Chirurgie
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Introduction

La chirurgie est une technique médicale consistant en une intervention physique sur les tissus, notamment par incision et suture. Un médecin spécialisé dans cette discipline est un chirurgien. Un acte médical pratiqué par un chirurgien est une opération chirurgicale (Une opération chirurgicale est un acte médical qui consiste le plus souvent à extraire une structure ou à atteindre un organe à traiter après incision sur un...).

L'Histoire

Étymologiquement, la chirurgie (La chirurgie est une technique médicale consistant en une intervention physique sur les tissus, notamment par incision et suture. Un médecin spécialisé dans cette discipline est un chirurgien. Un acte...) est pratiquée par les chirurgiens et peut être définie par la pratique du soin par l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) des mains : vient du grec χειρουργια (kheirourgia) χειρ (kheir) [mains] et εργον (ergon) [travail]. Cette pratique existe depuis la Préhistoire avec la pratique de la trépanation, et a considérablement évolué au fil du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.).

Le développement et les progrès de la chirurgie ont été influencés par de nombreux événements, mais pendant très longtemps les chirurgiens ont été relégués dans une caste inférieure parmi les soignants, et leur exclusion des études médicales a été très néfaste pendant plusieurs siècles. Ce n'est véritablement qu'au XIXe siècle que les grands progrès arrivent en fonction du besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les...) sanitaire, du type de blessure (Une blessure est une lésion, physique ou psychique, faite involontairement ou dans l'intention de nuire.) et du contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu traditionnellement de...) politique, religieux et technologique.

En occident (L'Occident, ou monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe. L'extension de l'espace considéré a varié au...), au Moyen Âge, les médecins sont des clercs et non des laïcs. Certains occupent même de hautes fonctions ecclésiastiques. Le mariage leur étant interdit par l'Eglise, il ne peuvent donner des soins aux femmes (d'où la nécessité de sages-femmes et d'accoucheurs). De plus, ils ne peuvent exercer la chirurgie car « Ecclesia abhorret a sanguine » (l'Eglise a horreur du sang). Et enfin, un médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il est chargé de soigner les maladies, pathologies, et blessures de ses patients. Son métier est intimement lié...) n'a pas le droit d'exercer une profession manuelle pour en tirer profit. Pour cette raison, les actes chirurgicaux leur sont aussi interdits.

Ceux-ci sont donc assurés par les barbiers, qui en plus des coupes de cheveux, des bains et des étuves, traitent les plaies, incisent les abcès (Un abcès est une accumulation locale de pus après nécrose dans une cavité néoformée. Un abcès superficiel peut présenter des symptômes comme rougeur, douleur et...), pratiquent les saignées... après diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation,...) d'un médecin.

La pose de ventouses est du ressort de la matrone et celle du clystère de l'apothicaire.

Lorsque Marie-Thérèse d'Autriche, l'épouse de Louis XIV, a un abcès à l'aiselle, Daquin, médecin du roi, s'opposa à ce que Dionis, le chirurgien, pratique une incision, ce qui aurait empêché l'abcès de s'ouvrir dans la poitrine. La reine en meurt.

Puis Louis XIV est atteint d'une fistule (Une fistule est un abouchement anormal d'une cavité dans une autre au cours d'un processus évolutif pathologique. On la distingue des malpositions d'organes, ou des malformations anatomiques.) anale en 1686, et les tentatives médicales ne donnent aucun résultat. Il fait alors appel à son chirurgien, un dénommé Felix Tassy qui le guérit, ce qui permet de redonner un crédit aux chirurgiens par rapport aux médecins.

Jean Pitard, un barbier renommé, obtient du prévôt de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de la Seine...), Etienne Boileau, l'autorisation de former une corporation indépendante, sous la direction de six jurés, afin de faire passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) des examens à tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) barbier désireux de pratiquer la « cyrurgie ». C'est une levée de bouclier de la corporation des barbiers et de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant...), sous la direction de son doyen, Guy Patin. Un arrêt de 1660 annule la création de la corporation des chirurgiens.

Lesquels demandent à revenir dans la corporation des barbiers et à se soumettre au premier barbier du roi, Retz de Villeneuve.

Mais Louis XIV s'y oppose et exige que ce soit Félix Tassy, son premier chirurgien qui obtienne le poste.

Une chaire de chirurgie est créée au Jardin des plantes de Paris et confiée à Dionos. Avec l'appui du roi, les premiers chirurgiens (Mareschal, Lapeyronie, Lamartinière) obtiennent cinq places de professeurs nommés par le premier chirurgien.

Colère de la Faculté de Médecine, qui défile alors dans les rues de Paris, exigeant de nommer elle-même ces professeurs et assiège ses portes. Mais la foule vient en soutien à la Faculté de Chirurgie et les médecins doivent se sauver après avoir été battus, arrosés de pots (POTS est un sigle anglais qui signifie Plain Old Telephone System que l'on peut traduire en français par le bon vieux téléphone. Dans certains pays on parle de réseau fixe ou de téléphone fixe. Il s'agit en fait des...) de chambres, hués et humiliés.

À partir de ce moment, les chirurgiens obtiennent même qu'on leur livre les cadavres nécessaires à leurs études sans devoir en réclamer à la Faculté de Médecine. Malgré cela, leur nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) est insuffisant et certains sont volés dans les cimetières ou achetés directement aux bourreaux, ce qui provoque de nouvelles batailles avec la Faculté de Médecine, qui n'hésite pas à faire intervenir des huissiers pour récupérer les corps ou à provoquer de sanglantes batailles.

À la révolution, la différence entre chirurgien et médecin est abolie. Il n'y a plus qu'un enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais de communication verbale...) unique comprenant la médecine, la chirurgie et les accouchements.

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