La suie dans l'atmosphère : une substance plus polluante que prévue

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Alors que la communauté scientifique s'accorde depuis 20 ans sur le faible impact de la suie sur la composition atmosphérique gazeuse en zone urbaine, une équipe internationale pilotée par l'Institut de la catalyse et l'environnement de Lyon (CNRS / Université de Lyon 1) vient a contrario de mettre en évidence une réactivité très importante, amorcée par la lumière et soutenue dans le temps, de la suie dans l'atmosphère. Cette réactivité conduit à une augmentation des concentrations diurnes globales d'ozone et à une modification de leur répartition temporelle, ainsi qu'au déplacement sur de longues distances de cette pollution majeure à basse altitude. Ces résultats sont parus dans la revue PNAS.

Cliché de microscopie électronique de suie.

L'atmosphère n'est pas uniquement constituée de gaz, elle contient également de la matière condensée en suspension dans l'air sous forme liquide ou solide, les aérosols, qui peuvent être d'origine naturel ou anthropique. La suie notamment, cet important polluant urbain, est un aérosol solide. Formée d'un ensemble de composés chimiques, elle est issue de la combustion incomplète de combustibles fossiles (essence, gazole, fioul, kérosène) ou de biomasse (bois, végétaux).

Les aérosols ont un grand impact sur la visibilité, le climat, la santé publique et l'agriculture à l'échelle globale. Il en est ainsi notamment du Nuage Brun Asiatique (de l'anglais "Asian Brown Cloud"), cette immense masse d'aérosols carbonés, principalement de la suie, due aux émissions chinoises et indiennes et qui plane sur l'océan Indien avec des effets potentiels de grande envergure sur toute la population vivant sur le pourtour de cet océan (soit plus d'un milliard d'habitants).

Cependant, on pensait jusqu'à présent que la réactivité de la suie était rapidement inhibée par le caractère naturellement oxydant de l'atmosphère et donc que son impact sur la composition atmosphérique était faible. Or, les chercheurs d'une équipe internationale pilotée par l'Institut de la catalyse et l'environnement de Lyon viennent de montrer qu'il n'en est rien. Sous l'action directe de la lumière solaire, la réactivité des particules de suie change et surtout s'accroît de manière très marquée. À tel point que des réactions jusque-là jugées sans intérêt ont lieu de manière très efficace.

Ainsi, sous irradiation solaire, le dioxyde d'azote, un des polluants à l'origine de la production photochimique d'ozone, réagit avec la suie sur des temps très longs, produisant efficacement de l'acide nitreux (HNO2). Or, en zone urbaine, ce dernier est le précurseur principal du radical hydroxyle (OH), surnommé le détergent atmosphérique car il est à l'origine de la dégradation de presque tous les polluants primaires, mais qui, ce faisant, conduit néanmoins à la formation d'oxydes d'azote, précurseurs d'ozone. In fine, cette chaîne réactionnelle va donc augmenter la concentration globale diurne de l'ozone et en modifier la distribution au cours de la journée. En revanche, toute cette chimie est inhibée quelques dizaines de minutes après la tombée de la nuit.

L'impact de cette photochimie des suies ne s'arrête pas là. En effet, sous l'effet de la lumière, les oxydes d'azote de l'atmosphère vont également réagir avec les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des constituants de la suie, pour former des nitro-HAP, des composés connus pour être extrêmement toxiques pour la santé mais instables sous irradiation lumineuse et qui libèrent donc assez rapidement les oxydes d'azote qu'ils avaient emprisonnés à la surface de la suie. Cependant, là encore, ces réactions s'arrêtent à la tombée de la nuit. Les nitro-HAP encore présents à la surface de la suie, et véritables "pièges" à oxydes d'azote, vont donc subsister toute la nuit, durant laquelle ils pourront voyager sur de longue distance par le jeu des déplacements de masses d'air, avant de libérer sous l'effet de la lumière du jour les oxydes d'azote qui produiront alors de l'ozone dans des zones initialement non polluées.

AL
Aldaux

Excellente étude !
Les oxydes d'azote dans l'atmosphère sont produits presque exclusivement par les moteurs diesel (les Formule 1 et les avions en produisent aussi mais il y en a peu dans les rues de nos villes...)
Les suies en question, qui salissent mon lavabo au 4ème étage en banlieue parisienne, ne viennent pas de la combustion du bois et très peu du chauffage urbain au mazout vu que le phénomène est identique en été.
C'est là encore le diesel. :gun:

Ces suies noircissent aussi les bâtiments dans nos villes et au bord des routes, et bien entendu nos poumons.
Il faudra bien que nos "écologistes" finissent par comprendre que cette motorisation est une calamité et un non-sens pour les véhicules personnels.
Il n'y a pas de diesels à Montréal ni à Stockholm, c'est formidable comme on y respire bien, même quand il n'y a pas de vent.
A Francfort, les véhicules diesel sont interdits - sous peine de saisie du véhicule - sauf s'ils sont équipés de pots catalytiques récents et efficaces. Autant dire qu'en Allemagne cette motorisation n'a plus guère d'avenir.
Et en France, pays le plus dieselisé du monde ? On tousse, on suffoque, on s'intoxique et on développe des cancers.
Et on nous rebat les oreilles avec le sempiternel "principe de précaution"... Pauvre france !

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Khainyan

c'pas possible tu bosses dans l'industrie des moteurs essence?

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cisou9

:_salut: Je roule à l'essence, je n'ai eu qu'une voiture diesel d'ocase car la mienne était HS, un type avait oublié de s'arrêter alors que j'avais pilé car une personne âgée traversait la rue, je ne l'ai pas gardé longtemps.

RE
Reumain.

Non Khainyan, Aldaux a raison. Le diesel est une motorisation bien plus polluante du point de vue des particules toxiques que sa combustion émet. Par rapport à la motorisation à essence, le bilan est bien plus en faveur de l'essence.

Par exemple, les trois fois où je suis allé à Paris, je me suis ramassé un nez bouché, une gorge enflammée et des poumons ravagés. Et pourtant, je vais tous les jours en ville.

Il faudrait sérieusement penser à changer ce type de motorisation.

AL
Aldaux

Précisions :
Quand j'étais étudiant, j'allais à la fac en vélo, depuis ma banlieue. 40 à 50minutes par jour, en apnée pour doubler les bus et les camions, sinon l'air était dégueulasse mais respirable pendant un effort physique.
Faire du vélo dans Paris reste possible le dimanche, en semaine on suffoque à cause des oxydes d'azote et des suies rejetés par les diesels, et en plus c'est très dangereux.
Quand je monte un col en vélo, je suis régulièrement doublé par des voitures. C'est dur de pédaler en apnée à la montée quand on se fait asphyxier par un diesel, donc pied à terre.
Je reconnais que les motoristes ont fait des progrès, il n'y a plus souvent des panaches de fumée noire ou bleue derrière les camions. En Suisse, il y a beaucoup moins de paraffine dans le gasoil et c'est moins horrible quand on doit attendre derrière un camion.
Le diesel est une motorisation adaptée à des engins qui ont besoin de gros moteurs qui tournent lentement : bateaux, engins agricoles, camions. C'est débile sur les voitures de petite cylindrée et totalement imbécile sur les voiturettes sans permis.
La prolifération des diesels s'accompagne de la pollution qu'ils génèrent, et si les contrôles "anti-pollution" ne se limitaient pas au CO et CO2 AUCUN diesel ne passerait. En plus de ça, nos raffineries ne produisent pas assez de gasoil et il faut en importer.
Un autre aspect répugnant de la France, notre pauvre pays est décidément bien mal en point.