Espacer les lettres améliore la lecture des enfants dyslexiques

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L'augmentation de l'espacement des lettres d'un mot et des mots d'un texte améliore la vitesse et la qualité de la lecture chez les enfants dyslexiques, et ce sans aucun entrainement préalable. Ils lisent en moyenne 20 % plus vite et font deux fois moins d'erreurs. C'est ce que vient de constater une équipe de recherche franco-italienne co-dirigée par Johannes Ziegler du Laboratoire de psychologie cognitive (CNRS/Aix-Marseille Université). Ces résultats sont publiés la semaine du 4 juin 2012 par la revue Proceedings of the National Academy of Science (PNAS). Parallèlement à ces résultats, une application iPad/iPhone a été élaborée par l'équipe et est disponible sous le nom de « DYS ». Elle permet aux parents et aux enfants de modifier l'espacement des lettres et de tester les bénéfices de cette manipulation sur la lecture. Les chercheurs pourront ainsi recueillir à grande échelle et en temps réel des données qu'ils pourront ensuite analyser et étudier.

La dyslexie est un trouble de l'apprentissage de la lecture lié à une difficulté à identifier les lettres, les syllabes ou les mots, qui se manifeste en l'absence de déficits intellectuels ou sensoriels et généralement malgré une scolarisation adéquate. La dyslexie touche environ un enfant par classe et 5 % de la population en moyenne et entraîne souvent des difficultés dans l'écriture.

© Johannes Ziegler. Cette image est disponible à la photothèque du CNRS,

Dans cette étude, les chercheurs ont testé les effets de l'espacement des lettres sur la lecture chez 54 enfants dyslexiques italiens et 40 enfants dyslexiques français, âgés entre 8 et 14 ans. Les enfants devaient lire un texte composé de 24 phrases dans lesquelles l'espacement était soit normal, soit plus grand. Résultat : l'augmentation de l'espacement a permis aux enfants dyslexiques d'améliorer leur lecture en vitesse et en précision. Ils lisent en moyenne 20 % plus vite et font deux fois moins d'erreurs. Cette amélioration de la lecture pourrait être due au fait que les enfants dyslexiques sont particulièrement sensibles à « l'encombrement perceptif », c'est-à-dire au masquage visuel de chaque lettre par celles qui l'entourent. Les résultats de cette étude montrent que ce phénomène d'encombrement délétère peut être réduit par un simple écartement des lettres.

Ce constat ouvre une piste intéressante dans le domaine des méthodes de rééducation de la dyslexie. En effet, pour lire mieux, il faut lire plus, or un enfant dyslexique lit en une année ce qu'un « normo-lecteur » lit en 2 jours. Car pour un enfant dyslexique qui n'arrive pas à décoder convenablement et lit de façon lente et laborieuse, lire devient un « supplice » qui ne l'encourage pas à le faire régulièrement. Les chercheurs ont trouvé une astuce simple et efficace qui permet aux enfants dyslexiques de rompre ce cercle vicieux en lisant correctement plus de mots et en moins de temps.

© Johannes Ziegler

Une application iPad/iPhone nommée « DYS » a été élaborée parallèlement à ces résultats de recherche par Stéphane Dufau, ingénieur de recherche au CNRS, au Laboratoire de psychologie cognitive. Disponible dans un premier temps en français et en anglais et téléchargeable gratuitement sur l'Apple Store, elle permet aux parents et aux enfants de manipuler l'espacement des lettres et de tester les bénéfices de cette manipulation sur la lecture. Les chercheurs pourront quant à eux recueillir à grande échelle des données qui leur permettront de quantifier puis d'analyser s'il existe un espacement optimal en fonction de l'âge de la personne et du niveau de lecture.

Des films de l'application DYS sont disponibles en français et en anglais.
Voir :

et

Pour télécharger gratuitement l'application :
http://itunes.apple.com/fr/app/dys-application-pour-la-dyslexie/id529867852?mt=8
http://itunes.apple.com/us/app/dys-help-people-with-dyslexia/id529867852?mt=8

Référence:

Article http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1205566109 PNAS: “Extra-Large Letter Spacing Improves Reading in Dyslexia,” by Marco Zorzi et al.

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QJ

Oh punaise !

Si ça marche je connais un "petit garçon à son papa" qui va vachement être content ! :amoureux:

Je vais tester cela ce soir sur mon fils, juste par curiosité.

Je vous tiens au courant promis juré craché. -"Spuit !" :dehors:

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cisou9

:_salut:
Einstein était dyslexique, vous savez tous ce qu'il a fait pour la physique. :jap:

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StarDreamer

@Cisou9: le fait de ne pas pouvoir écrire des romans lui a peut-être permis de passer plus de temps dans son espace cérébral pour imaginer un nouveau paradigme de l'espace-temps...
... d'où le fait que si on a un "handicap" (à défaut d'autre terme) dans un domaine, il ne faut pas hésiter à explorer les points forts qu'on a certainement ailleurs !

Pour revenir à l'article, il faut voir si ce mode de présentation des textes apporte des corrections à terme sur la dyslexie ou si c'est juste une prothèse pour faciliter la lecture.

ME
Medialexie

Dyslexie : espacer les lettres et les mots...

Des médias viennent d'annoncer la mise au point par des « chercheurs » d'un principe d'espacement des lettres et des mots pour aider un élève dyslexique dans sa tâche de lecture.

Médialexie souhaite rappeler que ce procédé a été intégré au sein de ses logiciels dès 2004!

Médialexie va beaucoup plus loin: pour aider efficacement un élève dyslexique, il faut non seulement lui proposer de choisir sa police de caractères, de paramétrer l'espace entre les lettres et les mots mais aussi et surtout l'espace entre les lignes, la mise en valeur de certaines lettres, la modification de la couleur du fond de l'écran et des caractères, la mise en colonne d'un texte… Paramétrages déterminants que l'élève détermine dans son profil Médialexie.

Signalons enfin que ce procédé de personnalisation pour une aide à la lecture est également disponible dans la version téléchargeable gratuitement...

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QJ

Chose promise...

Et ça fonctionne !

Incroyable des temps de lecture re-lecture divisés par deux pour mon fils. Voire pour des textes simple divisés par trois.

J'ai passé l'été à taper ses fiches de travail, écarter les lettres, tester différents écarts, etc.
Et cela va beaucoup mieux.

Reste à convaincre le "corps enseignant" qui, je le sens, va vite devenir le "corps en saignant". :houla2:

Mais il y a de l'espoir:

* Si à l'entrée les prises de notes se font avec des logiciels de prise "à prédiction" de mots (nécessite du matos tablette/portable)...
* Et qu'à la sortie le texte est restitué au format qui convient au dyslexique, le tour est joué.

IS
Isabelle

Merci QJ pour ce retour d'expérience et bon courage à toi et à ton petit bonhomme pour la suite :)