La perte de biodiversité menace l'humanité

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Quel est l'impact sur l'humanité de la perte accélérée de biodiversité constatée sur l'ensemble de la planète ? Pour répondre à cette question, un groupe de 17 chercheurs en écologie, parmi lesquels Michel Loreau, de la Station d'écologie expérimentale du CNRS à Moulis, a dressé le bilan de deux décennies de recherche scientifique au niveau mondial. Leur but : établir une série de points qui fait consensus pour l'ensemble de la communauté scientifique et signaler les aspects sur lesquels il y a un déficit de recherche.

Les chercheurs analysent l'impact de la perte de biodiversité sur le fonctionnement et la stabilité des écosystèmes, et réalisent une analyse nouvelle de l'effet de cette perte sur les services écologiques dont l'humanité tire profit. Cet article unique en son genre a été publié le 7 juin 2012 dans Nature, deux semaines avant le début de la conférence internationale Rio +20. Il devrait aider les décideurs à mettre en place des politiques appropriées pour freiner l'alarmante perte de biodiversité.

Un peu à la manière des rapports sur le changement climatique réalisés par le GIEC (1), le consortium de chercheurs souhaite dégager dans l'article de Nature un consensus scientifique à partir de l'analyse de quelques 2000 papiers publiés ces 20 dernières années. À l'heure où les activités humaines détruisent des écosystèmes entiers, les chercheurs dégagent six points qui font l'unanimité dans la communauté scientifique. Une de ces affirmations importantes est que la perte de biodiversité affecte négativement le fonctionnement et la stabilité des écosystèmes. Cette perte réduit notablement l'efficacité avec laquelle les écosystèmes captent des ressources essentielles, produisent de la biomasse, décomposent et recyclent des ressources biologiques.

Les chercheurs présentent par ailleurs une série de résultats émergents, qui, s'ils doivent encore être confirmés par la recherche, pourraient changer notre façon d'appréhender la biodiversité. Par exemple, les effets de la disparition d'espèces et de gènes sont plus importants lorsque l'échelle temporelle ou spatiale considérée est plus grande. Ainsi, si un nombre limité d'espèces peut constituer un petit écosystème en apparence stable sur une courte période de temps, des écosystèmes plus vastes, pris dans des conditions variant au fil du temps, ont besoin d'un plus grand nombre d'espèces pour maintenir leur fonctionnement. Autre point mis en avant par les chercheurs : les données récentes tendent à montrer que l'impact de la perte de biodiversité dans le monde est comparable à celui d'autres changements globaux comme le réchauffement climatique ou l'excès d'azote déversé par l'agriculture.

L'article offre aussi une analyse nouvelle de l'impact de la perte de biodiversité sur de nombreux services écologiques dont dépend le bien-être des sociétés. Ainsi, un consensus se dégage sur le fait que la diversité en espèces et la diversité génétique au sein de celles-ci permettent d'augmenter la productivité des cultures, des pêcheries et des plantations d'arbres. En revanche, l'importance de la biodiversité semble moins claire pour d'autres services comme la pollinisation par les insectes ou la purification de l'eau dans les zones humides. Ceci constitue une invitation à approfondir les recherches sur ces aspects.

L'un des buts poursuivi par les chercheurs est d'alimenter les discussions lors de la conférence internationale Rio +20, qui se tiendra en juin 2012. Ce travail servira aussi de base de travail à l'IPBES (Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), l'équivalent du GIEC pour la biodiversité qui doit être mis en place cette année. De plus, en mettant en évidence les lacunes scientifiques, il pourrait servir à mettre en place des programmes de recherche visant à les combler. Enfin, il devrait aider les décideurs à mettre en place des politiques appropriées pour freiner la dramatique perte de biodiversité.

Note:

(1) GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, lauréat du prix Nobel de la paix en 2007, dont font partie plusieurs chercheurs du CNRS.

Référence:

Biodiversity loss and its impact on humanity
Bradley J. Cardinale, J.Emmett Duffy, Andrew Gonzalez, David U. Hooper, Charles Perrings, Patrick Venail, Anita Narwani, Georgina M. Mace, David Tilman, David A.Wardle, Ann P. Kinzig, Gretchen C. Daily, Michel Loreau, James B. Grace, Anne Larigauderie, Diane Srivastava & Shahid Naeem
Nature, 7 juin 2012

AL
alessandro pendesini

J’estime que le problème N°1 de l’humanité est étroitement lié au contexte démographique de notre espèce ! Serais-je le seul à le croire ?
La perte de la biodiversité n’est qu’une des conséquences (effet et pas la cause) d’une démographie galopante ! Nous sommes à l’heure actuelle -7 milliards d’humains- BEAUCOUP TROP NOMBREUX ; et ce nombre ne fait qu’augmenter avec une progression inquiétante pour des Etats déjà économiquement et intellectuellement sinistrés. Certes, à cela vient s’ajouter le comportement irrationnel humain occidental avec l’énorme gaspillage de nourriture et surtout d’énergie non renouvelable, pour ne citer que ceux-là…
Il est vrais que les occidentaux -et chinois- ont bien compris que « faire des enfants » (au-delà de deux par famille) dans un contexte économique défavorable n’est pas « une preuve d’amour » ; mais qu’en est-il des autres ? Que fait-on pour décourager des irresponsables qui « produisent » des enfants à la pelle sans se soucier de leur (triste) avenir ? Et que dire quand les religions monothéistes prônent et soutiennent cela puisque « c’est leur dieu qui le veut » ? N’est ce pas Monsieur BXVI and C°? C’est ici que le bât blesse, qu’on se le dise.....

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Dataking

^Et oui,malheureusement je pense comme vous,le problème est bien que l'on devient de plus en plus nombreux...
et faut pas se leurrer,un jour on régulera les naissances,j'en suis persuadé ,dans longtemps(ou pas) Que faire? :??:
Bref,tant que cela ne se transforme pas en un monde totalitaire et de sélection à la "Servante écarlate".

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keyplus

bof on en parle beaucoup mais chaque jour il y a de nouveau comportement antibiodiversite
fauchage mecanique le long des chemins des routes
agrioculture productiviste exportatrice qui fauche prés 3 fois par ans detruisant fleur a bulbe insecte
pollution lumineuse
goudronnage des chemins en terre