Le DNP: un produit minceur illégal qui réduit l’espérance de vie

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Le DNP, un produit minceur retiré de la vente à la fin des années 30 du fait de sa toxicité aigüe, connaît de plus en plus d’adeptes de nos jours grâce à sa vente illégale en ligne. Une nouvelle étude menée par le CNRS et l’Université de Strasbourg sur un modèle animal montre des effets délétères à long terme du DNP sur l’espérance de vie. Les résultats ont été publiés dans la revue Comparative Biochemistry and Physiology Part C.

Diamants mandarins utilisés pour étudier l’impact à long terme du DNP sur la santé et l’espérance de vie.
© Cédric Sueur

La perte de poids apparaît comme un saint graal de nos sociétés modernes. Le DNP (2,4-dinitrophénol) est une molécule permettant de brûler des calories en forçant nos cellules à produire de la chaleur. Ses effets sur la perte de poids ont été découverts au début des années 30, mais son usage chez l’homme a rapidement été interdit en raison de sa toxicité aigüe et des nombreux décès associés. Après des décennies d’absence, le DNP a malheureusement fait son retour comme produit minceur ces dernières années via la vente illégale en ligne. Face à l’accroissement du nombre d’usagers et à plusieurs décès (notamment au Royaume-Uni), INTERPOL a lancé une alerte mondiale au sujet du DNP en 2015.

Malgré ses effets délétères, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a récemment autorisé des essais cliniques sur le DNP dans le but de tester son efficacité dans la lutte contre différentes pathologies humaines telles que Parkinson ou la sclérose en plaque. Bien que le DNP soit un produit toxique, il a été utilisé à faibles doses en recherche fondamentale sur des modèles animaux pour tester des théories liées au vieillissement. Il a par exemple été démontré en 2008 qu’à faible dose il pourrait allonger l’espérance de vie chez des souris de laboratoire. Le Dr. Antoine Stier (chercheur à l’Université de Turku en Finlande) suspectait cependant que cet effet bénéfique chez la souris soit lié à la prévention de l’obésité, qui pourrait masquer une toxicité chronique du DNP qui serait visible chez des animaux ou humains non-obèses.

Une nouvelle étude menée par Antoine Stier et François Criscuolo à l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS / Université de Strasbourg) a donc utilisé des diamants mandarins (un modèle aviaire ne présentant pas d’obésité liée à l’âge, contrairement à la souris) pour explorer les effets à long terme (le traitement ayant duré plus de 4 ans) de la prise de DNP sur des marqueurs de vieillissement cellulaire et sur l’espérance de vie. “Nous avons traité les oiseaux avec une dose de DNP par kg étant dans la gamme de ce qui est consommé illégalement chez l’humain, et qui n’a pas montré d’effets délétères à court-terme chez le diamant mandarin bien que conduisant à une augmentation modérée du métabolisme » rapporte le Dr. Criscuolo.

« Si une réduction d’espérance de vie du même ordre de grandeur a lieu chez l’humain cela est alarmant. Par ailleurs, la consommation illégale est très difficilement quantifiable. »
Antoine Stier , Chercheur à l’Université de Turku en Finlande.

Bien que les oiseaux traités au DNP aient eu l’air en parfaite santé, ayant des performances physiques et des marqueurs sanguins de vieillissement similaires aux individus contrôles, cette nouvelle étude rapporte que le DNP conduit à une réduction de l’espérance de vie d’environ 20% (soit 1 an chez ces oiseaux). « Si une réduction d’espérance de vie du même ordre de grandeur a lieu chez l’humain cela est alarmant. Par ailleurs, la consommation illégale est très difficilement quantifiable. » rapporte le Dr. Stier.

Le DNP réduit l’espérance de vie de 20 %© Antoine Stier

A ce stade, de plus amples études sur des modèles animaux semblent indispensables pour permettre à la communauté scientifique et aux agences de santé de statuer sur une utilisation potentielle du DNP comme médicament chez l’homme.

L’étude a été menée au Département Ecologie Physiologie, Ethologie de l’IPHC, en collaboration avec l’Université d’Aberdeen (Royaume-Uni). Les recherches du Dr. Stier ont notamment été financées par une bourse de thèse du ministère ESR, par l’Union Européenne (H2020 Marie Sklodowska-Curie IF #658085) et par le Turku Collegium for Science and Medicine. L’étude a été publiée dans la revue Comparative Biochemistry and Physiology Part C (Elsevier).

Références:
Antoine Stier, Pierre Bize, Sylvie Massemin, François Criscuolo. Long-term intake of the illegal diet pill DNP reduces lifespan in a captive bird model. Comparative Biochemistry and Physiology Part C: Toxicology & Pharmacology. Nov. 2020.

Contacts:

  • Antoine Stier - Collegium Researcher (University of Turku) - antoine.stier at gmail.com
  • François Criscuolo - Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC-CNRS/Univ Strasbourg) - francois.criscuolo at iphc.cnrs.fr
  • Nicolas Busser - Correspondant communication - Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC-CNRS/Univ Strasbourg) nicolas.busser at iphc.cnrs.fr
NO
Noxx

Mourir... Une autre façon de maigrir. ;-)

VI
Victor

De nos jours avec tout ce qu'ont nous dit sur le coronavirus,
il faut certainement se poser quelques questions sur le sujet

BE
bellegravure

Un homme a été condamné pour l'homicide involontaire d'Eloise Parry, qui est l'une des dix personnes à être mortes au Royaume-Uni depuis 2015 après avoir pris du dinitrophénol (DNP), un agent amincissant toxique.

La jeune femme de 21 ans, originaire de Shrewsbury, a pris huit pilules contenant du DNP avant de mourir en avril 2015. Sa mort est considérée comme le signe d'un problème croissant de personnes qui ignorent les avertissements sanitaires liés à la prise de ce produit chimique industriel dans le but de perdre du poids.

C'est terriblement triste, au lieu de prendre des cochonneries et mettre sa vie en danger , mieux vaut suivre un régime alimentaire adapté réalisé par une diététicienne ou un docteur.

Il provoque une perte de poids en brûlant des graisses et des hydrates de carbone, ce qui entraîne la conversion de l'énergie en chaleur. Les personnes qui ont pris ce médicament connaissent une augmentation de la température et du métabolisme, qui peut s'avérer fatale.

Simon Thomas, professeur de pharmacologie clinique et de thérapeutique à l'université de Newcastle, dit que bloquer le stockage de l'énergie dans les cellules, qui arrête la production de graisse, peut sembler attrayant - mais il prévient que le DNP est hautement toxique.

"De tous les poisons que nous traitons, le DNP est celui qui cause la plus grande proportion de décès. Il est extrêmement dangereux", dit-il.

Les signes d'empoisonnement aigu comprennent les vomissements, les rougeurs de la peau, la transpiration, les étourdissements, les maux de tête et les battements de cœur irréguliers. :gueule: