Les limites de la vie sur Terre une nouvelle fois repoussées... dans l'eau !

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Une nouvelle espèce d'archaébactérie , Pyrococcus CH1, vivant dans un milieu allant de 85 à 105°C et capable de se diviser jusqu'à une pression hydrostatique de 1200 bars (soit plus de 1000 fois supérieure à la pression atmosphérique), vient d'être découverte par les microbiologistes du Laboratoire de microbiologie des environnements extrêmes (UMR sous la tutelle du CNRS, de l'Ifremer et de l'Université de Bretagne Occidentale), en partenariat avec l'Institut d'Océanographie de Xiamen (Chine) et le Laboratoire des sciences de la Terre (UMR sous la tutelle du CNRS, de l'ENS Lyon et de l'Université de Lyon).

Cette archaébactérie (1) a été isolée à partir d'échantillons de la campagne Serpentine (2) , au cours de laquelle une équipe franco-russe a exploré pendant six semaines la dorsale médio-Atlantique à la découverte de nouvelles sources hydrothermales. L'article scientifique relatant cette découverte est publié dans la revue The ISME Journal.

Cheminée hydrothermale sur le site Ashadze (3)

Les extrêmophiles… un monde toujours plus surprenant

Les recherches menées sur les extrêmophiles, ces espèces qui ont la particularité de vivre dans des conditions extrêmes et mortelles pour la plupart des autres organismes, constituent autant de « mondes à découvrir », tous très prometteurs.

En terme de biodiversité d'abord, ces formes de vie, a priori « inimaginables », montrent que l'inventaire de toutes les espèces vivant sur Terre n'est pas prêt d'être fini. Les micro-organismes extrêmophiles sont également une illustration des capacités étonnantes d'adaptation du vivant, ce qui renforce l'hypothèse de l'existence de formes de vie sur des planètes dont on pensait que les conditions environnementales ne le permettaient pas.

Les particularités de Pyrococcus CH1

Les microorganismes piézophiles, également appelés barophiles (aimant la pression), constituent un des sous-ensembles des extrêmophiles. Découverte sur le site « Ashadze » situé à 4100 mètres de profondeur, la souche CH1 est le premier organisme hyperthermophile et piézophile obligatoire connu. Cette archaébacterie vit entre 85 et 105°C, avec un optimum à 98°C. Mais, surtout, elle se divise entre 150 et 1200 bars de pression hydrostatique, 520 bars étant sa pression optimum.

Cette découverte repousse une nouvelle fois les limites physico-chimiques de la vie sur Terre et conforte l'idée de l'existence d'une biosphère hyper-thermophile dans les profondeurs de notre planète.

L'étude de la biomasse souterraine (les micro-organismes découverts dans les sédiments des plaques océaniques au fond de la mer) semble très prometteuse : les sources hydrothermales océaniques profondes offrent en effet aux microorganismes des conditions extrêmes de température, de pression et de composition de fluides.

Quels intérêts pratiques peuvent avoir ces microorganismes ?

Du fait des conditions extrêmes de développement, il s'avère que leurs enzymes sont thermostables et aptes à fonctionner dans des réacteurs sous pression. Il est donc tentant de les utiliser dans des procédés industriels, où certaines étapes requièrent des températures et des pressions élevées, notamment pour l'obtention de produits à forte valeur ajoutée, issus aujourd'hui de la chimie fine.

Les 3 domaines du vivant

Il est admis actuellement que les êtres vivants peuvent être classés en 3 domaines :

  1. Les eubactéries constituent le premier domaine du vivant. Ce sont des procaryotes (absence de noyau) qui possèdent des propriétés communes, distinctes des archées, pour leurs membranes et leurs génomes. Certaines bactéries sont pathogènes.

  2. Les archaébactéries constituent le second domaine du vivant. Ce sont aussi des procaryotes possédant des membranes cellulaires plus résistantes et des génomes apparentés. Ainsi le mécanisme de réplication de l'ADN des archées est-il plus proche de celui des eucaryotes que de celui des bactéries. Aucune archée n'a pour l'instant manifesté de pathogénicité pour l'Homme.

  3. Les eucaryotes constituent un groupe d'organismes unicellulaires ou pluricellulaires définis par leur structure cellulaire plus « évoluée » que celle des procaryotes (les archéobactéries et les eubactéries). Les eucaryotes possèdent en particulier des organites divisant l'espace cellulaire en zone dont la fonction est définie, tel que le noyau. Les plantes, les animaux et l'homme sont tous des eucaryotes.

Notes :

(1) Les archaébacteries constituent un des domaines du vivant (voir paragraphe ci-dessus).

(2)Dirigée par Yves Fouquet, Responsable du programme pluridisciplinaire d'étude des milieux extrêmes dans les grands fonds océaniques (programme GEODE) et du laboratoire de Géochimie et Métallogénie d'Ifremer Brest, la campagne Serpentine a rassemblé géologues, géochimistes, biologistes et microbiologistes durant six semaines sur la dorsale Atlantique.

(3)« Achadze », le site hydrothermal le plus profond actuellement connu dans les océans (4100 mètres), a été exploré et échantillonné pour la première fois grâce au ROV Victor 6000, robot téléopéré depuis le Pourquoi pas ?, le navire océanographique de l'Ifremer, lors de la campagne Serpentine.

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buck

je sais plus qui disait qu'on connait mieux la surface de la lune que nos fond marins.
C'est clair qu'il doit y avoir de supertrucs

PS cath's felicitation tu es plus clair/lisible aujourd'hui ;)

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macland

cath's
Bonjour !


De quoi faire rougir 20 milles lieues sous les mers (Merci! Mr .J. Verne visionnaire)


Une pression hydrostatique de 1200 bars (soit plus de 1000 fois supérieure à la pression atmosphérique), la vie dans un bain chimique près de fumeroles causées par le magma qui monte près de la croute terrestre et qui donne à l'eau cette température élevée.


Les dorsales océaniques forment une chaîne volcanique de plus de 50000 km de long.


je me demande combien de merveilles se cachent encore autour et sur les dorsales !


Cath's

!..

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KiNidoz

Haaa les extrêmophiles, ils donnent toujours un peu plus d'espoir de trouver la vie sur une autre planète :_D

Une monde fascinant c'est clair !

DU
Durban

Bonjou,
est-ce que vous connaissez des documentaires ou des sites sur les fonds marins?
Ca m'intéresserait beaucoup de savoir ce qu'on en connait aujourd'hui.
Merci !

DA
darkbobo

Ca donne un certain espoir pour une vie extra terrestre pour des environnements difficiles. Mais il ne faut pas oublier que pour l instant personne ne sait reellement si ces organismes sont plus proche de leur ancetre originel ou si c est le fruit de l evolution.
Les decouvertes actuelles penchent toutes dans le sens d une evolution et donc à ce titre, les espoirs de "vie" extraterrestre ne sont ni plus ni moins important...

De toute facon quelques soit les decouvertes et analyses de ces organismes de l extreme, nous n aurons aucune idee de la faisabilite, selon le milieu d apparition de la vie ailleurs, tant que nous ne l aurons pas detecte.

A ce titre, il y a aussi de fortes chances que les futurs explorateurs de mondes eloignes ne les detectent qu avec difficulte tant les differences avec ce que nous connaissons risque d etre enormes. :yxt:

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KiNidoz

Durban
Bonjou,
est-ce que vous connaissez des documentaires ou des sites sur les fonds marins?
Ca m'intéresserait beaucoup de savoir ce qu'on en connait aujourd'hui.
Merci !

J'ai pas ça en stock mais y'a peut-être moyen de trouver ton bonheur ici http://www.canalu.tv/

(c'est surtout des conférences) Utilises l'outil de recherche sinon tu vas pas t'en sortir :fada:
Mais comme y'a de tout tu dois pouvoir trouver quelque chose, c'est certain.

DU
Durban

Merci beaucoup !
J'y ai trouvé ce que je cherchais

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KiNidoz

pas de soucis.

GA
gaby_la_star

Je ne suis pas un expert en la matière, mais je me pose toujours cette question lorsque je vois des articles dans ce genre là :
On lit toujours "de quoi nous rassurer quant à trouver de la vie sur d'autres planètes" en parlant des organismes extrémophiles.

A mon humble avis c'est tout simplement faux, ces organismes extrémophiles sont probablement issus d'une longue l'évolution à partir d'organismes vivant dans des conditions plus normales, et ne sont pas les ancêtres des autres formes de vie.

Donc pour trouver des organismes extrémophiles il faut d'abord trouver des organismes vivant dans des conditions "normales" d'où il est possible d'évoluer pour s'adapter à des conditions plus difficiles. Ce qui veut dire en plus court : pas d'organismes extrémophiles si les conditions de la planète sont extrèmes.

C'est mon raisonnement, il vaut ce qu'il vaut mais j'espère que mon idée est comprise, même si elle est peut-être fausse.

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KiNidoz

Je suis pas un expert non plus mais,

les extrémophiles doivent ils obligatoirement être issus d'être vivants qui vivaient dans des conditions "favorables" (de notre point de vue).

(Et si c'est le cas une planète a peut être été plus favorable a la vie jadis alors que maintenant elle l'est moins mais peut toujours accueillir des organismes extrémophiles ?)

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Maulus

Sa a toujours été mon point de vue, et d'ailleurs sa m'excite maintenant quand j'entend faire l'amalgame entre forme de vie extrémophile et vie extraterrestre...

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$$$

Sortez du concept "conditions favorables".
Plus il y a d'extrémophiles, plus on repousse ce concept de "condition favorable".
C'est tout.
Après, l'évolution, s'adapter aux conditions changeantes, c'est une autre histoire. Nous n'avons pas ou peu de recul, et de toute façon, une seule planète de référence.

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KiNidoz

Ça en revient toujours la même chose c'est vrai,

une seule planète de référence !

frustrant...

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Maulus

$$$
Sortez du concept "conditions favorables".
Plus il y a d'extrémophiles, plus on repousse ce concept de "condition favorable".
C'est tout.
Après, l'évolution, s'adapter aux conditions changeantes, c'est une autre histoire. Nous n'avons pas ou peu de recul, et de toute façon, une seule planète de référence.

Non mais le paradoxe c'est qu'on ne sait pas si la vie peut -naître- dans des conditions extrêmes et tout porte à croire que justement -non- ce n'est pas le cas !

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$$$

Justement, je trouve que plus les extrêmes sont possibles (bien que issus de longues périodes de mutation, d'adaptation), plus il y a de chance que la vie apparaisse dans des conditions difficiles.
Et puis j'insiste, nous n'avons que notre bonne vieille Terre comme modèle.