Superphénix
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Introduction

Superphénix

Superphénix est le nom du réacteur nucléaire de l'ex-centrale nucléaire de Creys-Malville sur la commune de Creys-Mépieu, dans l'Isère. Superphénix (Superphénix est le nom du réacteur nucléaire de l'ex-centrale nucléaire de Creys-Malville sur la commune de Creys-Mépieu, dans l'Isère. Superphénix est un...) est un prototype français de réacteur (Un réacteur peut désigner :) à neutrons rapides et à caloporteur sodium (Le sodium est un élément chimique, de symbole Na et de numéro atomique 11. C'est un métal mou et argenté, qui appartient aux métaux alcalins. On ne le trouve pas à...) faisant suite aux réacteurs nucléaires expérimentaux Phénix et Rapsodie.

Historique

Deux postulats ont mené à la construction de Superphénix : l'anticipation (Au sens général du terme, une anticipation correspond à une phase où sont développées des idées qui n’apparaîtront effectives — sous la forme de techniques, de...) d'une croissance soutenue des besoins énergétiques et l'existence d'un stock limité d'uranium (L'uranium est un élément chimique de symbole U et de numéro atomique 92. C'est un élément naturel assez fréquent : plus abondant que l'argent, autant que le molybdène ou l'arsenic,...) naturel. Dans un tel scénario, seuls les réacteurs surgénérateurs (dont la filière (Une filière est une suite de formalités, d'emplois à remplir avant d'arriver à un certain résultat: la filière administrative.) à neutrons rapides) apparaissent durables.

En avril 1976, le premier ministre français Jacques Chirac autorise la société NERSA à passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) commande (Commande : terme utilisé dans de nombreux domaines, généralement il désigne un ordre ou un souhait impératif.) de Superphénix.

Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande...) de la centrale de Superphénix est le fruit (En botanique, le fruit est l'organe végétal protégeant la graine. Caractéristique des Angiospermes, il succède à la fleur par transformation du pistil. La paroi de l'ovaire forme le péricarpe du fruit et...) d'une collaboration internationale entre EDF (51%), la société italienne (Italienne est le nom communément utilisé pour le cordage servant a manœuvrer un enrouleur. Il s'enroule sur un tambour quand on déroule la voile, et on tire dessus pour enrouler la voile.) Enel (Enel (Ente Nazionale per l'Energia Elettrica) est la société nationale italienne d'électricité, principal producteur d'énergie électrique du pays. Créée en 1962 lors de la nationalisation de l'ensemble des...) (33%) et la société allemande SBK (16%). À l'origine, un réacteur devait être construit dans chaque pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous...) partenaire mais, suite à des pressions politiques, seul Superphénix a vu le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit...).

Le 31 juillet 1977, une manifestation contre le projet s'est déroulée à Creys-Malville, ce fut l'une des plus importantes de l'histoire du mouvement antinucléaire (Le mouvement antinucléaire désigne l'ensemble des personnes et organisations (associations, syndicats, partis politiques) qui s'opposent de façon générale à l'utilisation de l'énergie nucléaire. Cette...) français.

Attaque du chantier

Le 18 janvier 1982, une attaque au lance-roquettes visa le chantier de la centrale nucléaire (Une centrale nucléaire est un site industriel qui utilise la fission de noyaux atomiques pour produire de la chaleur, dont une partie est transformée en électricité...) de Superphénix, sans faire de victimes. Les auteurs de l'attentat ne furent pas identifiés, mais, en 2003, Chaïm Nissim, ancien député écologiste de Genève, affirma en être l'auteur et s'être procuré l'arme auprès du groupe du terroriste Carlos via les Cellules communistes combattantes (CCC).

Difficultés

La centrale nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) de Creys-Malville est mise en service en 1985. Elle rencontre des difficultés techniques et administratives (c'est un prototype) qui entraînent de multiples arrêts dont un de trois ans et demi : le 19 janvier 1994, le quotidien Le Monde titre « Après trois ans et demi d'arrêt du surgénérateur, les autorités de sûreté proposent un redémarrage de Superphénix sous conditions. »

Arrêt

À l'arrivée de la gauche plurielle, les Verts ont réclamé l'arrêt et le démantèlement de Superphénix. La Commission de la production et des échanges de l'Assemblée nationale a constaté en avril 1997 que « l'arrêt immédiat du réacteur est, en tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) état de cause, plus coûteux que la poursuite de l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) même grevée d'un faible taux de disponibilité (La disponibilité d'un équipement ou d'un système est une mesure de performance qu'on obtient en divisant la durée durant laquelle ledit équipement ou système est opérationnel par la...) de l'infrastructure ». En outre, le rapport du Sénat conclut, sur bilan de la Cour des comptes, qu'« au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme....), compte tenu des hypothèses d'EDF, retarder l'arrêt de l'exploitation de la centrale jusqu'à la fin de la convention entre les partenaires dans NERSA, soit fin 2000, aurait probablement été globalement neutre sur le plan financier. »

Extraits du rapport du Sénat établi en 1998 :

« Le coût de construction et de fonctionnement de Superphénix a dépassé les estimations initiales. Dans son rapport de janvier 1997, la Cour des Comptes l'a évalué à 60 milliards de francs répartis entre les partenaires du consortium européen NERSA43(*) à concurrence de 51% pour EDF, 33% pour l'électricien (Électricien est le nom donné au métier qu'exercent les hommes de l'art en matière d'électricité. Il est issu du terme électricité, puisque ceux-ci ont en charge la réalisation, la maintenance, la modification...) italien Enel et 16% pour le consortium SBK, qui regroupe les électriciens allemands RWE, néerlandais SEP et belge Electrabel (Electrabel est une société anonyme de droit belge fondée statutairement en 1905. Son nom actuel date de 1990, à l’issue de la fusion des sociétés Intercom, Ebes et Unerg.). En réalité, compte tenu de la valeur de l'électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par une énergie. L'électricité...) fournie au réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on...) par le réacteur, les dépenses s'élèveraient, selon elle, à 40,5 milliards de francs. »

En 1997, Lionel Jospin, premier ministre de la République française, annonce : « Superphénix sera abandonné ». Lionel Jospin ayant pris sa décision, un arrêté ministériel du 30 décembre 1998 a conduit à son arrêt définitif. Les raisons invoquées, influencées par la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) de l'opinion publique, était que le faible prix de l'uranium ne justifiait plus les investissements dans cette filière.

Les frais de dédommagement des actionnaires étrangers de NERSA, déboutée par la décision du Gouvernement français, ont été compensés par des fournitures de courant d'EDF à ces partenaires étrangers entre 1996 et 2000.

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