Variation de l'accélération de la pesanteur par l'évapotranspiration

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Une équipe constituée de chercheurs issus de l'Observatoire royal de Belgique, du laboratoire Littoral, Environnement et Sociétés (LIENSs, CNRS / Université de la Rochelle), du Laboratoire de recherche en géodésie (LAREG, IGN) et des universités de Mons, de Liège et de Louvain-la-Neuve (Belgique) vient de mesurer les variations infimes de l'accélération de la pesanteur causées par l'évapotranspiration des arbres, ce qui constitue une première mondiale quant à la mesure directe de ce phénomène. Ces mesures de la pesanteur ont permis d'estimer les quantités d'eau perdues les jours ensoleillés de juin par la forêt qui surplombe la station de Membach près d'Eupen en Belgique.

La forêt, 48 mètres au-dessus de la station géophysique de Membach, dans l'est de la Belgique. © Michel Van Camp, Observatoire royal de Belgique

Lors des journées d'été ensoleillées, les sols et les arbres relâchent par évaporation et transpiration une quantité importante d'eau dans l'atmosphère, un processus appelé "évapotranspiration". Proche de zéro la nuit, l'évapotranspiration s'accroît fortement au lever du soleil, atteint son maximum à midi puis diminue au coucher de l'astre du jour. La quantité d'eau perdue ainsi par la végétation est très difficile à mesurer. Il est pourtant primordial de la connaître pour la gestion des écosystèmes et des ressources en eau et pour la modélisation des climats.

Le gravimètre à supraconductivité, installé à l'extrémité d'une galerie longue de 140 m et excavée sous la Forêt ducale ("Hertogenwald"), entre les barrages d'Eupen et de la Gileppe. © Marc Seil, Université de Luxembourg

Chaque arbre rejette dans l'atmosphère par évapotranspiration plusieurs centaines de litres d'eau par jour, occasionnant une perte de masse. Afin d'estimer cette perte de masse, des chercheurs français et belges ont mesuré, pour la première fois au monde de manière directe, entre 2005 et 2014, les variations de l'accélération de la pesanteur qu'elle avait engendrée, en utilisant un gravimètre à supraconductivité installé à la station géophysique de Membach, près d'Eupen en Belgique.

Baisse moyenne, entre 2005 et 2014, de l'accélération de la pesanteur liée à l'évapotranspiration de la forêt autour de la station de Membach, lors des journées ensoleillées de juin.

Les variations de l'accélération de la pesanteur (g = 9.81 m/s²) que les chercheurs ont ainsi pu estimer sont inférieures au nanomètre par seconde au carré, soit au dixième de milliardième de g (10-10 g).

En interprétant ces variations de la pesanteur, les chercheurs ont trouvé que la forêt qui surplombe la station de Membach rejette en moyenne dans l'atmosphère l'équivalent de 1.7 litre d'eau par mètre carré chaque jour ensoleillé du mois de juin.

Cette étude est le fruit d'une longue collaboration entre l'observatoire Royal de Belgique, les universités de La Rochelle, de Liège, de Mons et Paris Diderot, l'université Catholique de Louvain et l'Institut national de l'information géographique et forestière français (IGN).

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cisou9

La mesure est certainement juste, mais je ne vois pas l'intérêt pratique de mesurer cette variation de 10^-10 de G ? :_grat2: _

VI
Victor

La mesure en gravité ultra précise,elle est surprenante cela pour connaitre la masse d'eau évaporée dans une forêt

FJ
FJD

Bonjour,

Comme dit wikipedia (qui je l'accorde volontiers n'est pas la vérité absolue) :

Le champ de pesanteur est le champ attractif qui s'exerce sur tout corps doté d'une masse au voisinage de la Terre1 ou d'un autre astre. Il est généralement appelé plus simplement pesanteur1. Il s'agit d'un champ d'accélération et, pour les besoins pratiques, la Conférence générale des poids et mesures a défini en 19012,3 une valeur normale de l'accélération de la pesanteur, notée g0 ou simplement g, égale à 9,806 65 m/s2, soit approximativement 9,81 m?s-2 (ou 9,81 N/kg). Cette valeur est établie à l'altitude 0, sur un ellipsoïde idéal approchant la surface terrestre, pour une latitude de 45°.

Pardon de l'extrait, mais il est essentiel à la démonstration :

"g égale à 9,806 65 m/s2"

C'est la meilleure valeur connue.

Toutes les mesures s'accordent a dire qu'ensuite il y a trop de pollution pour une meilleure précision.

Et là, les belges ont une précision à 10^-10. :lol3:

Ça vous choque pas ?

On est sur techno-science ou sur ça m'intéresse ? :porte:

FJD.

VI
Victor

Ce n'est peut être pas une mesure absolue de la valeur de g mais une mesure relative
dans ce cas ce qu'ils mesurent ce ne sont que des variations de la pesanteur en m/s²

FJ
FJD

OK.

Donc tu penses possible de déterminer une variation à 10-10 d'une valeur dont la meilleure précision connue est à 10-5. :siffle:
je dit whaou. Même plus : respect. :jap:

Comme si tu voulais déterminer une variation au gramme près d'un destroyer de 1000 tonne, avec une connaissance de son poids à +/- 1 tonne et un instrument gradué aussi en tonnes. :yxt: :fada:

J'aimerais bien que d'autres scientifiques que ce groupe de Belges aient des instruments aussi performants que ce que tu le suggère ici. :love:

Pour édifier la communauté et moi même par la même occasion, je serais très intéressé de connaitre la procédure que tu recommande pour arriver à ce type de résultat. Et je déposerais ensuite une communication aux Poids et Mesures pour imposer cette nouvelle approche dans tous les domaines nécessitant une précision absolue. :clapclap:

Je suis sur qu'a nous deux on va révolutionner la science. :pet:
et avec un troisième dans notre bande (un communiquant averti) on pourrait même devenir RICHES !!! nan ? :bieres:

FJD

VI
Victor

Primo pourquoi me tutoyez vous ? à que je sache on n'a pas gardé les vaches ensemble
Secundo je parle de phénomènes relatifs de mesures différentielles
Il est assez commun de faire des mesures sur des phénomènes
à partir d'autres phénomènes qui sont corrélés au premier phénomène
Je sais des mesures faites qui n'ont rien de mesures absolues
C'est quasi toutes les méthodes de mesures appliquées à la physique

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bongo1981

FJD
Donc tu penses possible de déterminer une variation à 10-10 d'une valeur dont la meilleure précision connue est à 10-5. :siffle:
je dit whaou. Même plus : respect. :jap:

Je dirais que ça se fait assez couramment en physique. Et ça ne me choque pas, il y a une différence entre faire une mesure brute absolue, avec une très grande précision, et simplement mesurer une variation d'un objet.

Par exemple en 1989, quand COBE a mesuré les fluctuation du CMB, l'appareil avait une précision de l'ordre du 10ème de K, et pourtant les fluctuations sont de l'ordre du 100 000ème (grâce à un appareil FIRAS de mesure différnetielle).

De même plus récemment, LIGO a bien mis en évidence le passage d'ondes gravitationnelles dont l'amplitude est de l'ordre de 1e-18 et pourtant... il était exclu de mesurer la longueur des bras (de 3 ou 4 km) avec une précision au femtomètre.

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cisou9

_____________ :_salut:
Effectivement les mesures différentielles précises sont courantes en physique; j'en ai fait en conduction thermiques aux alentours de 50mK. __________ :jap: _______

VI
Victor

Désolé! Mais je crois bien que c'est surtout du vécu de labo