Le satellite Megha-Tropiques, dont le lancement est prévu en septembre 2009, doit permettre de mieux comprendre les cycles de l’énergie et de l’eau de l’atmosphère tropicale, à l’origine de phénomènes naturels dévastateurs.
Améliorer les prévisions…
Une succession de tempêtes tropicales et de cyclones (Fay, Gustav, Hanna et Ike) a semé chaos et désolation il y a quelques mois depuis les Caraïbes jusqu’au sud-est des Etats-Unis. De l’autre côté du globe, l’Inde a été frappée par la mousson la plus forte depuis près d’un siècle, qui a causé plus d’1 million de sinistrés et plus de 800 morts selon les bilans officiels.

Image satellite de l'ouragan Ike (à droite) juste au-dessus de Cuba.
Crédits : NOAA
Les cycles de l’énergie et de l’eau de l’atmosphère tropicale, qui sont à l’origine de ces phénomènes, restent insuffisamment compris. Mieux les appréhender est le but principal du satellite franco-indien Megha-Tropiques (« Megha » signifie nuages en sanskrit), réalisé en coopération entre le CNES et l’Organisation de recherche spatiale indienne (ISRO). Cette mission devrait durer au moins 3 ans.

Test de l'antenne du satellite Megha-Tropique dans la chambre anéchoïde
du CNES à Toulouse. Crédits : CNES/J. Pierre, 2008
La zone tropicale est celle qui reçoit le plus d’énergie en provenance du soleil, avant de la redistribuer au reste du globe, notamment via ses gigantesques systèmes orageux.
« Or, les données dont disposent les scientifiques sont trop parcellaires, explique Didier Renaut, responsable du programme au CNES. Les organismes de prévision, par exemple, peinent encore à évaluer précisément l’évolution de l’intensité et des trajectoires des cyclones ».
Une orbite originale
Le satellite embarquera donc 3 instruments dont les mesures permettront de mieux comprendre ces systèmes orageux et d’améliorer les modèles atmosphériques. Les précipitations et les vents de surface seront mesurés par l’imageur micro-ondes Madras, tandis que la répartition de la vapeur d’eau sera déterminée par le sondeur micro-ondes Saphir.
Le radiomètre Scarab quant à lui, évaluera le bilan radiatif de ces systèmes (c'est-à-dire la quantité d’énergie émise sous forme de rayonnement).
« L’orbite de Megha-Tropiques sera plus originale et plus efficace que celle de ses prédécesseurs, explique Didier Renaut. Il sera placé à 20° d’inclinaison et 867 km d’altitude. Cela permettra d’obtenir une bonne couverture de la ceinture intertropicale, et surtout de survoler plus souvent les zones à observer, jusqu’à 6 fois par jour. »
En janvier 2009, une conférence internationale réunira en Inde des scientifiques du monde entier qui se pencheront sur la façon d’exploiter les données de Megha-Tropiques. Car au-delà des prévisions à court terme, poursuit Didier Renaut, « ces données permettront également d’affiner les modèles de prédiction climatique, en particulier en ce qui concerne les précipitations ».
