Bon(jourOUsoir) à Tou(te)s
Tout d'abord merci à l'internaute qui me verrait bien Président de l'Entreprise ! Mais heu...disons que vu mon âge -que je tairai par coquèterie (il y a bien bien longtemps que je suis retraité !)- et même avec de fulgurantes avancées dans la lutte contre le viellissement, il y a vraiment très très peu de chances que je puisse entrevoir le début du commencement de l'exploitation lunaire!
Il y a un point qui mérite quand même d'être précisé : la crédibilité d'une future exploitation. Et là il faut bien dire que certains ont du mal à "avaler" ce qu'ils estiment une arnaque. C'en serait une si on leur promettait la Lune pour demain matin, mais en fait ici on est en pleine prospective, et on table sur des développements possibles autour de 2050. Et en 40 ans il peut en arriver des choses.
Pour preuves, un petit exercice de mémoire. Mon père est né dans un monde qui commençait à bouger par cette rupture civilisationnelle que fut le train. Et il vit naitre et l'auto puis l'avion. Avion qui fut d'abord et surtout militaire. 40 ans plus tard on lançait le prelmier satellite artificiel, et les jets de transport de masse faisaient leur apparition.Moins de 25 ans après la révolution numérique commençait, démultipliant nos moyens de calculs, donc de prévisions et d'anticipation, mais aussi de conception et de communication. L'année de mon départ en retraite, pour m'amuser, je décrochais un 3° cycle consacré à... la Prospective ! Lorsque je relis ma thèse aujourd'hui, je constate avec un sourire combien j'étais ... timide! Car c'est un fait : contrairement à la Science-Fiction, en Prospective on pêche toujours par excès de prudence. Alors quand je dis 2050, l'Histoire montrera très probablement que c'était une limite max...
Autre exemple de bouleversement en gestation : la fusion thermonucléaire. Là encore, comme pour l'avion, comme pour la fission nucléaire, l'enfance fut militaire. Dès les premières bombe A, la "pile atomique" apparut (le nom de pile venait justement de l'empilement de briques de graphite et de barreaux d'U238 fortement enrichi en 235). Les premiers réacteurs furent d'ailleurs à visée militaire : les sous-marins. C'est à cause de celà que la filière Uranium fut suivie. (Perso j'aurai préféré le Thorium qui avait 2 avantages : la difficulté d'en faire des bombes-donc anti prolifération- et surtout l'abondance car la Terre est une boule de Thorium !) MAis si faire exploser au ralentit une bombe A s'avéra facile (les réacteurs le prouvent), faire exploser au ralenti une bombe H est autrement plus compliqué : voilà pourquoi il faudra bien compter 1 siècle de R&D. Mais on avance : le critère de Lawson n'est plus très loin, antant par confinement magnétique qu'inertiel. Disposer de la fusion nous otera bien des soucis : énergie abondante et totalement non polluante (pas de déchets radio actifs saufs des produits d'activation, donc à courte période, et encore ce ne sera produit que tant qu'on utilisera la fusion D-T.) Avec la fusion D-He3, il n'y aura même plus ce petit inconvénient passager.
J'entends bien les cris d'effroi au simple nom de nucléaire, alors il serait bon de rappeler 1 ou 2 chiffres (j'adore les chiffres : ils sont Bretons donc têtus !). Tous les phénomènes physico chimiques tels la combustion ou l'effet photoélectrique mettent en jeu les électrons périphériques de l'atome, soit des énergies de l'ordre de 30 eV (1 electron Volt est l'énergie acquise par un électron accéléré par une tension de 1 Volt soit 1,6 10EXP-19 Joules) Les phénomènes concernant le noyau (fission ou fusion) mettent en jeu des énergies de l'ordre de PLUSIEURS DIZAINES de MILLIONS d'eV ! Faut quand même être très très riche pour cracher sur une pareille mane...surtout qu'on ne voit pas quelle source d'énergie peut utiliser par ex une sonde au delà de Mars. Au fait, les générateurs isotopiques (rien à voir avec un réacteur nucléaire car pas de bombardementneutronique) des sondes Voyagers leur permettent encore aujourd'hui de nous renseigner sur l'espace extra héliosphérique, c'est quand même sympa non ?
Cordialemnt,
Ignotus