Réduire la consommation des appareils électroniques

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Le consommateur bénéficiera de coûts d’électricité plus bas et d’une longévité accrue des appareils à piles; les appareils consommeront 10 fois moins en marche et pratiquement plus rien en mode veille.

Une grande initiative impliquant plusieurs organismes de recherche majeurs du monde académique et des entreprises, pilotée par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a été lancée en vue de contrer la croissance alarmante de la consommation énergétique des appareils électroniques – du téléphone portable au supercalculateur, en passant par les ordinateurs portables et les téléviseurs. Baptisé STEEPER, ce projet vise à réduire de 10 fois la consommation énergétique de ces appareils lorsqu’ils sont en marche et à pratiquement éliminer toute consommation de courant lorsqu’ils sont en mode passif ou en veille.

Selon l’Agence internationale de l'énergie (AIE), les appareils électroniques représentent actuellement 15% de la consommation électrique des ménages, qui va doubler d’ici 2022 et tripler à l’horizon 2030 pour atteindre 1'700 térawatt-heures, soit l’équivalent de la consommation d’énergie totale de l’Union européenne en 2009.

L’énorme consommation des appareils en veille représente un immense gaspillage. Au sein de l’Union européenne, on estime qu’elle correspond déjà à quelque 10% de l’électricité utilisée dans les foyers et les bureaux des Etats membres. D’ici 2020 on prévoit qu’environ 4.6 milliards de dispositifs installés auront des modes veille/arrêt et, à défaut de mesures adéquates, la consommation d’électricité dans ces modes s’élèvera à 49 térawatt-heures par an, ce qui représente presque la consommation électrique combinée de l’Autriche, de la République tchèque et du Portugal.

«Notre vision consiste à partager ces recherches afin de permettre aux constructeurs de créer le Graal de l’électronique: un ordinateur dont la consommation énergétique est négligeable en mode veille, que nous appelons le PC zéro watt», indique Adrian M. Ionescu du Nanolab de l’EPFL, qui coordonne ce projet. Les résultats vont déboucher sur de nouvelles applications intelligentes à très faible consommation de courant, les systèmes d’information sur puce (SoCs).

Avec le soutien du 7ème programme-cadre de la Commission européenne (FP7), les chercheurs vont pouvoir explorer, par le biais du projet STEEPER, des modules innovants à l’échelle du nanomètre pour les puces électroniques afin de réduire leur tension d’exploitation à moins de 0.5 volts, c’est-à-dire de faire baisser d’environ 10 fois leur consommation d’électricité.

Participent notamment au projet STEEPER des organismes de recherche de grandes entreprises comme IBM et de grandes industries comme Infineon and GLOBALFOUNDRIES, d’importants instituts de recherche comme CEA-LETI et le Forschungszentrum Jülich, ainsi que des partenaires académiques dont l’EPFL, l’Université de Bologne, l’Université de Dortmund, l’Université d’Udine et l’Université de Pise, le soutien à la gestion de projet étant assuré par SCIPROM.

«La dissipation d’énergie est en passe de devenir le plus grand défi de l’électronique d’aujourd’hui, et ce particulièrement dans l’industrie du calcul», estime le Dr Heike Riel, chercheuse qui dirige le groupe de nanoélectronique chez IBM Research à Zürich. «En appliquant nos recherches communes sur les transistors à effet de champ (FETs) à tunnel à des nanofils semiconducteurs, nous comptons réduire de façon significative la consommation énergétique des modules de base des circuits intégrés, de sorte à limiter la consommation de courant des plus petits appareils électroniques grand public au plus grands des supercalculateurs», ajoute-t-elle.

Au-delà de la science

Le développement d’appareils innovants comme les transistors à forte pente sous seuil (« steep slope transistors », d’où le nom du projet) peut permettre une transition bien plus brève entre les modes « arrêt » et « marche » que ne l’autorise l’actuelle limite à 60mV/décade des transistors à effet de champ à grille métal-oxyde (MOSFETs) à température ambiante. En même temps, il permet de limiter les fuites sous le seuil et de faire baisser la tension d’exploitation. L’élaboration de transistors à forte pente sous seuil, économes en énergie et capables de fonctionner à une tension d’exploitation de moins de 0.5V, sera un facteur crucial pour la réussite du projet.

Pour y parvenir, les chercheurs vont étudier le développement de transistors FETs à tunnel à base de silicium (Si), de silicium-germanium (SiGe) et de nanofils semiconducteurs III-V. Les nanofils sont des structures cylindriques d’un diamètre de quelques nanomètres (nm) à peine, permettant un contrôle électrostatique optimal du canal du transistor. Dans un FET à tunnel, on exploite une transmission directe à effet tunnel par mécanique quantique pour enclencher l’appareil, ce qui donne des caractéristiques d’allumage plus rapides que celles des MOSFETs conventionnels.

Le projet STEEPER va évaluer les limites physiques et pratiques au dopage de la performance des FETs à tunnel par des nanofils III-V ainsi que les gains qui en découleraient en vue de futurs circuits numériques économes en énergie.
Ce projet, qui a démarré en juin 2010, va se poursuivre sur 36 mois.

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QJ

Zeko... Douze points, Zeko, twelve points !!</Mode Eurovision>
Évidement qu'il faut réduire sa consommation à la source, mais cela ne doit pas empêcher la réduction de la consommation en aval aussi.
Et ce n'est pas trop tard, l'Europe, voire le monde, n'est pas à l'abri d'une crise énergétique. Qu'elle arrive demain, à court ou à long terme.
Et puis ces recherches ont des répercussions dans bien des domaines, les premiers qui me viennent à l'esprit est le travail dans des environnements dangereux comme l'espace, les milieux marins, les milieux extrêmes (froid, etc, etc). Bref là ou de l'énergie est nécessaire mais difficilement disponible.

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Vampire

C'est vrai que nombre de gadgets d'aujourd'hui semblent prendre une importance démesurée... et il faut ajouter à cela le comportement des consommateurs... à quoi cela sert-il par exemple de laisser un téléphone allumé la nuit, ou un ordinateur en permanence ?

Chez moi j'éteins toujours ce dont je n'ai pas besoin, et mes mutliprises sont pourvues d'interrupteurs pour couper les appareils même en veille.

L'énergie nous semble tomber du ciel, mais viendra un jour où nous n'aurons plus ni pétrole, ni charbon, ni uranium pour la produire, et les alternatives ne sont pas viables à grande échelle pour l'instant...

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buck

non pas 12 points, l'industrie du papier est hyperconsommatrice d'energie!

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StarDreamer

Pour l'instant, le kwh n'est pas cher, et "ce n'est pas grave" pour les consommateurs.

Mais, avec l'augmentation annoncée et logiquement continue qui va suivre, les gens vont se mettre à réfléchir : 30 watts pour ma box, 50w pour mon ordi portable, 300W pour le plasma qui tourne en permanence, et aussi le PC du gosse qui le laisse allumer pour attendre que le msn d'un pote sonne ... etc ....

Si on additionne les watts, on pourrait facilement faire tourner un lave-linge.

Ayant partout des lampes éco chez moi (vu le prix de ces lampes, ce serait maintenant une hérésie de ne pas changer), je me dis que toutes les lumières de la maison allumées consomment moins que ma vieille télé ... Ce sont les petits watts qui font les grosses neg-économies.

Quant ça tape dans le portefeuille, les comportements changent. :sarcastic:

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StarDreamer

Tiens, ça me rappelle que j'avais lu je ne sais trop où (sûrement pour la science), qu'une agriculture ultra-locale (le fameux crédo "moins de 15km") n'avait très souvent pas de sens, dans la mesure où produire dans un climat largement plus favorable compensait amplement le transport.
Et que la grande variable d'ajustement était surtout les salaires, mais qu'il ne fallait pas pousser le jusqu'au-boutisme de l'anti-importation-à-outrance au point de renverser l'empreinte écologique...
(cela me rappellera toujours cet exemple des crevettes pêchées en Norvège, congelées puis envoyées en bateau au Maroc pour être décortiquées, puis renvoyées par bateau pour être vendues en Suède .... et après, on s'étonne que les bateaux consomme plus de la moitié des énergies fossiles de par le monde !).
:gueule:

PH
Phil2

StarDreamer
Tiens, ça me rappelle que j'avais lu je ne sais trop où (sûrement pour la science), qu'une agriculture ultra-locale (le fameux crédo "moins de 15km") n'avait très souvent pas de sens, dans la mesure où produire dans un climat largement plus favorable compensait amplement le transport.
Et que la grande variable d'ajustement était surtout les salaires, mais qu'il ne fallait pas pousser le jusqu'au-boutisme de l'anti-importation-à-outrance au point de renverser l'empreinte écologique...
(cela me rappellera toujours cet exemple des crevettes pêchées en Norvège, congelées puis envoyées en bateau au Maroc pour être décortiquées, puis renvoyées par bateau pour être vendues en Suède .... et après, on s'étonne que les bateaux consomme plus de la moitié des énergies fossiles de par le monde !).
:gueule:

Je crois que l'agriculture local c'est aussi le choix d'un aliment acclimaté et de saison, il peut y avoir quelques disproportions d'une région à une autre, même en France. Tu as certainement juste ce n'est n'ai pas si simple que cela, d'un autre côté un peu de bon sens suffirait, si des disponibilités s'y prêtes.
(je ne connaissais pas ce crédo de "moins de 15Km", mais sur Paris je me suis jamais posé la question en ces termes)

En attendant que des constructeurs fassent des efforts il y la démarche MDE (il y en a d'autres), elle n'a pas été faite pour cela mais plus exactement pour privilégier l'utilisation de l'énergie renouvelable chez le particulier, mais convient aussi bien à chacun d'entre nous:
la Maitrise de la Demande en Électricité consiste à mieux utiliser l'électricité: des équipements économes... , suppression ou chasse au gaspillage comme les veilles... et renoncer à ses usages thermiques (mais tout le monde n'a pas forcément ce choix de libre). Ceci pour dire que lorsque le consommateur est prêt à se prendre en main il obtient des résultats.
L'initiative de réduire les besoins d'électricité d'un appareil est une bonne nouvelle, mais en attendant d'en changer... faudrait voir ce qu'un consommateur peut faire de son côté.