Croix (symbole)
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Supplice de la croix (gravure de 1596)
Supplice de la croix (gravure de 1596)

Le terme croix vient du mot latin crux qui a le sens de " poteau ", " gibet ", voir " potence ". (voir crucifixion) Le terme grec pour désigner le même objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il est défini par les...) est stauros, dérivé lui de la lettre tau. Mais en latin, le verbe cruciare signifie " torturer ". Le terme perdit son sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive...) morbide avec le culte de la croix par les chrétiens.

Le sens profond de la croix du Christ est ceci : c'est Dieu qui est mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple...) sur la croix. Jésus est le vrai homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...), mais il est aussi le vrai Dieu. Pour l'Église (L'église peut être :), Jésus a vaincu la mort par sa propre mort et résurrection. La croix est un immense acte d'amour et de pardon qui procure la rédemption au genre humain.

Le Robert historique de la langue française donne comme définition :
Du latin crux, crucis, désignant plusieurs sortes d'instruments de supplice : le pal, la potence, la croix. L'usage de cette dernière apparaît à l'époque des guerres puniques

  • (264-141 av. J.C.). Le supplice de la croix était réservé aux esclaves, puis à ceux, malfaiteurs et voleurs, qui n'avaient pas le titre de citoyens romains. Dès Plaute (254-184 av. J.C.), crux est courant en latin et entre dans des locutions proverbiales ; il prend le sens de "torture morale" et, par métonymie**, désigne le tourmenteur.

La langue de l'Église l'utilise pour désigner la croix du Christ (appelée Vraie Croix ou Sainte Croix). Le culte de la croix apparaît chez les premiers fidèles, mais ne figure pas sur leurs monuments avant le Ve s., sinon sous les formes cryptées du T, de l'X ou de l'ancre pour éviter la persécution romaine.

Cet article traduit du numéro de mars/avril 1986 du Bethel Ministries Newsletter donne un très bon descriptif de la signification et de l'histoire de la croix chrétienne.

Origine

Un empereur romain, Constantin le Granddevait se prépare pour une bataille lorsqu'il ressent le besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les...) de recevoir l’aide des dieux. L’histoire raconte qu’il vit dans le ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.) une lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à...) éblouissante en forme de croix ainsi que les mots: " Tu vaincras par ce signe ". L’ayant adopté comme étendard pour son armée, il gagne une série de victoires décisives qui firent de lui le seul maître de l’Empire romain à partir de 324 de notre ère.

À partir de ce moment-là, l'Église romaine devint la religion officielle de l’Empire et acquit rapidement prestige, popularité et puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :). À la même époque, la croix devint le symbole officiel de l’Église. Progressivement, elle orne les monuments religieux, est érigée au sommet des collines et des montagnes, aux carrefours et sur les places publiques. Des milliards de personnes l’accrochent à leur cou (Le cou est la région du corps qui est située entre la tête et le reste du corps (torse ou tronc).) et aux murs de leurs maisons.

Diversité et origine

En réalité, il existe de nombreuses sortes de croix dont seulement quelques-unes sont représentées ici. Celle qui est la plus utilisée dans la chrétienté aujourd’hui, c’est la croix latine, c’est-à-dire la forme de l'instument de torture en bois où fut cloué Jésus le Christ. On utilise une véritable croix pour de nombreux rites. La messe catholique ne peut avoir lieu que si un crucifix est présent sur où à côté de l'autel du sacrifice. La croix est également portée lors des pélérinages, des rassemblements (Cf. la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse qui rassemblent tous les trois ans des millions de jeunes) et lors de cérémonies religieuses. La croix est aussi le signe d'affirmation des chrétiens lorsqu'ils le dessinent sur leur corps au moyen de la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet. C'est un organe destiné...) droite en faisant le "signe de croix". Ce geste très courant et répété au cours de chaque messe. C'est une profession de foi gestuelle qui symbolise leur appartenance au "corps du Christ" que constitue l'Eglise.

Cependant, l’usage de la croix en tant que symbole religieux remonte beaucoup plus loin que l’époque du Christ et n’est donc pas seulement d’origine chrétienne. Cela montre que la croix des Chrétiens est déjà universelle avant même l'arrivée de Jésus. On en a un exemple dans la très ancienne religion indienne. Dans la grotte d’Elephanta, on peut voir une croix au-dessus de la tête d’un personnage. Dans une autre peinture ancienne, le dieu Krishna est représenté avec six bras dont trois tiennent une croix.

Quand les conquistadors espagnols envahirent les Amériques, ils furent surpris de découvrir des croix à usage religieux dans de nombreux endroits. Dans l’ouvrage Curious Myths of the Middle Ages, l’auteur Baring-Gould écrit : “Dans l’État d’Oaxaca [Mexique], les Espagnols s’aperçurent que l’on avait érigé des croix de bois comme symboles sacrés. (…) En Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de l'Europe et de l'Afrique...) du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.), ce même signe était considéré comme symbolique et sacré. Il était révéré au Paraguay (Le Paraguay (en guaraní: Paraguái), ou République du Paraguay pour les usages officiels, est un pays et Etat souverain enclavé d'Amérique du Sud situé dans la partie centrale de ce...). Au Pérou, les Incas honoraient une croix sculptée d’une seule pièce dans le jaspe. (…) Les Muyscas de Cumana croyaient que la croix (…) était dotée du pouvoir de chasser les esprits mauvais; en conséquence, on plaçait les enfants nouveau-nés sous sa protection.” C'est cette sacralité du symbole de la croix qui explique que les Amerindiens ne se défendirent pas lorsqu'ils virent arriver les Espagnols qui brandissaient des croix pour prendre possession de ces nouveaux territoires au nom du Christ Jésus.

Dans d’autres pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste...), la croix était également révérée dans l’Antiquité et on lui attribuait des pouvoirs mystiques. Une encyclopédie (Cyclopædia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature) fait l’observation suivante : “On trouve le signe de la croix comme symbole sacré chez plusieurs nations de l’Antiquité que l’on peut en conséquence qualifier (…) d’adeptes de la croix. (…) Le symbole de la croix semble avoir eu les significations les plus variées. Parfois, il renvoie au phallus [utilisé dans le culte de l'amour], d’autres fois, à Vénus, déesse de l'amour.”

La croix n’était pas un symbole utilisé par les premiers chrétiens, car ils craignaient que ce symbole soit un signe qui les livre plus rapidement encore aux terribles persécutions romaines qui ont ensanglanté les premiers siècles du Christianisme. Le livre (Records of Christianity) déclare: “La croix n’était pas franchement employée dans la décoration des églises. (…) Le premier symbole du Christ a été le poisson (Dans la classification classique, les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, pourvus de nageoires et dont le corps est le plus souvent couvert d'écailles. On les trouve abondamment aussi bien en eau douce...) (IIe siècle) car en grec poisson ce dit : IXTYΣ, ou ichtus dont les lettres constituent les premières lettres de Iessou Christos Theou hYios Soter, c’est-à-dire Jésus Christ, Dieu, Fils et Sauveur. De plus le poisson, comme tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) bon Chrétien, a toujours les yeux ouverts et est le seul animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de...) dont la croissance ne s'arrête jamais, à l'image de la foi du Chrétien. Sur les premières tombes sculptées, il est aussi représenté sous les traits du bon berger (Un berger (une bergère) est une personne chargée de guider et de prendre soin des troupeaux de moutons (quand il n'y a pas de complément de nom, il s'agit toujours de troupeaux de moutons), ou par...) (IIIe siècle).” J. Hall (dans son Dictionary of Subjects & Symbols in Art) écrit également: “Après la reconnaissance de la chrétienté par Constantin le Grand, les Chrétiens ne craignant plus les persécutions et encore plus à partir du Ve siècle, la croix commença à être représentée sur des sarcophages [cercueils de pierre], des lampes, des coffrets et d’autres objets.” (C’est nous qui soulignons.) Sir Wallis Budge ajoute (dans Amulets and Talismans) : “La croix ne devint pas le principal emblème et symbole de la chrétienté avant le IVe siècle.”

Il est intéressant de noter également que la croix que Constantin a vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) dans le ciel et utilisée ensuite comme son étendard militaire n’était peut-être pas la croix latine, mais le signe [Graphisme — Caractères grecs] que certains spécialistes identifient au chrisme, le monogramme du Christ (khi et rô, les deux premières lettres du mot “christ” en grec).

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