BOSS: et l'énergie sombre fut...

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La collaboration "Sloan Digital Sky Survey" (SDSS-III) a publié le 30 mars 2012 la mesure la plus précise jamais réalisée de la distance nous séparant des galaxies dans l'Univers profond, obtenant ainsi des informations inédites sur l'époque à laquelle l'Univers a commencé l'accélération de son expansion. Ces résultats, annoncés aujourd'hui dans une série de six articles postés sur le site de preprints arXiv, sont l'aboutissement de plus de deux années de travail de l'équipe de chercheurs et d'ingénieurs de Boss (Baryon Oscillation Spectroscopic Survey), l'un des quatre projets de SDSS-III, auquel participent six laboratoires français du CNRS et du CEA.

L’accélération de l’expansion de l’Univers, dont la découverte a été récompensée par le prix Nobel de physique en 2011, semble résulter de l'effet d'une forme d'énergie inconnue, baptisée "énergie sombre" pour souligner l'incompréhension des scientifiques quant à sa nature. Autre explication possible : la théorie de la Relativité générale d'Albert Einstein ne fonctionne pas aux plus grandes échelles, lorsque l'attraction gravitationnelle semble laisser place à la répulsion gravitationnelle.

Energie sombre ou gravité modifiée ? Pour y répondre, la première étape est de mesurer avec précision la distance qui nous sépare du plus grand nombre de galaxies possibles, et retracer ainsi l'histoire de l'expansion de l'Univers.

Variations de la densité de matière dans l'Univers

Tel est l’enjeu de Boss qui a démarré sa prise de données en septembre 2009, utilisant un spectrographe spécifiquement conçu placé sur le télescope de 2,5 mètres de diamètre de Apache Point Observatory au Nouveau Mexique (États-Unis). Les cartes, analysées dans les articles publiées aujourd'hui, exploitent les 18 premiers mois d'observations de Boss et contiennent plus de 250 000 galaxies. Boss poursuivra sa prise de données jusqu'en 2014 afin d'obtenir plus d'un million de galaxies.

Les cartes de l'Univers, telles celles de Boss, montrent que les galaxies et les amas de galaxies se regroupent sous la forme de murs et de filaments séparés par d'immenses zones vides. Ces structures se sont formées à partir de minuscules variations de la densité dans l'Univers primordial, portant l'empreinte des "oscillations acoustiques de baryons" (BAO), des ondes de pression (acoustiques) qui se sont propagées dans l'Univers primordial.

Des milliards d'années plus tard, l'écho de ces BAO peut encore être retrouvé dans l'Univers. En raison de la régularité de l'espacement initial des BAO, il y a une plus forte probabilité de trouver aujourd'hui deux galaxies séparées de 500 millions d'années-lumière que 400 ou 600 millions.

Le télescope de 2,5m SDSS

Sur un graphe du nombre de paires de galaxies en fonction de leur distance relative, cette échelle de distance magique de 500 millions d'années-lumière apparaît comme un pic, c'est pourquoi les astronomes parlent souvent de "pic BAO". La distance correspondant à celle du pic dépend des paramètres de notre Univers, en particulier de la quantité d'énergie sombre. Mais cette mesure de l'énergie sombre repose sur l’exactitude de la mesure des distances des galaxies. Ce n'est que si les distances sont mesurées correctement que le pic est observé à l'échelle de distance où la théorie prévoit qu'il doit être.

Or Boss a permis de détecter le pic BAO plus clairement que jamais. La combinaison des résultats antérieurs de SDSS avec ces nouvelles mesures pour des galaxies plus lointaines a permis d’obtenir une carte de l'histoire de l'expansion de l'Univers au cours des six derniers milliards d'années avec une précision inégalée.

En plus de fournir des mesures de distances de précision inégalées, les données de Boss permettent aussi de tester la Relativité générale de manière très sensible. Puisque la gravité est attractive, les galaxies tombent vers le centre des amas. La Relativité générale prédit exactement avec quelle vitesse elles devraient tomber. Après prise en compte des effets de l'énergie sombre, les chercheurs de Boss ont confirmé que la vitesse de chute des galaxies dans les amas est conforme aux prédictions d'Einstein. Les physiciens savaient déjà que les prédictions de la Relativité générale sont extrêmement correctes pour des distances au sein de notre système solaire, ils peuvent désormais dire qu'elles le sont encore pour des distances de 100 millions d'années-lumière.

Les cartes de Boss fournissent aussi les meilleures contraintes à ce jour sur la courbure de l'Univers. Einstein avait suggéré que l'espace tridimensionnel pourrait être courbe, à l'instar de la surface d'une sphère. Mais Boss démontre que ce n'est pas le cas - l'Univers est encore plus plat qu'une crêpe !

Tous ces résultats n'en sont qu'à leur début. Depuis treize ans, la constante cosmologique est l'explication la plus simple à des observations très limitées de l'énergie sombre. En réalité, la constante cosmologique en elle-même n'a jamais été testée. Elle est simplement compatible avec les données, mais les chercheurs ne disposent encore que de peu de données et commencent tout juste à explorer.

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cisou9

est conforme aux prédictions d'Einstein. Les physiciens savaient déjà que les prédictions de la Relativité générale sont extrêmement correctes pour des distances au sein de notre système solaire, ils peuvent désormais dire qu'elles le sont encore pour des distances de 100 millions d'années-lumière.

Einstein est toujours le meilleur, même à 100 millions d'AL. :bieres:

AL
alessandro pendesini

Il reste actuellement une indétermination sur les vitesses d’éloignement des galaxies ! En fait nous pouvons seulement observer la vitesse radiale, tout mouvement transversal n’est pas accessible avec les moyens actuels.
Ce qui serait intéressant, c’est savoir si la dilatation de l’espace est uniforme ou isotrope !

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bongo1981

alessandro pendesini
Il reste actuellement une indétermination sur les vitesses d’éloignement des galaxies ! En fait nous pouvons seulement observer la vitesse radiale, tout mouvement transversal n’est pas accessible avec les moyens actuels.
Ce qui serait intéressant, c’est savoir si la dilatation de l’espace est uniforme ou isotrope !

Ben... je dirais que le mouvement transversal se manifeste également par un effet Doppler.
Quant à l'expansion, l'hypothèse est qu'il est uniforme. On construit un modèle d'univers basé sur ces hypothèses, on extrapole et on teste si c'est bon :p

AL
alessandro pendesini

"Ben... je dirais que le mouvement transversal se manifeste également par un effet Doppler"
@Bongo :
Un mouvement transversal ne peut (à ma connaissance) être détecté par l’effet Doppler !

VI
Victor

Transversal ? En rotation... Ben si on peut les étoiles qui fuient sont légèrement plus rouges et les étoiles qui vont vers nous sont légèrement plus bleue, c'est à voir dans la rotation d'une galaxie qui s'éloigne ou qui s'approche

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bongo1981

alessandro pendesini
"Ben... je dirais que le mouvement transversal se manifeste également par un effet Doppler"
@Bongo :
Un mouvement transversal ne peut (à ma connaissance) être détecté par l’effet Doppler !

En physique Newtonienne vous avez raison, mais en physique relativiste, il y a bien un effet Doppler :
f' = f * sqrt (1-v²/c²)

A partir du moment où le temps ralentit dans le référentiel en mouvement, les fréquences augmentent.

WA
waltokran

Bonjour,

Si la question initiale est celle-ci :

L’accélération de l’expansion de l’Univers [...] semble résulter de l'effet d'une forme d'énergie inconnue, baptisée "énergie sombre"[...]. Autre explication possible : la théorie de la Relativité générale d'Albert Einstein ne fonctionne pas aux plus grandes échelles, lorsque l'attraction gravitationnelle semble laisser place à la répulsion gravitationnelle.


Energie sombre ou gravité modifiée ? ...

Pour résumer : est-ce l'accélération perçue aujourd'hui est dûes à l'énergie noire ou à une modification de la TRG ?

Pourquoi donc, un peu plus loin, corrige-t-on les calculs avec cette même énergie noire (dont on ne sait pas grand chose) juste pour pouvoir retomber sur la TRG ?

Après prise en compte des effets de l'énergie sombre, les chercheurs de Boss ont confirmé que la vitesse de chute des galaxies dans les amas est conforme aux prédictions d'Einstein.

Je comprends donc que si on ajoute l'énergie noire, la TRG est valable et nous sommes dans le premier cas.
Mais ! Si on ne prend pas en compte cette même énergie, alors la TRG n'est plus applicable. Et nous sommes dans le second cas.

J'ai l'impression qu'on tourne en rond, et que la réponse n'est toujours pas trouvée, non ? :_grat2:

AL
alessandro pendesini

@Bongo 1981 :

L’effet du mouvement transversal est du second ordre (v2/c2) trop petit pour qu’il soit détectable, alors que l’effet Doppler classique est particulièrement évident.

KA
kace

Tout à fait waltokran, en corrigeant avec l'énergie sombre (ET la matière noire, d'ailleurs), on "vérifie" la relativité générale ... Mais comme toujours, on n'a pas beaucoup avancé : soit la RG est bonne et il faut la matière noire et l'énergie noire, soit il faut modifier la RG, par exemple avec des théories phénoménologiques du type MOND (MOdified Newtonian Dynamics) qui marchent très bien (mais qui sont phénoménologiques : la nature semble vérifier cette loi, mais cette loi est bizarre et on ne la comprend pas ...). Bref, on n'a pas bcp avancé !
Perso, je trouve l'approche MOND assez séduisante et "presque" convaincante, même si tout n'est pas clair pour autant (mais c'est aussi le cas du modèle standard de cosmologie, qui n'est pas clair : nature de la matière noire et de l'énergie noire notamment !).

waltokran
Bonjour,


Si la question initiale est celle-ci :


L’accélération de l’expansion de l’Univers [...] semble résulter de l'effet d'une forme d'énergie inconnue, baptisée "énergie sombre"[...]. Autre explication possible : la théorie de la Relativité générale d'Albert Einstein ne fonctionne pas aux plus grandes échelles, lorsque l'attraction gravitationnelle semble laisser place à la répulsion gravitationnelle.


Energie sombre ou gravité modifiée ? ...


Pour résumer : est-ce l'accélération perçue aujourd'hui est dûes à l'énergie noire ou à une modification de la TRG ?


Pourquoi donc, un peu plus loin, corrige-t-on les calculs avec cette même énergie noire (dont on ne sait pas grand chose) juste pour pouvoir retomber sur la TRG ?


Après prise en compte des effets de l'énergie sombre, les chercheurs de Boss ont confirmé que la vitesse de chute des galaxies dans les amas est conforme aux prédictions d'Einstein.


Je comprends donc que si on ajoute l'énergie noire, la TRG est valable et nous sommes dans le premier cas.
Mais ! Si on ne prend pas en compte cette même énergie, alors la TRG n'est plus applicable. Et nous sommes dans le second cas.


J'ai l'impression qu'on tourne en rond, et que la réponse n'est toujours pas trouvée, non ? :_grat2: