Vérifier sans faille les démonstrations mathématiques par ordinateur

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De nouveaux outils informatiques pourraient révolutionner la pratique des mathématiques en fournissant les démonstrations les plus fiables ayant jamais été produites. Ces outils, basés sur la notion de "preuve formelle", ont été utilisés ces dernières années pour donner des démonstrations presque infaillibles de nombreux résultats importants en mathématiques. Une série de quatre articles écrits par des experts reconnus, et qui vient d’être publiée dans les Notices of the American Mathematical Society, explore des développements nouveaux dans l'utilisation de la preuve formelle en mathématiques.

Lorsque les mathématiciens démontrent des théorèmes de manière traditionnelle, ils présentent leurs arguments sous forme narrative. Ils assument des résultats précédents, ils glissent sur des détails qu'ils pensent que les autres experts comprendront, ils prennent des raccourcis pour rendre la présentation moins pénible, ils font appel à l'intuition, etc. L'exactitude des arguments est déterminée par l'examen minutieux effectué par d'autres mathématiciens, au cours de discussions informelles, lors de conférences, ou dans des articles. Il est important de se rendre compte que les moyens par lesquels les résultats mathématiques sont vérifiés constituent essentiellement un procédé social donc faillible. Quand elle concerne un résultat primordial et bien connu, la démonstration est particulièrement bien contrôlée et des erreurs sont éventuellement trouvées. Cependant l'histoire des mathématiques a connu des résultats faux qui sont restés longtemps non décelés. En outre, pour quelques cas récents, des théorèmes importants exigeaient des démonstrations tellement longues et complexes que très peu de gens ont le temps, l'énergie, et le fond de connaissance nécessaire pour en vérifier l’exactitude par eux-mêmes. Enfin, certaines démonstrations contiennent un code informatique considérable pour, par exemple, vérifier de nombreux cas qu’il serait impossible de contrôler à la main. Comment les mathématiciens peuvent-ils alors être sûrs que de telles démonstrations soient fiables ?

Pour venir à bout de ces problèmes, des informaticiens et des mathématiciens ont commencé à développer le domaine de la preuve formelle. Une preuve formelle est une démonstration dans laquelle chaque inférence logique est systématiquement contrôlée vis-à-vis des axiomes fondamentaux des mathématiques. Les mathématiciens n'écrivent habituellement pas ces preuves formelles parce qu’elles sont si longues et « encombrantes » qu'il serait impossible de les faire vérifier par des mathématiciens humains. Mais on peut désormais obliger des « assistants informatiques » à procéder à ce contrôle. Ces dernières années, ces assistants sont devenus assez puissants pour manipuler des démonstrations complexes.

Dans quelques cas simples uniquement on peut donner un énoncé à l’ordinateur et s’attendre à ce que celui-ci fournisse une démonstration de lui-même. En règle générale, le mathématicien doit savoir démontrer cet énoncé ; la démonstration est ensuite exposée avec la syntaxe spécifique de la preuve formelle, chaque étape étant définie, et c'est cette preuve formelle que l'ordinateur contrôle. Il est également possible de laisser l’ordinateur explorer des mathématiques qui lui soient propres : il est arrivé dans certains cas que la machine propose des conjectures intéressantes qui étaient passées inaperçues aux mathématiciens. Nous sommes peut-être proches d’un temps où nous verrons les ordinateurs, plutôt que les êtres humains, faire des mathématiques.

Les quatre articles de Notices explorent la situation actuelle de la preuve formelle et fournissent des conseils pratiques pour l’utilisation de ces assistants informatiques. Si l'usage de ces aides se répand, ils pourraient changer profondément les mathématiques telles qu'elles sont actuellement pratiquées. Un rêve à long terme serait de posséder les démonstrations formelles de tous les théorèmes centraux des mathématiques. Thomas Hales, un des auteurs, indique qu'un tel ensemble de démonstrations serait apparentée au « séquencement du génome mathématique".

Les quatre articles sont :

  • Formal Proof, par Thomas Hales, université de Pittsburgh
  • Formal Proof - Theory and Practice, par John Harrison, Intel Corporation
  • Formal proof - The Four Colour Theorem, par Georges Gonthier, Recherche Microsoft , Cambridge, Angleterre
  • Formal Proof - Getting Started , par Freek Wiedijk, université de Radboud, Nimègue, Pays Bas

Ces articles paraissent dans l’édition de décembre 2008 de Notices et sont en consultation libre sur le site de l’AMS.

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Khainyan

Tout ce que tu dis est juste Pollux.. et c'est bien ça le problème. Certaine équations (différentielles notamment) non pas de solutions analytique. certes il existe des méthodes numérique permettant une aproximation..mais justement c'est une aproximation. Dans ce genre de système on a besoin de solutions exactes..le moindre "faussage" conduit inévitablement à l'erreur.
Le principe d'indétermination viens aussi poser des problèmes... et ainsi de suite. Bref le truc c'était juste pour illustrer en fait.. s'acharner à savoir si un tel système est résolvable ou pas n'a pas des masses d'interet en soi. Mais si on le dressait on s'apercevrait s'en doute qu'on ne peut prévoir.

CA
Caocoa

Pour moi les maths sont la poursuite d'un Beau transcendantal.

PJ
pjnoel

Je ne nie pas que la relativité soit démontrée et très utile par exemple pour le GPS mais j'ai du mal à voir le rapport entre le passage à la limite d'une variable dans un modèle mathématique et la vitesse de la lumière comme vitesse limite universelle d'une masse accélérée.
Je préfère entendre que l'expérience de Michelson et Morley a prouvé que la lumière se déplace à vitesse constante dans le vide.
Même si je ne comprends pas comment, je préférerais qu'on m'explique que ça a été vérifié expérimentalement par exemple en accélérant des hadrons dans un LHC.
Je me trompe peut-être mais je ne vois pas en quoi le passage à la limite dans une formule mathématique peut être la preuve de quoi que ce soit dans la réalité.
J'étais persuadé que l'infini était un concept abstrait et qu'un modèle en tendant vers l'infini ne pouvait que montrer qu'il avait atteint ses limites dans la description de la réalité.
Est-ce faux ?

CH
chaos140

Voila un site intéressant sur la preuve formel pour ceux qui voudrait tester ou en savoir un peu plus:
https://coq.inria.fr/coq-fra.html

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bongo1981

pjnoel
Je ne nie pas que la relativité soit démontrée et très utile par exemple pour le GPS mais j'ai du mal à voir le rapport entre le passage à la limite d'une variable dans un modèle mathématique et la vitesse de la lumière comme vitesse limite universelle d'une masse accélérée.

La relativité n'a été nullement démontrée. D'ailleurs quelle théorie a été démontrée ? (peut-être doit-on se mettre d'accord sur le terme démontrer, je l'entends au sens mathématique).
La relativité connait des confirmations expérimentales de ses prévisions, mais elle ne sera jamais complètement démontrée ou confirmée (enfin... je m'entends bien avec Karl Popper).

Tu peux poser une question à la théorie de la relativité : pourquoi un objet massif ne peut pas dépasser la vitesse de la lumière.
La relativité répond : parce que sa quantité de mouvement augmente indéfiniment à l'approche de cette vitesse. Ensuite tu peux vérifier cela dans les accélérateurs de particules, en mesurant par exemple les rayons de virages des particules chargées (rayon cyclotron par exemple qui augmente plus vite que la prédiction classique, mais parfaitement conforme aux calculs en relativité).

pjnoel
Je préfère entendre que l'expérience de Michelson et Morley a prouvé que la lumière se déplace à vitesse constante dans le vide.
Même si je ne comprends pas comment, je préférerais qu'on m'explique que ça a été vérifié expérimentalement par exemple en accélérant des hadrons dans un LHC.

Oui mais tu es dans l'observation, tu constates qu'il y a une vitesse indépassable, mais tu aimerais comprendre pourquoi non ?

pjnoel
Je me trompe peut-être mais je ne vois pas en quoi le passage à la limite dans une formule mathématique peut être la preuve de quoi que ce soit dans la réalité.

L'explication, c'est ce passage à la limite (qui ne correspond pas à grand chose sur le plan physique, mais explique que la quantité de mouvement augmente indéfiniment).

pjnoel
J'étais persuadé que l'infini était un concept abstrait et qu'un modèle en tendant vers l'infini ne pouvait que montrer qu'il avait atteint ses limites dans la description de la réalité.
Est-ce faux ?

Si la relativité dit que plusieurs paramètres tendent vers l'infini à l'approche de la vitesse de la lumière, que doit-on conclure ?

  • la relativité est fausse pour les vitesses proches de c ? (ça serait le comble non ? une théorie forgée pour remplacer la mécanique classique pour les grandes vitesses)...
  • l'impossibilité de dépasser tout simplement cette vitesse limite ?
  • faut-il plutôt repenser nos concepts d'espace et de temps, puisque ceux-ci ne se comportent pas du tout comme notre intuition le dicte ?

Les automatismes sont dangeureux :o

CH
chester

Il n'y a aucune preuve formelle que l'on ne puisse pas dépasser la vitesse de la lumière, seulement des théories. Il est possible que notre appréhension du monde, et donc nos axiomes, soient partiellement faux, notamment dans des conditions extremes, même si dans nos expériences les résultats concordent parfaitement.

Pour ce qui est de l'utilité des mathématiques, je n'ai certes qu'un niveau mat sup mat spé, mais tout ce que j'ai appris possède une réelle utilité. Après je ne sais pas si je connais plus de 5% des mathématiques...

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Pollux

chester
Il n'y a aucune preuve formelle que l'on ne puisse pas dépasser la vitesse de la lumière, seulement des théories.

C'est un problème de définition des mots et expressions que l'on emploie.

En mathématique, la "preuve formelle", n'est pas quelque chose ayant un rapport quelconque avec la réalité de l'affirmation.

La preuve formelle d'une impossibilité découle des postulats que l'on se donne dans le cadre d'une théorie.

Si on ne trouve pas d'expériences mettant en défaut les postulats, on ne peut que supposer les postulats vrais et donc admettre la conclusion d'impossibilité.

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bongo1981

Ben...

  • Observation expérimentale : la vitesse de la lumière est la même dans n'importe quel référentiel (Expérience de Michelson-Morley)
  • Considération esthétique : les lois de la physique doivent être les mêmes dans tous référentiels galiléens (il n'y a pas de mouvement absolu)

Einstein répond en prenant 2 postulats :

  • La vitesse de la lumière est invariante dans tous les référentiels
  • Les lois de la physique sont invariantes dans un changement de référentiel galiléen

Il aboutit à une impossibilité de dépasser la vitesse de la lumière, et par la même occasion montre que l'espace et le temps comme nous le concevons est faux, et donc toute grandeur construite sur elle n'est pas un quadrivecteur (les seuls quantités invariantes par rotation dans l'espace-temps, donc par changement de référentiel).
Et la vitesse, quotient de la distance et de la durée n'est pas un quadrivecteur, donc ce n'est pas un objet relativiste.

Faudrait que je finisse ce dossier sur la relativité moi... :larme:

EL
elwahraanii

Michel
Nous sommes peut-être proches d’un temps où nous verrons les ordinateurs, plutôt que les êtres humains, faire des mathématiques.

Une machine ne fait pas de Mathématiques: tout ce qu'un ordinateur peut faire c'est manipuler des symboles plus vite qu'un être humain. Et c'est toujours un être humain qui choisit la liste syntaxique qui a un sens pour lui.
L'essentiel n'est pas tant la réponse (la solution) à un problème, c'est plutôt sa formulation, la question. Et un ordinateur ne pose jamais de question.

VI
Victor

Quoique je me pose la question pour des réseaux de neurones on donne un certains nombre de propriétés, de lois et il sort une loi cohérente sur les objets observés... par exemple on met: animal, 2 pattes, un bec, 2 ailes et le réseau tire la conclusion c'est un ensemble avec des propriétés cohérentes et nous on donne le nom groupe des oiseaux