Néandertals contre Homo Sapiens: même gènes, mais pas tous exprimés

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Les gènes contenus dans notre ADN constituent l'information génétique qui nous est transmise par nos parents et qui fait de nous des Homo sapiens sapiens. Si l'on étudie plus attentivement ces gènes, on réalise que l'homme de Néandertal (Homo sapiens neanderthalensis) était plus proche de nous que ne l'était n'importe quel autre sapiens (99,5 à 99,9% de gènes communs), un chimpanzé (96 à 98%), un chat (90%) ou une banane (50%). Comment s'explique alors la si grande différence morphologique entre l'Homme moderne et notre cousin de Néandertal ?

Des gènes exprimés et régulés

La présence de gènes n'est pas suffisante : encore faut-il que ces derniers soient exprimés et régulés. C'est l'objet de l'épigénétique, science de l'expression des gènes. Plusieurs mécanismes existent pour réguler les gènes, comme la transcription de l'ADN en ARNm qui peut se faire plus ou moins rapidement et efficacement. Autre processus important : la méthylation (terme chimique qui désigne l'ajout d'un substituant CH3), qui agit comme un bouton "ON/OFF" sur une paire de nucléotides.

La méthylation au coeur du mystère

L'équipe du professeur Liran Carmel de l'Université hébraïque de Jérusalem a cherché à cartographier la méthylation des gènes chez nos proches cousins, l'homme de Néandertal et l'homme de Denisova. Les résultats sont fascinants. Même si leur génome est quasi-identique au nôtre, la différence réside dans l'expression des gènes: des milliers de séquences sont désactivées chez nos cousins et pas chez nous, ou l'inverse. Les chercheurs israéliens postulent donc que l'intelligence améliorée d'Homo sapiens sapiens résulte de l'activation de gènes dormant chez Homo sapiens neanderthalensis.

L'épigénétique, une science incontournable

Les études épigénétiques ont vocation à devenir plus importantes car l'expression génétique est un prisme qui peut déformer l'information codée par les gènes. De nombreuses maladies ont ainsi pu être liées à une expression anormale d'un gène et l'épigénétique peut apporter des éléments de réponse. Il est par exemple établi que la sous-méthylation ou la sur-méthylation de certaines régions de l'ADN peut être corrélée à certains cancers. Toutefois, les méthodes d'études ne sont pas encore optimales, et il n'est pas toujours évident de remonter l'histoire de la méthylation et d'en tirer des conclusions qui soient rigoureuses. Il reste que l'épigénétique a de beau jours devant elle et que l'étude du groupe de Liran Carmel nous permet de mieux comprendre notre ADN en observant sa lente évolution aux cours du temps.

AL
alessandro pendesini

Bonjour

….Les gènes contenus dans notre ADN constituent l'information génétique qui nous est transmise par nos parents et qui fait de nous des Homo sapiens sapiens….Dit l’article !

Personnellement je répond que ce qui fait de nous des Homo deux fois sapiens ne sont pas uniquement nos gènes mais l’Instruction ou Culture (digne de ce nom) que nous recevons depuis notre naissance du monde qui nous entoure ! -Le singe epiphenomenal de l’espèce humaine que nous sommes, sans cette culture acquise, ne pourrait être considéré doublement sapiens….
N.B. : Les gènes contribuent plus à la détermination des traits de personnalité qu’ils ne la dictent. ! Nous pouvons en déduire que chaque homme, avec sa personnalité, est unique ! Les évidentes personnalités humaines ne sont que partiellement attribuables au programme génétique « inné » ; son incidence pourrait être de l’ordre de 10% ; mais elles dépendent surtout du milieu dans lequel nous évoluons -et cela avant même notre naissance- autrement dit de « l’acquis » dont l’incidence serait de 90%.
Si deux personnes sont semblables génétiquement parlant à 99,9% en moyenne, au sens où, sur les trois milliards d’unités de bases qui composent l’ADN, trois millions diffèrent seulement d’un individu à l’autre ; il n’en est pas de même pour la configuration cérébrale : le génome « pilote » la mise en place d’environ 85 milliards de neurones, mais LEURS CONNEXIONS NE DEPENDENT PRATIQUEMENT PLUS DE L’INNE MAIS DE L’ACQUIS ! (Seuls les circuits sous-corticaux sont assemblés d’une façon plus déterministe « innée » que les circuits néo-corticaux). -Une personne isolée des autres, sans culture, n’apprend pas grand-chose, même pas à parler !