Et si la matière noire n'était pas si noire ?

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Premiers signes de l'existence d'interactions au sein de la matière noire ?

Pour la toute première fois, une interaction autre que gravitationnelle a pu être observée au sein de la matière noire. Le suivi d'une collision galactique au moyen du Très Grand Télescope de l'ESO et du Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA a effectivement permis de collecter les toutes premières informations concernant la nature de cette mystérieuse composante de l'Univers. En combinant les données de l'instrument MUSE qui équipe le VLT de l'ESO au Chili aux images acquises par le télescope spatial Hubble, une équipe d'astronomes dont fait partie un chercheur du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (CNRS/Université d'Aix-Marseille) et du Centre de recherche en astrophysique de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), a pu étudier la collision simultanée de quatre galaxies au sein de l'amas Abell 3827. Elle a notamment été en mesure de localiser la matière contenue au sein de ce système et de comparer la distribution de matière noire aux positions occupées par les galaxies lumineuses.

Étant dotée d'une masse, la matière noire dévie la lumière en provenance des galaxies d'arrière-plan. Cet effet de lentille gravitationnelle a permis à l'équipe de déterminer sa position, en dépit de son invisibilité. Par chance, la collision s'est produite juste devant une cinquième galaxie d'arrière-plan, dont la lumière a dû traverser le champ de la collision avant d'atteindre la Terre. La masse de l'amas a sérieusement déformé l'espace-temps, et donc dévié le trajet de la lumière en provenance de la galaxie lointaine.

Dans l'état actuel de nos connaissances, il apparaît que toutes les galaxies résident au sein de vastes réservoirs de matière noire. La masse de la matière noire, et donc la gravitation qu'elle engendre, permet à des galaxies telle que la Voie Lactée de conserver leur cohésion, en dépit de leur rotation. A cette fin, 85% de la masse totale de l'Univers doit être constituée de matière noire. À ce jour, sa vraie nature demeure toutefois mystérieuse.

C'est en observant la collision entre quatre galaxies que les chercheurs ont découvert l'éloignement progressif d'un réservoir de matière noire par rapport à la galaxie qu'il entoure. La matière noire se situe en effet à quelque 5 000 années-lumière derrière cette galaxie, ce qui représente 50 000 millions de millions de kilomètres. A titre indicatif, rien moins que 90 millions d'années seraient nécessaires à la sonde Voyager de la NASA pour s'éloigner d'autant de la Voie Lactée.

Cette image acquise par le Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA montre le riche amas galactique Abell 3827. Les étranges structures de couleur bleue qui entourent les galaxies centrales constituent des vues magnifiées, par effet de lentille gravitationnelle, d'une galaxie plus lointaine située derrière l'amas. Illustration: ESO

Les théories envisagent un possible éloignement de la matière noire et de la galaxie associée. Pour ce faire, il est nécessaire que la matière noire interagisse avec elle-même, même faiblement, au travers de forces distinctes de la gravitation. Jusqu'à présent, personne n'avait encore observé l'existence d'interactions autres que gravitationnelles au sein de la matière noire.

Richard Massey de l'Université de Durham, auteur principal de cette étude, avance une première explication : «Nous percevons communément la matière noire comme un objet immobile, voire inerte, qui se contente d'exercer une attraction gravitationnelle sur son environnement proche. Mais le fait qu'elle ait été ralentie durant cette collision pourrait bien constituer la toute première preuve de l'existence d'une physique propre à ce côté obscur - l'Univers caché qui nous entoure.»

Les chercheurs soulignent la nécessité de rechercher d'autres causes possibles de ce décalage spatial. De semblables observations d'un plus grand nombre de galaxies, ainsi que des simulations numériques de collisions galactiques, sont ainsi requises.

Liliya Williams de l'Université du Minnesota, membre de l'équipe, ajoute : «La façon dont la matière noire interagit gravitationnellement, contribuant à sculpter l'Univers, atteste de son existence. Toutefois, sa véritable nature nous échappe encore. Nos observations suggèrent la possibilité que la matière noire interagisse par le biais d'autres forces que la gravitation. Elles permettent donc d'exclure certaines hypothèses clés concernant sa vraie nature.»

Cette conclusion s'inscrit dans la continuité des résultats d'une étude récente menée par cette même équipe. Au vu de cette étude, qui consistait en l'observation de 72 collisions entre amas galactiques, il est apparu que la matière noire interagissait très peu avec elle-même. Toutefois, le présent travail s'intéresse au mouvement des galaxies individuelles, non à celui des amas de galaxies. Aux dires des chercheurs, il est fort possible que les collisions entre ces galaxies aient duré plus longtemps que les collisions ayant fait l'objet d'une observation dans le cadre de la précédente étude - permettant ainsi aux effets d'une force de frottement - même de faible amplitude - de s'accumuler au fil du temps et d'engendrer un décalage mesurable.

La distribution de la matière noire dans le cluster est représentée par des lignes de contour bleu. Cette image du télescope spatial Hubble NASA / ESA montre les riches amas de galaxies Abell 3827. Illustration: ESO

Considérés simultanément, les résultats issus de ces deux études permettent, pour la toute première fois, «d'encadrer» le comportement de la matière noire. La matière noire interagit davantage que prévu, mais moins qu'attendu. Massey d'ajouter : «Nous sommes enfin en mesure de délimiter les propriétés de la matière noire - notre connaissance naviguant dans l'une et l'autre directions.»

AL
alessandro pendesini

Bonjour

Une petite précision : la matière noire n’est pas plus noire qu’un trou noir !
La matière « noire » (24,02%) existe, elle est là partout dans l’Univers. C’est son effet gravitationnel sur les mouvements des étoiles et galaxies qui confirme son existence. Elle n’émet ou absorbe aucune radiation électromagnétique que nous connaissons, elle est plus que probablement constituée d’éléments subatomiques tout à fait différents de ceux que nous connaissons actuellement. Sans oublier l’énergie « sombre » (71,35%) (elle n’est pas plus sombre que la couleur « verte » de ma peau…) qui permet à l’Univers de ce dilater en s’accélérant depuis environ 7 milliards d’années. Le restant (4,628%) n’étant que de la matière baryonique.
Pour connaître sa vraie nature il faudra probablement passer par des bouleversements conceptuels et fondamentaux de la physique actuelle. :yxt:

avatar
cisou9

_______________ :_salut:

alessandro pendesini
Bonjour
(elle n’est pas plus sombre que la couleur « verte » de ma peau…) :yxt:

Que ceux qui ne croient pas aux E.T. la ferme; nous en avons un sur ce forum !!! ____ :lol: ____ :lol2:

KA
kace

alessandro pendesini
Bonjour
Une petite précision : la matière noire n’est pas plus noire qu’un trou noir !
La matière « noire » (24,02%) existe, elle est là partout dans l’Univers. C’est son effet gravitationnel sur les mouvements des étoiles et galaxies qui confirme son existence. Elle n’émet ou absorbe aucune radiation électromagnétique que nous connaissons, elle est plus que probablement constituée d’éléments subatomiques tout à fait différents de ceux que nous connaissons actuellement. Sans oublier l’énergie « sombre » (71,35%) (elle n’est pas plus sombre que la couleur « verte » de ma peau…) qui permet à l’Univers de ce dilater en s’accélérant depuis environ 7 milliards d’années. Le restant (4,628%) n’étant que de la matière baryonique.
Pour connaître sa vraie nature il faudra probablement passer par des bouleversements conceptuels et fondamentaux de la physique actuelle. :yxt:

Bonjour
Un commentaire : la formulation affirmative "la matière noire existe" me choque, désolé ... Cette conclusion repose sur un postulat qui n'est, factuellement, nullement démontré. Pire, tous les scientifiques s'accordent pour dire que ce postulat est incomplet ! Donc la formulation est trompeuse, il faudrait parler au conditionnel à propos de la matière noire !

En effet, la situation est la suivante : en utilisant la relativité générale, l'univers ne se comprend qu'en supposant la présence d'une matière noire et d'une énergie noire, qui sont indéniablement nécessaire pour expliquer nos observations. Dans ce contexte, on peut dire que la matière noire "existe", mais cela n'est valable QUE si on part du postulat que la relativité générale est exacte. Or on sait qu'elle est à minima incomplète (car incompatible avec la mécanique quantique), et rien ne prouve sa validité à grande échelle (échelle des galaxies et au-delà). Donc on ne peut pas affirmer que la matière noire existe.
L'alternative existe, c'est de supposer que la gravité est différente à grande échelle, et que ces différences puissent expliquer nos observations. Facile à dire, mais encore faut-il trouver une modification de la gravité qui explique les observations ...
Or justement, une gravité modifié qui explique les observations a été trouvée, c'est "MOND" ! Elle est très imparfaite et phénoménologique, mais elle explique assez bien les observations, est très prédictive et n'a jamais été vraiment mise en défaut (malgré ses prévisions assez précises).
Donc a minima, il faut être prudent quand aux affirmations "la matière noire existe" ; -)

AL
alessandro pendesini

Vous avez raison de me rappeler que son existence n’a pas été démontrée rationnellement à ce jour ! Merci…
Mais alors comment pouvons-nous expliquer son (hypothétique ?) effet gravitationnel sur les mouvements des étoiles et galaxies ?
La matière noire non atomique serait constituée de particules formées dans les premiers instants du Big Bang, en nombres assez importants pour engendrer des puissants effets gravitationnels qu’on désigne quelques fois sous le nom de WIMPS (Weakly Interacting Massive Particles) à cause d’une de ses caractéristiques : son insensibilité à l’interaction électromagnétique, de n’interagir quasiment pas avec la matière atomique. C’est (peut-être) la raison pour laquelle aucune WIMP n’a (pas encore) été détectée. Mais certains physiciens espèrent les récréer artificiellement dans les accélérateurs de particules.
D’autres, dont peut-être vous faite partie, contestent l’idée ou concept de matière noire et préfèrent imaginer une modification des lois de la gravité. Mais -faut-il le souligner- n’ont pas réussi à élaborer une théorie alternative vraiment convaincante, qui pourrait expliquer de façon unifiée les observations portant sur les vitesses de rotation des galaxies spirales ainsi que la stabilité des amas, des lentilles gravitationnelles et formation des grandes structures….
L’avenir nous réservera encore et encore bien des énigmes. La réalité existe, cela ne semble faire aucun doute… mais je crains que l’humain, avec ses capacités cognitives pas vraiment époustouflantes, soit incapable de la décrypter ! Notre cerveau n’est pas « instructionniste » mais « opportuniste », il n’a pas évolué pour décrire la réalité, mais pour éviter d’être bouffé par de grands prédateurs tels que les tigres, il y a belle lurette…Mais je ne désespère pas; à l’aide d’outils de plus en plus performants et une connaissance neuronale de plus en plus précise, les générations futures pourront-elles l’atteindre ?
:bisou:

VI
Victor

Le raisonnement qui est tiré de la mécanique quantique
ce qui n'est pas vu n'existe pas, il est profondément absurde
je suis quasi certain qu'il y a d'autres possibilités
que notre toutes petites visions des choses,
déjà en astronomie l'ailleurs absolu ça devrait vous rendre modeste,
puis pourquoi ne pas imaginer des bosons de "ces"et ou de "cette" matières noires
Je sais pas trop s'il n'y a qu'une famille de matière noire ...
qui n'interagisse pas avec notre physique,celle de la matière commune,
faire de la lumière le seul et unique moyen de connaitre ce monde
c'est passer a coté de beaucoup de chose,
déjà l'astronomie qui est faite avec des neutrinos elle existe
alors pour des particules exotiques qui n’interagissent pas
ou peu avec notre matière commune c'est une hypothèse à ne pas écarter

KA
kace

alessandro pendesini
D’autres, dont peut-être vous faite partie, contestent l’idée ou concept de matière noire et préfèrent imaginer une modification des lois de la gravité. Mais -faut-il le souligner- n’ont pas réussi à élaborer une théorie alternative vraiment convaincante, qui pourrait expliquer de façon unifiée les observations portant sur les vitesses de rotation des galaxies spirales ainsi que la stabilité des amas, des lentilles gravitationnelles et formation des grandes structures….

Justement, ce qui m'interpelle, c'est que MOND est une réponse ! Certes, elle est partielle car phénoménologique et non relativiste (donc fausse). Mais des extensions relativistes crédibles existent (TeVeS, MOG, ...) et donnent des prédicitions a priori compatibles avec les observations cosmologiques.
Donc on a au choix le modèle Standard LCDM, ou la famille d'alternatives disponibles autour des extensions relativistes de MOND. Et à date, je penche pour la 2ème solution. La 1ère est plus solide théoriquement, mais elle est bien incapable d'expliquer les prédicitions jamais clairement démenties de MOND. Si MOND n'était pas vrai, on DEVRAIT avoir des contre-exemples évidents. Faute de contre-exemples, je pense qu'il y a du vrai dessous, et que la Matière Noire n'existe pas ...
Mais à tout le moins, il semble important de parler au conditionnel ; -). Et l'avenir nous dira, je l'espère, quelle est la réalité !