Les inconnues psychologiques de l’équation martienne

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En changeant d’échelle, l’exploration lointaine mettra les astronautes dans des conditions psychologiques inédites: un défi humain à préparer avant de s’envoler vers Mars.

La planète Mars. Crédits: 24K-Production.

400 km pour l’ISS, 400 000 km pour la Lune, entre 40 et 400 millions de km pour Mars. Ces chiffres donnent la mesure du changement d’échelle que produira l’exploration humaine lointaine. A une telle distance, les défis de tous ordres seront innombrables, mais il faut prêter une attention toute particulière au facteur humain: pour les futurs astronautes, le voyage vers la planète rouge créera un contexte psychologique radicalement différent de ce que les explorateurs de l’espace ont connu jusqu’à présent. La disparition de la Terre du champ visuel en raison de l’éloignement constituera en particulier une expérience inédite, explique Sébastien Barde, sous-directeur Science et Exploration au CNES: « Sur l’ISS, la vue sur la Terre offre en permanence un point d’ancrage. Depuis Mars, il faudra la chercher dans le ciel. »

Depuis Mars, il faudra chercher la Terre dans le ciel. Crédits: manuel_adorf.

"Les astronautes ne verront qu’un point lumineux au loin. Ce sentiment d’éloignement, de ne plus avoir aucun repère auquel se rattacher, sera le principal obstacle psychologique à surmonter" annonce Sébastien Barde.

Sébastien Barde, sous-directeur Science et Exploration au CNES. Crédits: CNES.

Une autonomie totale

L’éloignement n’entraînera pas seulement une perte de contact visuel. La durée des missions sera également plus longue, de l’ordre de 2 ans, au cours desquels les équipages devront gérer en autonomie tous les aspects de la vie quotidienne et tous les incidents. Quels que soient les événements qui se produisent, qu’ils soient techniques ou médicaux, il leur faudra réagir sans l’assistance du sol, ni même sans communication en temps réel puisque le temps de propagation d’un message entre la Terre et Mars est de 20 min. « Par rapport à l’ISS où les astronautes peuvent être ramenés au sol en 3 heures, l’impossibilité de rentrer en cas de problème change beaucoup de choses sur le plan psychologique, poursuit Sébastien Barde. C’est une situation où chaque point devient critique, la production de nourriture, le recyclage, l’oxygène, la santé... » Sans compter que le voyage vers Mars prendra 8 mois, pendant lesquels les organismes seront mis à rude épreuve.

Guillemette Gauquelin-Koch, responsable des sciences de la vie au CNES, s'interroge: "Comment les astronautes vont-ils se réadapter, dans quel état physiologique arriveront-ils, comment auront-ils dormi, quelles seront leurs performances cognitives... Personne n’aime se trouver dans un endroit inconnu sans savoir comment il va se comporter, toutes ces questions auront des retombées psychologiques."

Guillemette Gauquelin-Koch, responsable des Sciences de la vie au CNES. Crédits: CNES.

Sélectionner et entraîner les équipages

On le voit, le facteur psychologique sera déterminant dans les futures missions d’exploration lointaine, et un des éléments de réponse résidera dans la composition des futurs équipages. La clinique spatiale (MEDES) a réalisé plusieurs études pour évaluer en particulier les besoins médicaux en fonction de la probabilité de survenue de différentes pathologies. Les résultats ont montré qu’il serait important d’avoir à bord une compétence médicale et dentaire, et en particulier un membre d’équipage avec une formation d’anesthésiste-réanimateur, capable de réaliser des gestes chirurgicaux simples. « Sur le plan psychologique, on sait sélectionner de manière individuelle des profils d’astronautes résistants au stress, qui ont la capacité sociale à vivre dans un milieu confiné », souligne Bernard Comet, consultant auprès du MEDES.

"Il faut encore affiner les critères pour constituer l’équipe la plus efficace et solidaire, et surtout il faudra former les astronautes pour savoir anticiper et gérer les crises." poursuit Bernard Comet.

Leardership, cohésion, mixité de genre, diversité culturelle: la réflexion n’en est qu’à ses débuts. « Mais avant de se poser la question psychologique, il faut être capable de faire manger et respirer les astronautes, et les protéger contre les radiations, conclut Sébastien Barde. Nous devons d’abord résoudre les problématiques technologiques pour créer des conditions de vie normales sur Mars. »

Bernard Comet, consultant auprès du MEDES. Crédits: MEDES.

Etude de simulation d'impesanteur au MEDES. Crédits: MEDES.

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Mizar 17

" Mais avant de se poser la question psychologique, il faut être capable de faire manger et respirer les astronautes, et les protéger contre les radiations, conclut Sébastien Barde. Nous devons d’abord résoudre les problématiques technologiques pour créer des conditions de vie normales sur Mars. »"

Pas gagné tout ça .
Sans certitude absolue ,je ne crois pas que l'on puisse y parvenir un jour ( même dans un futur lointain ).

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hoaxmakerz

"Pas gagné tout ça .
Sans certitude absolue ,je ne crois pas que l'on puisse y parvenir un jour ( même dans un futur lointain )."

J'ai du mal à saisir des impossibilités qui n'en sont pas, pire, qui sont déjà dépassées sur terre :

  • la différence de pression int/ext dans un sous marin nucléaire est supérieure de plusieurs centaines de fois à celle qui règnera sur Mars. Et ça tient. Et on y reste 6 mois sans voir le jour, pire, on peut s'y battre, on peut même lancer un missile depuis sous la surface.
  • l'isolement vis à vis des proches, l'impossibilité d'accéder à l'extérieur, l'interdiction de communiquer et les vues sur l'extérieur : c'est 10 fois pire. Et c'est géré. Et les mecs sont suffisament bien catsés et gérés pour pas péter les plombs. Avec un boulot mille fois moins enthousiasmant et positif que celui d'un astronaute.
  • l'autonomie en O2, le filtrage du co2 expiré et les problématiques nourriture y sont strictement comparables : il faut tout soit stocker, soit générer à bord
  • un simple avion expérimente des différentiels proches, tous les jours, de ce qu'on vivra niveau pression sur Mars sans aucun problème.
  • l'ISS présente un différentiel athmos supérieur à celui qui sera expérimenté sur Mars. Tout le temps, depuis 20 ans, sans aucun problème. Des hommes y ont vécu plus longtemps que ne durera une mission martienne.
  • des boucliers antiradiations ainsi que des stratégies pour abaisser l'exposition aux radiations sont déjà disponibles (Polyéthylène ultra haute densité, exploitation des stockage d'eau comme zone de sommeil, boucliers de types dipôles actifs ... combiner le tout... )
  • des recherches concluantes sont déjà dispos concernant le recyclages des déchets organiques et la bouffe, notamment en europe (projet Melissa)
  • la génération d'oxygène par procédé purement chimique à partir du co2 martien vient d'être testé et EST déjà concluant (Moxy).

Bref, on est parvenu en 40 ans à passer du statut de piéton assemblant un bidule en bois,toile, corde à piano et colle de lapin à des avions à réacteurs traversant l'atlantique à 6000 m d'altitude et 850 km/h. l'ensemble du matos et de la science associée précisons-le, c'est à dire du Dural de la carlingue aux équipement radio en passant par la moindre aube de réacteur ou encore le profil NACA tout con d'une aile n'existant tout simplement pas avant les dits 40 ans. Rien de rien ou presque.
20 ans plus tard un type flottait dans l'espace, 9 ans plus tard un mec marchait sur la lune !

Mais on serait incapable en 2021 d'assurer le support-survie de 6 types dans une atmosphère de co2 à 600Pa ?

Cette attitude négative, c'est presque n'importe quoi. Faire voler un jet-liner aujourd'hui, c'est avoir dépassé haut la main une somme presque infinie d'impossibilités techniques à la fin du 19ème siècle, afficher des performances littéralement incroyables, probablement jugées impossibles voir mortelle pour la même époque (on y jugeait que dépasser 50 km/h au sol était mortel) .
C'est un miracle scientifico-technique renouvelé chaque jour et des milliers de fois par jour sans la moindre défaillance, comprenant des dizaines de milliers de pièces dont chacune était un challenge.

Les "possibilité de parvenir" sont avant tout dans la tête.

MO
moniroje

Votre réponse redonne espoir à l'exploration spatiale.
Mais à mon humble avis, l'exploration spatiale doit se faire d'abord avec des robots à IA développés.
Et pour que l'homme s'aventure lui-même hors de sa banlieue terrestre (disons jusqu'à la Lune),
il faudra qu'il sache pincer l'espace-temps à fin que ses vaisseaux surfe sur la vague crée pour aborder Mars dans ... la journée ? la semaine ?

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Mizar 17

@hoax.
Les performances que vous évoquez concernant le sous marin sont réelles .
Cependant , ses dimensions ( plus de 80 m) sa masse ( plus de 2000 tonnes) ne paraissent pas transférables à un vaisseau spatial afin d'obtenir
autonomie en air respirable , quantités d'eau de vivres et d'énergie( sous quelle forme ) indispensables à un si long voyage .
Et pour y faire quoi à l'arrivée ,avec quels moyens , ... en supposant que cela soit réalisable .?

Quant a " pincer " l'espace temps '( comment , ...? ) , une semaine !!!!
Certes , des progrès sont envisageables dans le futur , mais là , je... quoi dire ???