ce que nous connaissons des sources de rayonnement et des halos environnant les amas, on ne s’attend pas à de telles émissions. Et il serait invraisemblable de suggérer que plusieurs amas pourraient émettre des micro-ondes aux fréquences et intensités adéquates pour correspondre exactement au rayonnement du fond cosmique".

Des ombres nécessaires…

Prédit en 1948 et découvert en 1965, le CMBR est la légère « lueur micro onde » du faible rayonnement qui imprègne manifestement l'univers tout entier. Comme il semble provenir depuis toutes les directions avec une puissance et une fréquence pratiquement uniformes, les cosmologues ont théorisé que le fond cosmique était le rayonnement post luminescent vestige du Big Bang qui a généré l'univers. Et dans ce cas, le rayonnement qui atteint la Terre aujourd'hui a parcouru des milliards d'années-lumière dans l'espace à partir des confins de l'univers.

D’autre part, les amas de galaxies sont les plus grandes structures organisées de l'univers. Chaque amas peut contenir des centaines de galaxies comme la Voie Lactée, chacune avec des milliards d'étoiles. La gravité au centre de certains amas piège du gaz qui est assez chaud pour émettre des rayons X. Ce gaz est également suffisamment chaud pour perdre ses électrons (il s'ionise), ce qui remplit des millions d'années-lumière cube d'espace à l'intérieur des amas galactiques d’essaims d’électrons libres.

Ce sont ces électrons libres qui, en se heurtant et en interagissant avec les photons du rayonnement micro-onde, les dévient fortement de leurs trajectoires initiales et produisent le phénomène d’ombre. Cet effet a été prédit pour la première fois en 1969 par les scientifiques russes Rashid Sunyaev et Yakov Zel'dovich.

Comme des ombres chinoises cependant, ces ombres ne peuvent se former que si les trois ingrédients (lumière, objet et observateur) se présentent dans le bon ordre. Si un objet ne projette aucune ombre, ce peut être parce que la source lumineuse est plus proche de l'observateur que l'objet lui-même. Et cela pourrait signifier que le fond cosmique micro-onde ne provient pas des confins de l'univers, bien qu'il n'y ait aucune source alternative évidente ou connue.

« L'ensemble de données de WMAP est à la disposition du public et d’autres scientifiques vérifient déjà les résultats de nos chercheurs », indique R. Lieu, mais selon lui personne n’a encore pu trouver d’imperfection dans leur analyse.

Le résultat de leur travaux est publié dans l’édition du 1er septembre 2006 d’Astrophysical Journal. Déjà l’année passée, R. Lieu et le Dr. Jonathan Mittaz, chercheur de l’UAH également, avaient publié les résultats d'une étude utilisant des données de WMAP pour rechercher l’existence des effets de "lentilles gravitationnelles" qui devraient être observés (mais qui ne le sont pas) si le fond cosmique micro-onde est effectivement un vestige du Big Bang.

VI
Victor

Pourquoi le rayonnement du fond cosmisque est localisé dans le lointain fond cosmologique, il serait plus évident de parler de la température moyenne du vide qui lui est partout... Je ne comprends pas pourquoi seul le fond d'univers aurait ce rayonement fossile alors que si l'on admet que l'univers dans sa température moyenne spatiale est à 2,7 K ce qui n'oblige pas a mettre ce rayonnement comme fossile mais contemporain et partout en dehors des zones chaudes comme les étoiles, trou noirs etc.

avatar
cisou9

Comme des ombres chinoises cependant, ces ombres ne peuvent se former que si les trois ingrédients (lumière, objet et observateur) se présentent dans le bon ordre. Si un objet ne projette aucune ombre, ce peut être parce que la source lumineuse est plus proche de l'observateur que l'objet lui-même. Et cela pourrait signifier que le fond cosmique micro-onde ne provient pas des confins de l'univers, bien qu'il n'y ait aucune source alternative évidente ou connue.

Effectivement le rayonnement fossile est partout et aussi devant les amas; mais à ce moment la il ne devrait plus y avoir d'ombre. :(

VI
Victor

Le grand truc des théoricien du Big-bang c'est de dire qu'il n'est possible d'en avoir la preuve par le rayonnement fossile qui se situe dans le fond d'univers car la lumière qui arrive des fins fonds de l'univers est proche des débuts de l'univers mais si nous admettons l'homégénéité de l'univers le proche et le lointain ne devrais pas avoir beaucoup de différence, sauf que le fond d'univers vient de très loin, ce qui pose la question est que l'isotropie de notre regard sur des distances en AL est il valable et si nous n'étions pas à ce centre théorique de l'univers mais dans une zone quelconque et que notre regards dans le passé, n'est pas équivalent pour toute la sphère des équidistants observables autrement dit notre regard n'a rien d'un regard d'un observateur privilégie qui regarde une sphère de 13.5 milliards d'année mais dans un endroit topologiquement quelconque

JE
JeanMB

Si on ne se polarise pas sur le big-bang, on peut chercher une autre origine non fossile pour le rayonnement de 2,7K. Il serait lié seulement à la température locale qui résulte de l’interaction entre les matières (gaz intergalactiques, étoiles, …) et les rayonnements. La chaleur se propage par la convection, la conduction et le rayonnement. Il en résulte la température. Dans l’espace (presque le vide), le rayonnement est prépondérant et à très longue portée, mais l’interaction avec la matière (même ténue) n’est pas exclue. Il existe en particulier une forte interaction surtout dans le domaine thermique avec certains gaz comme l’hydrogène, qui lorsqu’ils sont excités par des UV (il y en a partout), provoquent l’effet CREIL, qui est un effet de thermalisation, rapprochant les fréquences des rayonnements qui traversent cette matière excitée de la moyenne thermique locale. Il en résulte une progression vers un équilibre et une isotropie thermique, pouvant avoir quelques variations locales. Il y a donc dans l’espace une thermalisation active, qui a depuis longtemps submergé les effets fossiles. Tout ce qu’on observe s’explique ainsi très bien, mais le big-bang n’a plus rien à voir avec la température d’équilibre cosmique.