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Posté par Adrien le Vendredi 29/04/2011 à 12:00
Des enfants génétiquement désobéissants ?

Certains enfants seraient plus enclins à afficher un mépris des règles à différents moments de la période préscolaire. La stabilité de ce caractère dépendrait à 90 % de facteurs génétiques.
Photo: Ethermoon
Chez certains enfants, la persistance ( Persistance (statistiques) Persistance (informatique) en peinture : La Persistance de la mémoire (1931) en médecine : la persistance du canal artériel la Persistance...) du mépris des règles pendant la petite enfance aurait une forte composante génétique, suggère une étude menée par un groupe de psychologues.

Certains enfants sont plus enclins à afficher un mépris des règles, bien des parents pourront en témoigner. La stabilité de ce trait pendant la petite enfance serait largement ancrée dans les gènes, révèle une étude qui vient de paraître dans Behavior Genetics, sous la plume (Une plume est, chez les oiseaux, une production tégumentaire complexe constituée de β-kératine. La plume est un élément caractéristique de...) d'Amélie Petitclerc, Michel Boivin et Ginette Dionne, de l'École de psychologie, et de leurs collègues Daniel Pérusse et Richard Tremblay, de l'Université de Montréal.

Les chercheurs ont évalué l'influence des facteurs génétiques et environnementaux sur le mépris des règles dans un groupe de 597 paires de jumeaux, dont 40 % étaient monozygotes. Grâce à la collaboration des mères, ce trait a été mesuré lorsque les enfants avaient 20, 32, 50 et 64 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) à l'aide d'un questionnaire (Les questionnaires sont un des outils de recherche pour les sciences humaines et sociales, en particulier la psychologie, la sociologie, le marketing et la géographie.) mesurant la fréquence de la désobéissance, l'absence de remords après coup et la répétition du comportement même après punition. La présence de jumeaux monozygotes - de «vrais» jumeaux partageant 100 % de leurs gènes -, et de jumeaux hétérozygotes - qui partagent en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des...) 50 % de leur bagage génétique - a permis aux chercheurs de quantifier la part des gènes et celle de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux...) dans les résultats obtenus aux quatre tests.

Les analyses montrent que, à un temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) donné, la contribution des facteurs génétiques au mépris des règles est relativement modeste. Elle s'établit à 17 % à 20 mois, puis à 34 %, 37 % et 30 % lors des évaluations subséquentes. Par contre, les facteurs génétiques expliqueraient plus de 90 % de la similitude entre les scores obtenus à chaque évaluation. «Bien que les enfants puissent montrer plus ou moins de mépris des règles à différents moments pendant la période préscolaire, certains enfants demeurent plus enclins que d'autres à afficher ce type de comportements, souligne Amélie Petitclerc. Cet aspect plus stable de leur comportement est expliqué en majeure partie par des facteurs génétiques et non par des facteurs environnementaux.»

Souvent associé à d'autres comportements problématiques, le mépris des règles est un comportement perturbateur qui peut perdurer chez l'enfant. Pour cette raison, les chercheurs proposent d'offrir des services ciblés aux familles où les parents ont une histoire de comportements perturbateurs, c'est-à-dire des problèmes persistants de comportements agressifs, conflictuels ou délinquants pendant l'enfance. «Ces personnes risquent de transmettre à leur enfant une prédisposition génétique à adopter de tels comportements, avance Amélie Petitclerc. Les services, qui pourraient commencer pendant la grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce...), auraient comme objectif d'améliorer le milieu de vie (La vie est le nom donné :) familial et les compétences des parents, de les aider à favoriser le développement de leur enfant et de mieux composer avec ses comportements problématiques.»

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Source: Jean Hamann - Université Laval