Les glaciers fondent en Alaska, mais moins vite que prévu

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Des glaciologues du Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS) (CNRS/CNES/IRD/Université Toulouse 3) et leurs collègues canadiens (1) montrent que les pertes de masse des glaciers d'Alaska depuis 40 ans ont été largement surestimées, remettant en cause des résultats publiés en 2002. Des données récentes issues des satellites SPOT 5 et ASTER ont permis aux chercheurs de cartographier presque intégralement les pertes d'épaisseur de ces glaciers qui ont contribué à la hausse du niveau de la mer entre 1962 et 2006 à hauteur de 0.12 mm/an et non pas de 0.17 mm/an comme avancé précédemment.

Sur la surface du globe, les glaciers de montagne couvrent de 500 000 à 600 000 km2 (environ la taille de la France), ce qui est peu par rapport à la superficie des calottes groenlandaise (1.6 millions de km2) ou antarctique (12.3 millions de km2). Malgré leur petite taille, ils jouent un rôle majeur dans la hausse récente du niveau marin du fait de leur fonte rapide en réponse au réchauffement climatique global.

Campagne de terrain sur les glaciers des Saint Elias (Alaska et Territoire du Yukon).
Crédit: © M. J. Hambrey (Aberystwyth University)

Parmi les différentes régions englacées du globe, c'est en Alaska et au nord du Canada, où les glaciers occupent 90 000 km2, que les pertes sont les plus importantes. Les nouveaux résultats des glaciologues du LEGOS et de leurs collègues canadiens publiés le 17 janvier 2010 sur le site de la revue Nature Geoscience concluent à une contribution de 0,12 mm/an de ces glaciers à la hausse du niveau marin pour la période 1962-2006, et non de 0,17 mm/an comme précédemment avancé par l'équipe du Geophysical institute de l'Université d'Alaska (Fairbanks). Pour arriver à cette conclusion, l'équipe franco-canadienne a comparé des topographies récentes, déduites des images des satellites Spot 5-HRS (projet SPIRIT (2) financé par le CNES) et ASTER (projet GLIMS/NASA), avec les cartes des années 1950-60. Ils ont pu ainsi mesurer les pertes des trois quarts des glaciers d'Alaska.

Comment l'équipe du Geophysical institute de l'Université d'Alaska avait-elle pu évaluer à 0,17 mm/an la contribution de ces glaciers à la hausse du niveau de la mer ?

Les chercheurs avaient mesuré en 1995 puis en 2001 l'altitude de la surface de 67 glaciers avec un laser aéroporté le long de profils longitudinaux. Ils l'avaient ensuite comparée à celle cartographiée dans les années 1950-60. Les chercheurs en avaient ainsi déduit leurs variations d'épaisseur avant de les extrapoler aux autres glaciers. Leurs résultats, publiés dans Science (3) indiquaient une contribution importante pour la période 1950-1995 (0,14 mm/an du niveau marin) qui doublait pour la période récente (après 1995).

Le glacier Barnard, au coeur de la chaîne de montagne des Saint Elias (Alaska).
Cette vue en relief, déduite des données du satellite SPOT 5, souligne l'importance
des débris qui recouvrent les parties basses des glaciers.
Crédit : © CNES 2007 / Distribution Spot Image / Traitement LEGOS

Pourquoi ont-ils surestimé de 50 % les pertes de ces glaciers ?

L'impact des débris rocheux qui recouvrent certaines langues glaciaires (4) et les protègent de la radiation solaire (et donc de la fonte) n'avait pas été pris en compte dans ces travaux antérieurs. De plus, leur échantillonnage était limité à des profils longitudinaux au centre de quelques glaciers ce qui a induit une surestimation des pertes d'épaisseur car c'est au coeur du glacier qu'elles sont les plus importantes.

Cette nouvelle étude confirme que l'amincissement des glaciers d'Alaska est très hétérogène et démontre qu'il est difficile d'échantillonner ces structures spatiales complexes à partir de quelques mesures de terrain ou profils altimétriques. Grâce à leur couverture régionale, les données satellitaires permettent une meilleure observation de la réponse glaciaire aux changements climatiques et de préciser leur contribution à la hausse du niveau marin.

Les pertes des glaciers d'Alaska depuis 1962 sont certes plus faibles que ce que l'on pensait. Mais l'amincissement (parfois plus de 10 m/an comme pour le glacier Columbia) et le recul de ces glaciers demeurent importants. De plus, l'accélération spectaculaire des pertes de masse depuis les années 1990, correspondant à une contribution de 0.25 mm/an à la hausse du niveau marin, n'est pas remise en cause et s'avère un signe inquiétant pour la hausse future du niveau marin.

Notes:

(1) issus de deux universités de Colombie Britannique (University of British Columbia et University of northern British Columbia).

(2) Lors de la 4ème année polaire internationale (2007-2009), les glaciologues ont eu librement accès aux données SPOT 5-HRS grâce au projet SPIRIT (SPOT 5 stereoscopic survey of Polar Ice: Reference Images and Topographies). Les images haute résolution de ce satellite permettent de reconstituer précisément la topographie des glaces polaires et donc d'étudier leurs évolutions passées et futures en réponse aux fluctuations climatiques. Le LEGOS est le coordinateur scientifique de ce projet mis en oeuvre avec le CNES, Spot Image et IGN Espace.

(3) Arendt et al, Rapid wastage of Alaska glaciers and their contribution to rising sea level, Science 297, 382-386 (2002).

(4) Parties basses du glacier qui descend dans la vallée.

AL
Aldaux

A l'automne 2009, j'ai survolé plusieurs fois en parapente les glaciers au-dessus ce Chamonix et ce que j'ai vu est épouvantable. Ceux qui connaissent le massif comprendront :
Le front du glacier des Bossons est "remonté" de plus de 400m en altitude, au niveau des Pyramides, il y a bien longtemps qu'on ne peut plus s'entraîner à l'escalade en glace sur sa langue terminale.
La Mer de Glace a perdu 50m d'épaisseur depuis 30ans, on ne peut plus en sortir à pied par les vires Lachenal ni par la langue terminale, qui ne "passe" plus non plus à skis quand on descend la Vallée Blanche au printemps. Il faut remonter au Montenvers par 200m d'escaliers et de passerelles métalliques.

Le glacier de Talèfre est orienté au sud. Il est quasiment sec sous les Courtes et il n'y a plus de glace apparente sous le Jardin, la moraine de surface le recouvre en entier.

Il n'y a plus de glace ni de neige dans les faces N des Charmoz et des Droites, ni dans le couloir Whymper, le glacier du Milieu est réduit à un étroit couloir et le couloir Couturier à une goulotte, idem le Gervasutti et pire le Boccalatte au Tacul.
Le Mont Blanc culmine toujours à 4810m et les abords du sommet n'ont pas changé depuis ma précédente ascension en 1975, mais il n'y a plus que de la caillasse dans le versant W du Goûter, le "couloir de la mort" est tout sec, encore plus dangereux qu'avant et le glacier de Bionnassay a perdu lui aussi environ 50m d'épaisseur, il est tout noir, couvert de pierres.
La magnifique face N de l'aiguille de Bionnassay ne se fait plus.
Plus au sud, le glacier de Trélatête a lui aussi perdu une telle épaisseur qu'il a fallu aménager une ferrata pour aller au refuge des Conscrits.
Versant italien c'est encore plus impressionnant, les glaciers menacent de s'effondrer et plus personne ne va dans les grands itinéraires du versant Brenva du Mont Blanc.

Je n'ose pas imaginer dans quel état se trouvent les glaciers de plus basse altitude (en Oisans, en Vanoise et dans les Pyrénées), je me demande si le glacier du Rhône existe encore au-dessus de col de la Furka et dans quel état est celui de la Marmolada.

Que les glaciers d'Alaska fondent eux aussi, et dans de telles proportions, est encore plus alarmant dans ce contexte au vu de la rudesse du climat.

Ce qui est le plus terrible, c'est quand la neige a fondu en été et que la glace se retrouve à nu. La quasi-annulation de l'albédo permet à la lumière solaire de pénétrer à l'intérieur de la glace et soumet les petites poussières, gravillons et grains de roche qui y sont enchassés à un réchauffement qui accélère encore la fonte.
Je crains que le phénomène ne soit irréversible, quels que soient les efforts déployés ici ou là pour lutter contre le réchauffement climatique, qui ne peuvent qu'apparaître dérisoires devant l'ampleur du phénomène, ce n'est pas pour autant qu'il faut baisser les bras et s'avouer vaincus.

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klinfran

C'est aussi très probable que le manque de précipitation soit un gros responsable de la diminution des glaciers, la glace s sublime toujours un peu. Le manque de précipitation peut être du au réchauffement climatique ou pas.

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Khainyan

Bon les glaciers je peux en parler sans dire top de connerie :D
Pour répondre à ta question sur le glacier du Rhône Aldaux bin comment dire.. J'y suis passé cet été et c'est pas beau à voir.
Tu vois le belvédère où on s'arrête pour rejoindre le glacier par un p'tit chemin (enfin le truc à touriste quoi)? et bien le glacier est passé au dessus de ce niveau. Le bas du glacier doit donc se trouver entre 2300 et 2400m d'altitude je dirais.

Pourquoi les glacier fondent?
Deux facteurs (pour simplifier. La question des bilans de surface est bien plus complexe):
-une baisse des précipitations -en moyenne comme toujours- en haute altitude ces dernières années.
-une hausse des températures.
Les glacier sont quelque chose de fragile, ils très sensible aux changement.
Le manque de précipitation fais baisser la quantité de neige déposée chaque année. La hausse des températures fait fondre plus rapidement cette couche de neige. Maintenant il est courant de voir les glacier en glace en Juillet; et dès le moment qu'ils sont en glace ça font très vite.

Concernant l'article. Je note deux choses:
-les auteurs en effectués leur comparaison à partir des données de 50-60.. alors que ce sont elles les moins fiables. Il serait plus pertinent de comparer avec les mesures obtenues plus tard. Ce qui ne changerais peut être rien au résultat. La différence qu'ils ont trouvée? on reste dans le même ordre de grandeur, ce qui est donc tout a fait logique. Il n'y a donc pas de remise en cause sérieuse du phénomène. Et c'est ça qu'il faut retenir. On en arrive à mon deuxième point.
-les tendances mesurées ces dernières années sont confirmées, avec une accélération dramatique des fontes.

En conclusion il n'y a donc pas de remise en cause de la gravité du problème des fontes des glaciers de l'Alaska. Celle ci est très importante et s'accélère de plus en plus.

Ah oui aussi le GIEC s'est fait épinglé pour s'être trompé sur la fonte des glaciers himalayens.
Donc les glacier ne fondent ni en Alaska, ni en Himalaya, le réchauffement climatique c'est du pipeau, une conspiration des lobbyistes écolos.

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Aldebaran

Après l'échec de la conférence de Copenhague, fin décembre 2009, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est épinglé pour une erreur commise dans son dernier rapport (2007). Le groupe de chercheurs, chargés par les Nations unies de synthétiser les connaissances sur le changement climatique, y annonçait que les glaciers himalayens, châteaux d'eau de l'Asie, pourraient avoir presque complètement disparu en 2035. Or cette estimation, fausse, ne repose pas sur des travaux scientifiques dûment publiés.

La suite : https://www.lemonde.fr/planete/article/ ... l-himalaya_1294249_3244.html