L'érosion de la biodiversité pourrait engendrer une "dette évolutive"

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Depuis plusieurs décennies, les activités humaines sont à l'origine d'extinctions massives d'espèces dans le monde entier qui soulèvent la question de l'impact de la perte de la biodiversité pour le fonctionnement des écosystèmes. Dans une étude publiée en juin dernier dans Science Advances, des scientifiques de l'Université de Göttingen, du Centre allemand de recherche intégrative en biodiversité et du laboratoire d'étude de la Biodiversité marine de Montpellier (MARBEC, CNRS / Université de Montpellier / IRD / IFREMER) apportent un nouvel éclairage à ce sujet. Les chercheurs ont assemblé en laboratoire des communautés bactériennes de diversités différentes et ont montré que, paradoxalement, une forte diversité pouvait entraîner une plus forte diversification évolutive. En suggérant qu'une diminution de la diversité risque aussi de limiter l'apparition de nouvelles espèces, ces résultats laissent entendre que la crise actuelle de la biodiversité aura des effets beaucoup plus durables que ceux déjà envisagés.

Par la destruction des habitats naturels ou l'uniformisation des territoires qu'elles engendrent, les activités humaines sont directement responsables de la chute à grande échelle de la biodiversité. Les conséquences de cette disparition d'espèces sans précédent, que certains scientifiques n'hésitent pas à qualifier de sixième extinction, sont toutefois encore largement méconnues. Une étude initiée par une équipe franco-allemande dans le but de déterminer les conditions de diversification adaptative de la bactérie Pseudomonas fluorescens F113 fournit à ce propos de nouvelles pistes de réflexion.

Dans un premier temps, les chercheurs ont constitué, en laboratoire, des groupes de microorganismes de diversité plus ou moins importante en utilisant différentes lignées de Pseudomonas fluorescens. En outre, deux types de ressources étaient mises à disposition de chaque communauté : une ressource principale très attractive et un ensemble de ressources satellites qui l'étaient beaucoup moins. Les scientifiques ont ensuite étudié la diversification de la bactérie Pseudomonas fluorescens F113 dans ces différents groupes de bactéries. « A raison de nombreuses générations par jour, les microorganismes permettent d'observer l'évolution en direct, ce qui serait impossible dans des communautés de macroorganismes constituées par exemple de mammifères, d'oiseaux ou de reptiles », précise Nicolas Mouquet, chercheur CNRS à Montpellier et cosignataire de l'étude.

Au sein des groupes les plus riches en lignées bactériennes, l'équipe a pu constater que la forte compétition qui y règne amène peu à peu les bactéries à utiliser les ressources satellites. Au fil des générations, ces microorganismes finissent ainsi par évoluer vers de nouvelles stratégies axées sur l'exploitation préférentielle des ressources les moins attractives. Cette réorientation semble par ailleurs d'autant plus forte que la communauté compte de lignées bactériennes différentes. De manière assez paradoxale, les bactéries confrontées à davantage de compétition s'adaptent donc en se diversifiant encore plus. Pour les scientifiques, ces résultats suggèrent que l'extinction actuelle des espèces risque non seulement de réduire le fonctionnement des écosystèmes mais aussi de limiter, à l'avenir, l'émergence de nouvelles espèces. « En homogénéisant toujours plus les écosystèmes, comme nous sommes actuellement en train de le faire, nous provoquons déjà la disparition de nombreuses espèces mais nous hypothéquons également les capacités de diversifications futures du vivant », souligne Nicolas Mouquet.

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cisou9

_____________ :_salut:

« En homogénéisant toujours plus les écosystèmes, comme nous sommes actuellement en train de le faire, nous provoquons déjà la disparition de nombreuses espèces mais nous hypothéquons également les capacités de diversifications futures du vivant »

C'est une évidence; pas besoin d'être scientifique pour le comprendre mais du simple bon sens !! ___ :jap: ___

PE
Pendesinialessandro

Bonjour
….. De manière assez paradoxale, les bactéries confrontées à davantage de compétition s'adaptent donc en se diversifiant encore plus. ….Dit justement l’article

De 1000 à 1500 tonnes d’antibiotiques sont administrées chaque année aux animaux d’élevage à titre préventif pour toutes sortes de maladies ainsi que pour favoriser la prise de poids, SIC ! Ces antibiotiques se retrouvent inévitablement dans notre viande (environ 68 mg par kg) puis dans notre organisme, favorisant ainsi l’apparition de nouvelles bactéries résistantes !
NB : La prise trop fréquente d’antibiotiques accélère considérablement le processus de résistance. Les bactéries résistantes ont toute latitude pour se multiplier, peuvent être transmises à des personnes qui n’ont pas pris d’antibiotiques et provoquer de nouvelles infections. Celles-ci peuvent être très diverses. Tout dépend du type de bactérie et l’état du patient.
Dans les hopitaux, un patient risque dès lors de contracter une infection bactérienne sans rapport avec l’affection pour laquelle il a été admis. Un exemple bien connu est le staphylocoque doré SARM, une bactérie resistante à un grand nombre d’antibiotiques. La plupart du temps, il ne provoque que les infections de la peau et des plaies, mais peut aussi avoir des conséquences plus graves au niveau des poumons, des vaisseaux sanguins…. :pfff:

A noter que la Belgique est le cinquième plus gros consommateur d’antibiotiques hors milieu hospitalier en Europe ; seul Chypre, la Roumanie, la France et la Grèce la devancent. Régulièrement les médecins (heureusement pas tous !) prescrivent d’emblée un antibiotique à large spectre, qui attaque les bactéries pathogènes mais, hélas, aussi les bactéries inoffensives propres à notre organisme. L’équilibre bactérien est rompu et les « mauvaises » bactéries résistantes prennent le dessus, les conséquences sont loin d’être anodines, voire létales ! :grrr: