La réhabilitation respiratoire est une technique médicale qui s'adresse à l'ensemble des malades atteints de pathologies respiratoires chroniques (insuffisance respiratoire, broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), bronchite chronique, emphysème, asthme, dilatations des bronches, syndrome d'apnée du sommeil, etc.).
Cette méthode s'inscrit dans la durée et nécessite le savoir faire d'une équipe pluridisciplinaire. Son efficacité a été essentiellement démontrée pour la BPCO dans ses formes modérées et sévères.
Les objectifs physiopathologiques et cliniques sont :
Le terme réhabilitation est parfois indifféremment remplacé par rééducation ou rééadaptation. Ce qui signifie pour un membre du corps, de retrouver un état physique antérieur ou meilleur. Or, dans le domaine respiratoire, il est difficile de retrouver un état initial, par exemple de restaurer un poumon. En termes d'organes, seule la stabilisation est possible. Ou bien, en voyant plus loin que l'organe, la thérapeutique peut considérer l'individu dans sa globalité et lui apprendre à mieux vivre physiquement et moralement avec ce handicap. C'est la réhabilitation.
« La réhabilitation c'est donner de nouvelles habilités. A défaut de réadapter le poumon, la médecine pallie les retentissements systémiques d'une maladie respiratoire devenue chronique. Par exemple la réhabilitation optimise le fonctionnement du muscle périphérique, améliore les comportements de santé des malades, diminue la dyspnée, améliore la tolérance à l'effort donc la qualité de vie. » Pr. C. Préfaut.
Hippocrate (460 – 377 avant JC) déjà démontrait que l'activité physique avait une action préventive et curative sur certaines pathologies en particulier respiratoire. Gallien (129 – 201) affinera ces thèses.
Pour F. Lagrange (1845-1909), le rôle de l'activité physique (la médication par l'exercice) dépasse le domaine de la prévention avec un rôle thérapeutique dans la guérison ou l'amélioration des maladies confirmées. Il insiste sur la nécessité préalable d'une évaluation.
L'utilisation moderne de l'activité physique comme thérapeutique dans les maladies respiratoires remonte à la période des épidémies de tuberculose, et s'est affirmée avec la multiplication des maladies respiratoires chroniques invalidantes, en particulier en relation avec le tabac.
On compte, en France 4 millions de BPCO, 500 000 sévères et 50 000 oxygénodépendants.
La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est aujourd’hui la 2ème maladie respiratoire après l’asthme et la 6ème cause de mortalité en France. Elle sera la 3ème cause de mortalité dans le monde en 2020. Sa cause première et principale est le tabac, dont les méfaits ne se réduisent donc pas au seul cancer du poumon.
Résultats des programmes de réhabilitation chez le patient BPCO en termes d'Evidence Based Medicine (médecine fondée sur les preuves)
Critère et niveau de résultat :
A : niveau de preuves fort : nombre d'études suffisant, tous les résultats sont concordants
B : niveau bon : le nombre d'études n'est pas encore suffisant ou certaines d'entre elles sont partiellement contradictoires
C : niveau moyen : nombre d'études insuffisant, avis d'expert.
D'autres résultats sont obtenus en fonction des facteurs pronostiques, même si pendant longtemps le seul était le volume expiratoire maximal par seconde (VEMS). Il y a aussi la force musculaire, le nombre annuel d'exacerbations, et l'index BODE (Body Mass Index (Indice de Masse Corporelle), Obstruction (VEMS), Dyspnoea (Dyspnée), Exercise capacity (Test de marche de 6 minutes) : l'index BODE est un index pronostique dont la somme des scores reflète la sévérité de la maladie.
Quant à la survie du patient, c'est une question délicate. Le but de la réhabilitation est d'améliorer la qualité de vie des patients pendant les années qu'il leur reste à parcourir. Certes, les études transversales montrent que le nombre de survivants est plus important dans les groupes actifs que dans les groupes contrôles. Mais les statistiques ne permettent pas de conclure à ce jour.