La lutte contre le tabagisme peut marginaliser les jeunes fumeurs

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Les facteurs du tabagisme ne sont pas les mêmes selon les conditions sociales.

La lutte contre le tabagisme ne progresse plus au Canada, apprenait-on la semaine dernière à la suite de la publication, par Santé Canada, de l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac 2011. Au Québec, si la consommation de tabac a diminué de 30 à 20 % entre 1999 et 2006 au sein de la population âgée de 15 ans et plus, le taux est depuis demeuré presque identique, à 19,8 %, ce qui veut dire que, pour chaque personne qui cesse de fumer, une autre commence.

Ces chiffres n'étonnent pas Katherine Frohlich, professeure au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal et chercheuse à l'Institut de recherche en santé publique de l'UdeM. «Chez les Québécois âgés de 15 à 19 ans, le taux de fumeurs est de 17 %, ce qui est l'un des plus élevés au Canada», affirme-t-elle.

Katherine Frohlich s'intéresse aux aspects sociaux du tabagisme et dirige un vaste projet de recherche visant à mieux comprendre pourquoi les jeunes socialement défavorisés fument plus que les mieux nantis. Un volet de cette étude, portant sur l'attitude des praticiens à l'égard des jeunes fumeurs, vient d'être publié dans la revue Sociology of Health & Illness.

Double stigmatisation

«Les programmes d'intervention auprès des jeunes fumeurs tendent à cibler l'ensemble de la population sans distinction de conditions sociales ou économiques. Il y a un fossé entre la vision des intervenants dans ce domaine et la réalité des jeunes fumeurs», déplore la professeure.

Mme Frohlich a voulu comprendre comment ces décideurs et ces praticiens voient les choses afin de mieux guider leur action. Douze de ces intervenants ont été rencontrés à Montréal et 13 à Vancouver, là où la proportion de fumeurs est l'une des plus faibles au pays, pour répondre aux questions de la chercheuse.

Un résultat inattendu de ces entrevues montre que les praticiens, où qu'ils soient au pays, associent souvent les jeunes fumeurs à des gens de milieux socioéconomiques défavorisés, incapables de réfréner leurs envies et irresponsables quant à leurs décisions. Ils occultent ainsi le fait qu'il y a aussi des fumeurs dans les milieux riches et que les facteurs du tabagisme ne sont pas les mêmes selon les conditions sociales.

«Il est dangereux d'associer un comportement à une classe sociale, dit la professeure. Le danger est de créer une double stigmatisation: être pauvre et être fumeur parce qu'on manque d'autocontrôle. Le fumeur n'est plus perçu uniquement comme quelqu'un qui consomme des cigarettes, mais comme une personne biologiquement déterminée à être fumeuse et socialement conditionnée par son milieu.»

On associe même le jeune fumeur à diverses autres conduites problématiques comme la promiscuité sexuelle, le décrochage scolaire et la délinquance.

Les programmes d'aide misant sur le développement de l'estime de soi et les dangers du tabagisme pour la santé étant sans grand succès auprès de ces jeunes, l'échec est interprété comme un manque de rationalité et de volonté de la part du jeune. «Ce discours moralisateur est très présent et les jeunes finissent par se l'approprier», a observé la chercheuse.

Des facteurs différents

Selon la professeure Frohlich, les raisons qui font qu'un jeune de milieu défavorisé commence à fumer ne sont pas les mêmes que pour un jeune de milieu aisé. «À Montréal comme à Vancouver, les jeunes défavorisés se mettent à fumer parce que l'habitude est déjà très présente dans leur milieu et parce que c'est une façon pour eux de gérer le stress social, le stress économique et parfois la violence de l'environnement social ou familial. Le jeune de milieu plus favorisé va davantage le faire parce que c'est cool, pour être accepté par ses amis ou pour défier ses parents.»

Les causes du tabagisme n'étant pas identiques selon les milieux, il est normal que les interventions destinées à toute la population n'aient pas de succès auprès de groupes aux prises avec des problèmes particuliers. «Fumer n'est pas seulement lié à des problèmes psychologiques et les ateliers sur l'estime de soi n'ont qu'un faible effet sur cette habitude», déclare Katherine Frohlich.

La chercheuse ne doute pas que les praticiens recherchent le bien-être des jeunes, mais veut mettre en évidence le fait qu'un discours mal fondé peut avoir des effets contreproductifs et marginaliser davantage ceux qu'on souhaite aider.

Katherine Frohlich est même d'avis que les interventions visant directement à contrer le tabagisme chez les jeunes défavorisés sont grandement inefficaces. Il vaudrait mieux, selon elle, améliorer les conditions de vie et lutter contre les inégalités sociales. L'offre d'activités parascolaires ou sociales valorisantes susceptibles de développer une identité forte chez le jeune autrement que par la consommation de cigarettes et la création d'environnements de vie agréables et sécuritaires lui paraissent plus appropriées et plus prometteuses à plus long terme.

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cisou9

:_salut:
C'est certainement vrai, mais la nouvelle ne donne pas de recettes pour que les jeunes en sortent, et que c'est plus une question de place dans la société. :_grat2:

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Eretol

Le fumeur n'est plus perçu uniquement comme quelqu'un qui consomme des cigarettes, mais comme une personne biologiquement déterminée à être fumeuse et socialement conditionnée par son milieu.

Ce qui peut être vrai pour d'autres drogues. Je souhaite qu'elle s'en aperçoive.

Katherine Frohlich est même d'avis que les interventions visant directement à contrer le tabagisme chez les jeunes défavorisés sont grandement inefficaces. Il vaudrait mieux, selon elle, améliorer les conditions de vie et lutter contre les inégalités sociales.

Oui, je suis du même avis mais comment faire ? Cela sera très compliqué voir proche de l'impossible.
Surtout qu'ils augmentent le prix des paquets de cigarettes, ce qui appauvrie les fumeurs qui fumeront de toute manière parce que c'est une décision personnel que d’arrêter de fumer. Donc leurs démarche ne fait que perpétuer se caractère à fumer.
Et puis avec des prix élevés, tous ceux qui ont de l'argent pourront fumer et ceux qui en ont beaucoup moins ne fumerons pas, ce qui crée des inégalités sociales.
Donc nos dirigeants ne veulent pas vraiment que les personnes s'arrêtent de fumer mais plutôt se faire encore de l'argent sur notre dos. On voit bien que ça ne marche pas. Si ils voulaient vraiment que personnes ne fument, ils devraient l'interdire. C'est le moyen le plus simple et efficace. Mais avec les droits de chacun de se tuer à petit feu, cela ne serait pas possible.
De plus, une augmentation du prix des paquets de cigarettes pousse à la croissance des réseaux de contrebande et peut inciter certaines personnes de pouvoir à se faire un petit billet.

Au final au lieu de chercher à se faire de l'argent en faisant semblant d'apporter des solutions, ils devraient le déduire des impôts de chacun pour le redistribuer équitablement. Ce qui contribuerai efficacement à "améliorer les conditions de vie et à lutter contre les inégalités sociales".

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Eretol

Ne pouvant pas éditer mon précédant message, je le fais ci-dessous avec des corrections.

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Eretol

Adrien
Le fumeur n'est plus perçu uniquement comme quelqu'un qui consomme des cigarettes, mais comme une personne biologiquement déterminée à être fumeuse et socialement conditionnée par son milieu.

Ce qui peut être vrai pour d'autres drogues. Je souhaite qu'elle s'en aperçoive.

Adrien
Katherine Frohlich est même d'avis que les interventions visant directement à contrer le tabagisme chez les jeunes défavorisés sont grandement inefficaces. Il vaudrait mieux, selon elle, améliorer les conditions de vie et lutter contre les inégalités sociales.

Oui, je suis du même avis mais comment faire ? Cela sera très compliqué voir proche de l'impossible.
Surtout qu'ils augmentent le prix des paquets de cigarettes, ce qui appauvrie les fumeurs qui fumeront de toute manière parce que c'est une décision personnelle que d’arrêter de fumer. Donc leur démarche ne fait que perpétuer ce caractère à fumer.
Et puis avec des prix élevés, tous ceux qui ont de l'argent pourront fumer et ceux qui en ont beaucoup moins ne fumeront pas, ce qui crée des inégalités sociales.
Donc nos dirigeants ne veulent pas vraiment que les consommateurs s'arrêtent de fumer mais plutôt se faire encore de l'argent sur notre dos. On voit bien que ça ne marche pas. S’ils voulaient vraiment que personne ne fume, ils devraient l'interdire. C'est le moyen le plus simple et efficace. Mais avec les droits de chacun de se tuer à petit feu, cela ne serait pas possible.
De plus, une augmentation du prix des paquets de cigarettes pousse à la croissance des réseaux de contrebande, et peut inciter certaines personnes de pouvoir, à se faire un petit billet.

Au final, au lieu de chercher à se faire de l'argent en faisant semblant d'apporter des solutions, ils devraient le déduire des impôts de chacun pour le redistribuer équitablement. Ce qui contribuerait efficacement à "améliorer les conditions de vie et à lutter contre les inégalités sociales".

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Matth1685

Je pense que le problème avec les drogues ce n'est pas vraiment leur consommation mais plutôt leur consommation excessive.
Des campagnes pour encourager à réduire la consommation serait peut-être plus efficaces au lieu du tout ou rien actuel ?

Le jour où un paquet de cigarettes suffira à plusieurs mois de consommation j'ai dans l'idée que le tabagisme sera nettement moins un problème.

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macland

Eretol
.... S’ils voulaient vraiment que personne ne fume, ils devraient l'interdire. ...

...Rappelle toi la période de la prohibition, aux States, interdire, c'est aussi ouvrir une porte aux marchés parallèles et toutes les dérives qui en découlent... :(

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Eretol

Oui mais ne permettre qu'aux "riches" de fumer, n’empêchera pas les "pauvres" d’alimenter des marchés parallèles. Le fait d'augmenter le prix des paquets de cigarettes peut être perçus comme pire qu'une interdiction aux yeux des "pauvres" : l'inégalité.

@Matth1685 : Oui, bonne remarque. Je pense aussi que ça serait plus efficace si au lieu d'interdire, nous les accompagnons à réduire leur consommation. L’excès est un cas extrême qu'il faut toujours mieux éviter.
Mais dans un monde déséquilibré où nous agissons beaucoup avec excès (et peu de sagesse), comment demander aux citoyens d'arrêter de se réfugier dans des drogues qui, pour eux, sont le moyen de rester en vie sans perdre la tête ou les nerfs.
Je pense qu'il vaut mieux commencer par soigner le mental des gens, changer la culture, améliorer les rapports sociaux et réduire les inégalités. Ensuite, sans grand mal, les citoyens arrêterons de fumer par eux-mêmes : il faut prendre le problème à la base, c'est à dire, "pourquoi les gens fument ?" au lieu de, "comment les empêcher de fumer ?".