Onde ou particule ? Une décision prise à la dernière nanoseconde

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En physique quantique, le résultat observé est étroitement corrélé à la mesure effectuée. Ainsi, un photon se comporte soit comme une onde, soit comme un corpuscule, suivant le type d'expérience auquel on choisit de le soumettre (1). Mais, à quel moment exactement ce choix est-il effectué?

Cette question a été élucidée par une équipe du laboratoire de Photonique quantique et moléculaire (CNRS/Ecole Normale Supérieure de Cachan) conduite par Jean-François Roch et François Treussart, en collaboration avec Philippe Grangier et Alain Aspect du laboratoire Charles Fabry de l'Institut d'optique (CNRS/Université Paris 11) (2). Les chercheurs ont mis en œuvre, pour la première fois de façon très fidèle, une idée proposée dans les années 70 par John Wheeler, figure emblématique de la physique quantique.

Il s'agit en fait de retarder le plus possible le choix de l'expérience qui sera menée sur le photon en attendant que celui-ci soit au milieu de l'appareil de mesure, ici un interféromètre d'une longueur de 50 mètres. Une fois le photon “capturé” dans cet appareil, les chercheurs ont choisi, de manière aléatoire, la mesure qui a finalement été effectuée... mais le photon ne s'est pas laissé surprendre. Il s'est en effet manifesté comme une onde lorsqu'on a décidé d'observer un comportement ondulatoire et s'est comporté comme un corpuscule lorsqu'on a décidé d'observer un comportement corpusculaire.

Détaillée dans la revue Science du 16 février, cette expérience traduit un des éléments clefs de l'information quantique : le concept de “non-localité quantique”. Elle a des répercussions fondamentales afin d'établir théoriquement la sécurité des protocoles de cryptographie quantique.

Notes :
(1) Ce résultat a été mis en évidence en 1986 par Philippe Grangier et Alain Aspect lorsqu'ils ont réalisé la première expérience d'interférence à un photon.
(2) Ces travaux ont impliqué Vincent Jacques, E. Wu, Frédéric Grosshans, François Treussart et Jean-François Roch pour le laboratoire de Photonique quantique et moléculaire ainsi que Philippe Grangier et Alain Aspect pour le laboratoire Charles Fabry de l'Institut d'optique.

FR
Francis

Passionnant mais un peu frustrant pour un non spécialiste... Qu'est-ce que la “non-localité quantique” ??? Comment "fait" le photon pour ne pas "se faire avoir" ? Etc.

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fffred

l'interprétation de la mécanique quantique que je connais ne correspond pas vraiment à celle qui est proposée. Le fait que l'on observe le photon comme une onde ou comme une particule ne vient pas du fait que ce photon peut se "transformer" en l'un ou en l'autre, mais plutot du fait qu'un photon est "à la fois" une onde et une particule. Ou plutot ce n'est ni une onde ni une particule. En fait c'est une entité plus compliquée qui exhibe à la fois des propriétés ondulatoires et corpusculaires : si on fait une mesure pour tester l'aspect ondulatoire, on mesurera forcément son côté ondulatoire, et idem pour l'aspect corpusculaire.

L'expérience décrite ici permet en fait d'étudier la non-localité, et à quel point elle est valable. Cela veut dire qu'un photon par exemple n'est pas seulement décrit par une position et une vitesse (aspect corpusculaire) mais aussi par une répartition spatiale à la manière d'une onde (aspect ondulatoire). Donc le photon est en fait "partout" à la fois. Ce qui fait que dans certains cas, le fait d'agir quelquepart va avoir un effet autre part. C'est ce qui se passe dans le cas des photons intriqués.

Mais attention ne pas prendre ce que je dis à la lettre, je me trompe probablement.

JB
jb

Merci fffred pour la clarté de ton commentaire. :jap:

VI
Victor

le concept est basé sur la théorie quantique, mais peux tu expliquer comment le fait d'observer, donc la présence d'un observateur détermine le résultat de la mesure, pour moi ça reste un des aspect les plus difficile de la mécanique quantique, et dans cette éxpérience il semblerait que l'observation soit le phénoméne, et non pas le résultat qui dépend du choix de l'observation.

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fffred

dans un sens tu as raison
C'est sur ce "problème de la mesure quantique" que tant de chercheurs se sont cassé les dents ...