Exactement 149 597 870 700 mètres...

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Lors de son assemblée générale tenue à Pékin, du 20 au 31 août 2012, l'Union astronomique internationale (UAI) a adopté une nouvelle définition de l'unité astronomique, unité de longueur utilisée par les astronomes du monde entier pour exprimer les dimensions du Système solaire et de l'Univers. La décision résulte en particulier de discussions menées en 2010 et 2011 dans le cadre des Journées "Systèmes de référence spatio-temporels", une rencontre scientifique internationale organisée à l'initiative d'astronomes du département Systèmes de référence Temps-Espace - SYRTE (1) à l'Observatoire de Paris.

La résolution redéfinissant l'unité astronomique a été proposée à l'UAI par le Groupe de travail de l'UAI "Numerical Standards for Fundamental Astronomy" ("Valeurs numériques pour les constantes de l'astronomie fondamentale") dans lequel des chercheurs de l'Observatoire de Paris ont joué un rôle majeur.

L'unité astronomique - abrégée par au - est approximativement égale à la distance Terre-Soleil. Elle est bien connue des chercheurs professionnels, des amateurs et même du grand public pour exprimer les distances astronomiques, en particulier dans le Système solaire. La définition qui était en vigueur jusqu'à présent reposait sur une expression mathématique impliquant la masse du Soleil (MS), la durée du jour (D) et une constante k (dite de Gauss) dont la valeur numérique était fixée conventionnellement. Fondée sur un concept newtonien, son but original était de permettre de donner des valeurs exactes de distances relatives dans le Système solaire à une époque où il n'était pas possible d'estimer des distances en mètres avec une grande précision. Or, l'exactitude des mesures modernes de distances au sein du Système solaire a rendu inutile l'utilisation de cette démarche.

Par ailleurs, jusqu'ici, sa valeur en mètres était déterminée expérimentalement de sorte qu'elle dépendait des modèles et des observations utilisées, ainsi que du système de référence choisi. Cette valeur était utilisée pour déduire celle en unités SI (Système international d'unités) du paramètre de masse solaire (2), qui n'était ainsi déterminée que de façon indirecte. Or, l'astronomie dynamique contemporaine exige de se placer dans le cadre de la relativité générale et d'utiliser un ensemble cohérent d'unités et de constantes.

La définition de l'unité astronomique nécessitait donc une révision. C'est chose faite avec la Résolution UAI 2012 B2 qui a été adoptée officiellement le 30 août 2012. L'unité astronomique est désormais définie comme égale à 149 597 870 700 mètres exactement, valeur conventionnelle choisie pour être compatible avec celle du système de constantes astronomiques en vigueur depuis 2009.

Avec cette définition, le paramètre de masse solaire devient une grandeur à déterminer expérimentalement, ce qui donne un accès direct à la mesure de ses variations liées aux variations de masse de notre étoile. L'unité astronomique étant d'usage courant en astronomie, cette résolution concerne l'ensemble des sciences de l'Univers. Toutefois, ce changement concerne principalement le domaine de la dynamique de haute précision du Système solaire. En effet, bien que l'unité astronomique définisse le parsec (3), autre unité utilisée par les astronomes pour exprimer les distances dans l'Univers, la différence relative entre les deux définitions (ancienne et nouvelle) ne dépasse pas 10^-10. Autrement dit: un dix-milliardième ou 0,000 000 01%. Le choix de la valeur numérique de l'unité astronomique a été effectué par les spécialistes afin de garantir la continuité des références. Bien que cette nouvelle définition n'aura pas d'effet significatif, compte tenu des erreurs relatives des distances cosmiques en dehors du Système solaire, les astronomes du monde entier disposent maintenant d'une unité parfaitement définie, cohérente avec la relativité générale et directement rattachée au Système international d'unités (SI) via le mètre.

Pour en savoir plus:

Le texte de la résolution est disponible en français
Le site de l'IAU
Le site du groupe de travail de l'IAU "Valeurs numériques pour les constantes de l'astronomie fondamentale"
Le site des Journées "Systèmes de référence spatio-temporels"

Notes:

(1) Le SYRTE est un département de l’Observatoire de Paris et une unité mixte de recherche (UMR 8630) de l’Observatoire de Paris, du CNRS et de l’Université Pierre et Marie Curie - UPMC.

(2) La valeur numérique du paramètre de masse solaire (produit de la masse du Soleil MS par la constante G de la gravitation) se déduisait de la valeur de l’unité astronomique en mètres, A, par la formule GMS = A3k2/D2.

(3) Le parsec est défini comme étant la distance à laquelle une unité astronomique sous-tend un angle d’une
seconde de degré (environ 206 265 au).

PA
passant

Michel
les astronomes du monde entier disposent maintenant d'une unité parfaitement définie, cohérente avec la relativité générale et directement rattachée au Système international d'unités (SI) via le mètre.

Alors que vont dire les astronomes Anglais face à la notoriété du mètre sur le pouce ?

avatar
Vanos

Bien UA est maintenant défini, mais où est déposé l'étalon ? Cette mesure est difficilement reproductible.

avatar
franckpiton

Il dépend du mètre

VI
Victor

et le mètre de la seconde et de la vitesse de la lumière en m/s

avatar
cisou9

:_salut:
Tous les scientifiques même les anglais utilisent comme unité de longueur le mètre.

C'est d’ailleurs ce qui à provoqué le crash d'une sonde sur Mars.
Les scientifiques avaient indiqué l'altitude ou il fallait démarrer les rétrofusées pour l’atterrissage en mètres.

à cap Canaveral les opérateurs sont d'anciens aviateurs qui on démarré les réacteurs à la même valeur mais en pieds, évidemment la sonde s'est écrasée. :clapclap:

avatar
POB

Je me demande si les Américains, Anglais et autres vont convertir cette nouvelle définition de l'UA en pieds / pouces / rognures d'ongles, et réciproquement.
Quelque chose me dit aussi qu'ils seraient bien capables d'utiliser le mille nautique, puisqu'il s'agit de navigation dans l'Espace.
Rien n'est jamais acquis avec ces gugusses, depuis 3 siècles habitués à dominer le monde, le mettre en sujétion sinon en esclavage, et partant incapables de supporter que d'autres, plus logiques et plus modernes (par exemple les Français) leur mettent le nez dans leur caca en mettant en évidence leurs archaïsmes.
Quand les Anglais rouleront du bon côté de la route et donneront à leurs places et à leurs gares des noms de victoires et non de défaites (Trafalgar, Waterloo etc), le monde aura fait un grand pas vers la cohérence.

Salut et fraternité*

VI
Victor

Bof on va échanger Waterloo station contre la gare d’Austerlitz
et l'avenue de Wagram contre Trafalgar square

HU
hubble

il me semble plus parlant de travailler avec des AL (année-lumière) = 9 460 895 288 762 850 m
ou HL (heure lumière) = 1 079 252 848 800 m , soit environ 1 milliard de km.

avatar
Vanos

hubble
il me semble plus parlant de travailler avec des AL (année-lumière) = 9 460 895 288 762 850 m
ou HL (heure lumière) = 1 079 252 848 800 m , soit environ 1 milliard de km.

Et même pourquoi pas de la minute seconde, la UA à valeur fixe n'existe pas dans la réalité.

VI
Victor

Le truc aussi c'est que les années lumières
sont des distances dans un espace à 4D
et se sont aussi bien des unités de temps que d'espace

PN
Pnume

Ils auraient pu arrondir à 150 000 000 km. Vu que c'est une mesure un peu arbitraire ca ne changerait pas grand chose et c'est plus facile à retenir.

avatar
Vanos

Pnume
Ils auraient pu arrondir à 150 000 000 km. Vu que c'est une mesure un peu arbitraire ca ne changerait pas grand chose et c'est plus facile à retenir.

Entièrement d'accord.

VI
Victor

C'est comme la vitesse de la lumière tout le monde connait les 300 000 km/s alors que dans les fait c'est vitesse de la lumière = 299 792, 458 km/s

avatar
Vanos

Victor
C'est comme la vitesse de la lumière tout le monde connait les 300 000 km/s alors que dans les fait c'est vitesse de la lumière = 299 792, 458 km/s

Non, ici la mesure précise est concrète et correspond à une réalité contrairement à l'UA.

VI
Victor

Justement la nouvelle valeur de l'UA doit être faites avec des mesures de distance lumière Soleil-Terre et elle doit être beaucoup plus précise

AD
Adrien

Je pense que Pnume voulait dire que la distance Terre-Soleil est arbitraire dans le sens où, et c'est certain, elle bougera dans le temps (avec le perte progressive de la masse du Soleil par ex la Terre s'éloignera petit à petit, mais c'est sur une échelle qui se compte en milliards d'années). Donc c'est une variable du temps...

VI
Victor

Bah c'est comme l'année solaire pour la mesure de temps on se basait sur l'année 1900 et on divisait par N nombre de secondes dans l'année pour obtenir la seconde..Maintenant les mesures sont si précises, qu'il faut les réajuster sur l'année solaire tous les 2 ans

avatar
Vanos

Adrien
Je pense que Pnume voulait dire que la distance Terre-Soleil est arbitraire dans le sens où, et c'est certain, elle bougera dans le temps (avec le perte progressive de la masse du Soleil par ex la Terre s'éloignera petit à petit, mais c'est sur une échelle qui se compte en milliards d'années). Donc c'est une variable du temps...

Les périodes glacières, toutes proches sur le plan géologique, sont la preuve que l'orbite de la Terre varie(en particulier l'excentricité) et donc donner à l'UA une valeur aussi compliquée est un non-sens, 150.000.000.000 mètres aurait très bien faire l'affaire ne serait-ce que simplifier les conversions en kilomètres.
Ce n'est la variation de masse du Soleil qui sont la cause de ces changements mais la position des autres planètes par rapport à la nôtre, Jupiter et Saturne se trouvant au premier rang de celles-ci.

AD
Adrien

Oui, je citais la masse du soleil comme une cause entre autres.