Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
43° 55′ 43″ Nord

2° 08′ 35″ Est / 43.928492, 2.142945
PaysFrance France
RégionMidi-Pyrénées
DépartementTarn
VilleAlbi
CulteCatholique romain
TypeCathédrale
Rattaché àDiocèse d'Albi (siège)
Début de la construction1282
Fin des travaux1480
Style(s) dominant(s)Gothique
Classé(e) Classé MH
Localisation
France relief location map.jpg

Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi est une église cathédrale de l'archidiocèse d'Albi situé dans le département du Tarn en France. Elle est posée sur un piton rocheux qui domine le Tarn et est l'un des plus grands édifices en brique du monde. Deux siècles auront été nécessaires pour son édification, de 1282 à 1480.

La cathédrale Sainte-Cécile, classée avec la cité épiscopale d'Albi depuis le 31 juillet 2010 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, est aujourd'hui l'une des cathédrales les plus visitées de France. Le siège archiépiscopal est vacant en mai 2010, depuis que Mgr Pierre-Marie Carré est devenu archevêque coadjuteur de Montpellier, dont il doit devenir archevêque titulaire à la succession de Mgr Guy Tomazeau.

Histoire

La cathédrale est précédée de plusieurs édifices. Le premier est daté du IV siècle et est détruit en 666 par un incendie. Un second apparait dans les textes en 920 sous le nom de Sainte-Cécile, la patronne des musiciens. Au XIII siècle, cet édifice disparait au profit d'une cathédrale romane en pierre. Le parc municipal de Rochegude possède quelques restes des arcades de son cloître.

Le 9 mai 1792, l'évêque constitutionnel Jean-Joachim Gausserand de 1791 à 1801 demanda la démolition de la clôture du chœur et du jubé de la cathédrale. Le Directoire du Département du Tarn avait par ailleurs décidé sa destruction pour en terminer avec les superstitions de l'ancien monde. Ému par cette décision, un ingénieur et architecte local, Jean-François Mariès, écrit une lettre le 5 novembre 1792 à Roland, alors ministre de l'Intérieur :

" Monsieur le ministre, je m'empresse de vous avertir que la hache de la destruction est prête à frapper la belle cathédrale d'Albi, qui est un des plus magnifiques monuments que la piété des hommes ait élevés dans le moyen âge à la gloire de l'Être Suprême. Déjà les funestes formalités sont remplies pour la démolir et pour livrer ces précieux débris au plus offrant. Je les mets, Monsieur le minisire, ainsi que l'édifice imposant qui les renferme, sous votre protection tulélaire, puisque vous avez eu la générosité de joindre au titre de votre autorité, celui de conservateur des monumonts publics. Si nous nous arrogeons ainsi le droit d'anéantir les monuments que nous devons au génie, à la munificence et à la piété respectable de nos anciens, quel droit pouvons-nous avoir nous-mêmes à la stabilité de ceux que les événements mémorables des temps présents vont inspirer et faire surgir ? Je vous prie donc, Monsieur le ministre, d'interposer votre autorité pour empêcher qu'il ne soit porté aucune atteinte à la cathédrale d'Albi, qui est si digne d'être conservée par la sublimité de sa destination et par la majesté que les arts lui ont imprimée en y étalant la magnificence de leurs productions."

Le ministre intervint pour faire arrêter les projets de destruction. Afin de la protéger pour de bon, la cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862.

Dimensions

Plan de la cathédrale

  • hauteur du clocher-donjon: 78 m
  • longueur totale: 113,5 m
  • longueur intérieure: 100 m
  • largeur totale: 35 m
  • largeur intérieure: 30 m
  • hauteur des murs: 40 m
  • hauteur des voûtes: 30 m
  • épaisseur des murs à la base: 2,5 m

Description

cathédrale Sainte-Cécile d'Albi et les toits du vieil albi

Clocher de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

Église fortifiée, et à ce titre symbole du pouvoir temporel de l'Église, elle exprime aussi un renouveau catholique après la crise cathare. Elle a une porte Dominique de Florence et son art est influencé par la renaissance italienne. Son orgue est du XVIII siècle.

Fermée de toutes parts comme un navire de haut bord, la cathédrale d'Albi, contrairement à ses sœurs du nord, ne possède pas de façade ouest monumentale à vocation pédagogique, mais une seule entrée latérale en forme de baldaquin, unique élément extérieur de pierre sculptée dans cet amas de briques. On peut considérer que, quelques années avant la contre-réforme italienne et l'émergence du style baroque qui s'ensuivit, la cathédrale d'Albi présente par le luxe de sa décoration intérieure la première extériorisation d'une contre-réforme probablement inconsciente, exorcisant peut-être l'aventure cathare locale, une cinquantaine d'années après sa très sanglante éradication.

Les fresques

Détail du pilier gauche

Détail du pilier droit

La peinture située sous l'orgue représente le Jugement dernier ; cet ensemble est remarquable par sa surface, par sa qualité et sa disposition en miroir (Création du monde/Jugement dernier). Cette gigantesque peinture du Jugement Dernier (1474-1484) couvrait à l'origine près de 200 m². Peinte à la détrempe, on distingue trois registres : le ciel, la terre et l'enfer où gesticulent les impies dans les compartiments dédiés aux sept péchés capitaux. Cette œuvre fut mutilée au XVIII siècle par l'ouverture, au centre de la paroi, d'un accès à une chapelle située sous le clocher, qui servit de chœur paroissial jusqu'en 1885. Les fresques de la voûte (1509-1512), riches en couleurs et aux dimensions exceptionnelles (97 m de long sur 28 m de large) forment l'ensemble de la peinture renaissance italienne le plus vaste et le plus ancien de France. Ce bleu profond qui tapisse les voûtes au-dessus du chœur est ce fameux « bleu de France » qu'on dit aussi « bleu-roi ». Contrairement à ce qui a longtemps été mentionné dans les guides touristiques, ce bleu ne provient pas du pastel (plante tinctoriale donnant une couleur bleue, cultivée dans la région à la même époque) ; en effet à l'époque, le bleu de pastel n'était exploité que pour la teinture, car on ne savait pas en extraire les pigments et les utiliser sous forme de peinture. Lors de prélèvements au niveau de la voûte de la nef, on a pu établir que cette couleur avait été obtenue à base de lapis lazuli et d'oxyde de cuivre ; c'est sans doute le choix de matériaux de qualité qui explique le très bon état de conservation de la voûte.

Le grand chœur de style gothique flamboyant 1545 - 1585

L'étonnante clôture de chœur ou jubé (fin XV) de style flamboyant est ornée d'une statuaire polychrome sculptée par les ateliers bourguignons de Cluny, d'autant plus précieuse que la plupart des jubés ont été détruits ; il n'en reste qu'une dizaine en France. Eglise Sainte Madeleine à Troyes (Aube), Saint Etienne du Mont à Paris, Notre Dame de l'Epine (Marne), Châteauneuf du Faou, Saint Fiacre (Morbihan), La Chaise Dieu, Arques la Bataille (Seine Maritime), Saint Pierre le Jeune à Strasbourg ...

Notons aussi à l'intention des musiciens, que la cathédrale d'Albi est l'une des rares églises et l'unique cathédrale dédiée à leur sainte patronne…

L'orgue

La nef et l'orgue de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi

L'orgue de Moucherel, offert par l'archevêque Armand Pierre de La Croix de Castries, réalisé au XVIII siècle, contribue à la décoration de l'édifice, car il s'agit bien ici non seulement d'un instrument mais aussi et beaucoup plus qu'ailleurs, d'un décor, en raison de son peu de profondeur. Le nombre de jeux de l'orgue est étonnamment réduit par rapport à la taille de son buffet, de 16,40 m de largeur pour 15,30 m de hauteur.

La cathédrale d'Albi recèle dans les trompe-l’œil (façon marbre veiné à l'intérieur de multiples losanges) de son triforium sud, un ensemble étonnant, illisible de la nef, d'anamorphoses érotiques.

Pour approfondir

Bibliographie

  • (fr) Marie-Anne Sire, La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, Monum, Éditions du Patrimoine, 2002,
  • (fr) Les prêtres de la paroisse, Basilique Sainte-Cécile, Albi, Coll. As de cœur, éd. la S.A. des cartes postales APA ROUX, Albi 1992,
  • (fr) Jean-Louis Biget et Michel Escourbiac, "La cathédrale Sainte-Cécile",ISBN 2-909478-05-X, 1998, nouvelle édition,2007 (version anglaise," The cathedral of Saint-Cecilia", 2007).
  • (fr) Jean-Louis Biget - La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi. L'architecture - pp.20-62, dans Congrès archéologique de France. 140 session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Jean-Louis Biget, Y. Carbonell-Lamothe, M. Pradalier-Schlumberger - Le chœur de la cathédrale d'Albi - pp.63-91 - dans Congrès archéologique de France. 140 session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Marcel Durliat - Le Jugement dernier de la cathédrale d'Albi - pp.92-101 - dans Congrès archéologique de France. 140 session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Bruno Tollon - Les peintures de la cathédrale d'Albi - pp.102-115 - dans Congrès archéologique de France. 140 session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985
  • (fr) Bruno Tollon - Les décorations des chapelles de Sainte-Cécile d'Albi - pp.116-121 - dans Congrès archéologique de France. 140 session. Albigeois. 1982 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1985