Evidence d'un mécanisme quantique au cours de la photosynthèse chez les algues

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Une équipe de chimistes de l'Université de Toronto vient d'apporter une contribution majeure au domaine émergent de la biologie quantique en observant des phénomènes quantiques dans le processus de photosynthèse d'algues marines. Les expériences ont démontré que lors de leur fonctionnement normal, les systèmes biologiques ont la capacité d'utiliser la mécanique quantique afin d'optimiser la photosynthèse, processus essentiel à leur survie.

Des protéines spécifiques, appelées complexes collecteurs de lumière (CCL), sont utilisées dans la photosynthèse pour capturer la lumière solaire et l'acheminer sous forme d'énergie aux "cellules solaires" de la plante, qui sont d'autres protéines connues en tant que centres de réaction.

Les chercheurs ont isolé les CCL de deux espèces d'algues marines différentes et étudié leurs fonctionnements dans des conditions normales de température grâce à un laser femtoseconde (expérience connue sous le nom de spectroscopie électronique à 2 dimensions).

Dans ces expériences, les protéines CCL ont été stimulées par des impulsions laser afin de simuler l'absorption de la lumière du soleil. Les processus en résultant, y compris les transferts d'énergie entre molécules particulières liées à la protéine, ont été suivis et chronométrés. Les experts ont alors été étonnés de trouver des preuves manifestes de l'existence d'états quantiques ayant une durée de vie étendue impliqués dans le transfert de l'énergie. Les résultats suggèrent que l'énergie de la lumière absorbée réside dans deux endroits à la fois, c'est-à-dire un état de superposition quantique, phénomène fondamental de la théorie de la mécanique quantique.

Cette découverte n'est pas sans conséquences. En premier lieu, cela signifie que les lois de probabilité de la mécanique quantique peuvent prévaloir sur les lois classiques de la cinétique dans ce système biologique complexe, même à température ambiante. L'énergie peut ainsi circuler de manière efficace en empruntant simultanément plusieurs chemins à travers les protéines "antennes". Elle soulève également d'autres questions fascinantes, telle que : est-ce que ces organismes ont développé des stratégies de récolte de la lumière grâce à la mécanique quantique pour obtenir un avantage évolutif ?

Ces travaux sont parus dans le numéro du 4 février 2010 de la revue Nature sous le titre de "Coherently wired light-harvesting in photosynthetic marine algae at ambient temperature".

ZB
zb1000

Il serait passionant de savoir si les humains aussi ont ce genre de mécanismes quantiques. Imaginez que ce soit le cas et que nous finissions par pouvoir les controler....

RE
Reumain.

Ça deviendrait très gênant de pouvoir contrôler les mécanismes quantiques comparables à ceux des CCL chez les humains, s'il y en a. Le Comité d'éthique risquerait de fustiger.

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Maulus

C'est sur que sa en jette !
Du Darwinisme quantique :D

SO
sobriquet

Ça veut dire quoi "évidence" ? Ce ne serait pas une mauvaise traduction du mot anglais "evidence" qui signifie "preuve" dans ce contexte ?

Utiliser ce mot dans un document d'orientation scientifique est un contresens. Et ça arrive pourtant beaucoup trop souvent. S'il c'était une évidence, on n'aurait pas financé des millions pour la trouver, et on n'aurait pas publié un article dans Nature.

On a établi une preuve, et même celle-ci n'est pas évidente. Une future étude la contredira peut-être, ou un biais méthodologique sera peut-être identifié.

Dans la pratique scientifique, on n'utilise pas le mot évidence, car la science a justement pour objet d'éprouver les évidences.

Pour un public non averti, l'emploi de ce mot donne de la science une image faussée qui est dramatique, car elle donne l'illusion que la science se base sur le "sens commun", et non sur des méthodes rigoureuses.

Pour une vulgarisation scientifique de qualité, bannissons ce mot !

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franckpiton

zb1000
Il serait passionant de savoir si les humains aussi ont ce genre de mécanismes quantiques. Imaginez que ce soit le cas et que nous finissions par pouvoir les controler....

Dans "les ombres de l'esprit", Roger Penrose parle de ce genre de chose, d'activité quantique dans le fonctionnement du cerveau. Je peut pas vous en dire beaucoup plus, j'aurais peur de dire des conn...

VI
Victor

le mot quantique a déjà été mis à toutes les sauces... Qu'un phénomène faisant intervenir la lumière ait un comportement quantique ça n'a rien d'étonnant... ça rapproche plutôt la biologie de la cristallographie

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bongo1981

Reumain.
Ça deviendrait très gênant de pouvoir contrôler les mécanismes quantiques comparables à ceux des CCL chez les humains, s'il y en a. Le Comité d'éthique risquerait de fustiger.

Je ne comprends pas cette phrase...
L'article parle de phénomène quantique qu'utilise la biologie.
Ca veut dire quoi contrôler des phénomènes quantiques ?

ZB
zb1000

Bah je pense que ça veut dire tout et rien.

je ne comprends que très imparfaitement les "trucs quantiques" mais si j'ai bien suivi : si il était possible de choisir certains états quantiques par rapport à d'autres, on pourrait alors décider si le chat est mort ou vivant :). Cela permettrait de choisir les probabilités qui nous plaisent et de les rendre "réelles"

BA
Bap2703

zb1000
si il était possible de choisir certains états quantiques par rapport à d'autres, on pourrait alors décider si le chat est mort ou vivant :). Cela permettrait de choisir les probabilités qui nous plaisent et de les rendre "réelles"

Le raisonnement est bon mais l'hypothèse est fausse.

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bongo1981

ouais mais non la nature prend en compte les effets quantiques (et d'ailleurs c'est ce qui leur donne un avantage sélectif).

Le point surprenant est le nivau d'échelle (non pas microscopique, mais quantique).

Pour ce qui est le contrôle, je pense que c'est de la science fiction. La nature prend en compte la gravité (la densité osseuse etc... afin que les animaux puissent se déplacer) mais elle ne la contrôle pas. Tout comme la mécanique quantique. Je dirai qu'il faut voir cela comme une contrainte naturelle, et la nature s'adapte en fonction.

L'on ne contrôle pas les probabilités, le chat est 50% mort 50% vivant, on ne peut pas prévoir le résultat.

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Maulus

Le point intéressant c'est que la propriété de photosynthèse des plantes aurait pu mettre en place une sélection génétique sur une qualité quantique d'efficacité de la photosynthèse.
En somme, faire de la sélection naturelle sur la qualité d'un système quantique.

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franckpiton

Que la nature utilise des truc que l'on ne maîtrise pas n'a rien d'étonnant, le poisson-chat électrique existaient avant Mr William Gilbert.

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Maulus

Sa prouverait une fois de plus que nous n'inventons rien que la nature n'ai déjà dans son palmarès :)

KA
karlzz

Après Penrose en 89, il y a eu le biologiste évolutionniste, spécialiste de la complexité, Stuart Kaufmann en 2010 (reinvented the sacred) qui parle de cerveau quantique, avec prudence, mais pistes très intéressantes pour résoudre des vieux pbs de philosophie de la conscience.
A mettre en regard avec un autre spécialiste de la complexité, Stephen Wolfram, qui lui prétend que le phénomène quantique n'est pas spécifique, ne dépend pas des éléments physiques qui le supportent, comme tout calcul (computation) d'ailleurs. Donc il n'y aurait pas à s'étonner du problème d'échelle. Les phénomènes quantiques ne seraient pas réservé à ce qu'on appelle "quantique", et seraient beaucoup plus courants, et les étranges comportements des systèmes complexes (imprévisibilité et apparition de structures localisées) seraient de la même famille de phénomènes que les phénomènes quantiques, présents dans les atomes, les plantes, les cerveaux et les systèmes sociaux. S'agit juste d'abord de trouver un autre nom plus large que le mot quantique.