
Une étude récente parue dans la revue Science nous apprend qu’après avoir quitté l’Afrique, un groupe d’êtres humains aurait fait demi-tour dans le Proche-Orient et regagné le Nord et l’Est de l’Afrique. Selon Anna Olivieri de l’université italienne de Pavie et ses collègues, ce retour en Afrique aurait eu lieu il y a entre 40 000 et 45 000 ans, tandis qu’un autre groupe quittait également le Proche-Orient pour peupler l’Europe.
Selon la théorie appelée « Out of Africa », l’humanité serait née en Afrique d’où les populations auraient essaimé ensuite à travers le monde. On pense que les êtres humains modernes ont quitté l’Afrique en suivant un chemin méridional unique, depuis la corne de l’Afrique, à travers le détroit de Bab-el-Mandeb (la « Porte des Pleurs »), au golfe Persique et ensuite le long des côtes de l’Océan Indien jusqu’à l’Asie du Sud-Est et l’Australasie.
Les scientifiques ont séparé géographiquement les populations génétiques du monde entier en groupes appelés « haplogroupes », qui contiennent certains marqueurs génétiques. Chose curieuse, deux haplogroupes dans le Nord et l’Est de l’Afrique, appelés M1 et U6, sont étroitement apparentés à d’autres haplogroupes que l’on retrouve principalement en Asie.
L’équipe d’Anna Olivieri a séquencé l’ADN d’une grande variété d’individus appartenant aux haplogroupes M1 et U6, et a pu démontrer que les populations portant ces marqueurs ont dû apparaître en Asie du Sud-Ouest pour ensuite retourner en Afrique du Nord et de l’Est il y a entre 40 000 et 45 000 ans. À la même époque, des changements climatiques étaient en train de fragmenter les déserts dans ces régions, ouvrant peut-être de nouvelles voies de migration.