Ce que les pupilles nous disent sur le langage

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Le sens d'un mot est suffisant pour déclencher une réaction de notre pupille: quand nous lisons ou entendons un mot avec un sens associé à la luminositésoleil », « briller », etc.), nos pupilles se rétractent comme si elles étaient effectivement exposées à une plus forte luminosité. Et l'inverse se produit pour un mot dont le sens est associé à l'obscurité (« nuit », « ténèbres », etc.). Ces résultats, publiés le 14 juin 2017 dans Psychological Science par des chercheurs du Laboratoire de psychologie cognitive (CNRS/AMU), du Laboratoire parole et langage (CNRS/AMU) et de l'université de Groningen (Pays-Bas), ouvrent une nouvelle voie pour mieux comprendre le traitement du langage par notre cerveau.

Face à un mot, les pupilles commencent par se dilater (0 – 0.5 s) suite à l'activation générale du cerveau. Quand cette activation initiale est passée, les pupilles se rétractent (0.5 – 2 s). Mais la taille de la pupille est aussi déterminée par la luminosité évoquée par les mots: quand nous lisons un mot avec un sens associé à la luminosité, les pupilles deviennent plus petites que lorsque nous lisons un mot associé à l'obscurité (1 – 3 s).
© Sebastiaan Mathot, université de Groningen.

Les chercheurs montrent ici que la taille des pupilles ne dépend pas seulement de la luminosité des objets observés, mais aussi de la luminosité des mots évoqués par écrit ou à l'oral. Ils suggèrent que des images mentales des mots lus ou entendus sont créées automatiquement par notre cerveau, comme un rond lumineux dans le ciel pour le mot « soleil » par exemple. Cette image mentale serait la raison pour laquelle les pupilles deviennent plus petites, comme si le soleil était vraiment là devant nos yeux.

Cette nouvelle étude soulève des questions importantes. Ces images mentales sont-elles nécessaires pour comprendre le sens des mots ? Ou ne sont-elles au contraire qu'une conséquence indirecte du traitement du langage dans notre cerveau, comme si notre système nerveux se préparait, par réflexe, à la situation évoquée par le mot entendu ou lu ? Afin de répondre à ces questions, les chercheurs souhaitent poursuivre leur expérience en variant les paramètres du langage, en testant leur hypothèse dans d'autres langues par exemple.

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JNem19

Et oui, pas la première fois qu'on voit que le cerveau prend la réalité pour une fiction et la fiction pour une réalité. Tout à apprendre encore quasiment...

VI
Victor

La psychologie, c'est est une chose encore mal comprises,
et pour un humain l'observation d'un objet, d'un phénomène
elle n'est pas objective à 100%,Il y a là-dedans toutes les interprétations
Un peu comme on regarde une œuvre d'art

PE
Pendesinialessandro

Bonjour

"Ces images mentales sont-elles nécessaires pour comprendre le sens des mots ? Ou ne sont-elles au contraire qu'une conséquence indirecte du traitement du langage dans notre cerveau, comme si notre système nerveux se préparait, par réflexe, à la situation évoquée par le mot entendu ou lu ?"....Dit l’article.
Oserais-je imaginer que la réponse se trouve dans la deuxième question ? :rD

-Notre perception d’une pomme, par ex, n’est pas juste fondée sur l’intégration de la forme et de sa couleur, ainsi que sur ses autres caracteristiques visuelles, mais aussi sur l’intégration de ces informations avec celles stockées en mémoire sur l’objet et l’expérience que nous en avons, ainsi que la signification présente, passée et à venir qu’elle a pour nous.
Notre introspection n’est pas toujours fondée. Par définition, nous n’avons pas accès à nos processus inconscients -mais cela ne nous empêche pas de nous raconter des histoires à leur sujet. Lorsque nous cherchons à expliquer nos actes, nous inventons souvent toutes sortes d’explications après coup, sans nous rendre compte de nos vraies motivations inconscientes.

NB -L’idée selon laquelle nous saisissons bien ce qu’il est et ce qu’il fait notre cerveau est une pure fantaisie, même si elle est justifiée par le fait que nous en savons toujours plus que l’année précédente, et plus, bien plus qu’il y a dix ans. Toutefois, des problèmes qui semblent intolérablement mystérieux et insupportablement difficiles pourraient être résolus par la biologie. La question n’est pas de savoir s’ils le seront, mais quand. ;)

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JNem19

Pendesinialessandro
Bonjour


... Par définition, nous n’avons pas accès à nos processus inconscients -mais cela ne nous empêche pas de nous raconter des histoires à leur sujet. Lorsque nous cherchons à expliquer nos actes, nous inventons souvent toutes sortes d’explications après coup, sans nous rendre compte de nos vraies motivations inconscientes.


NB -L’idée selon laquelle nous saisissons bien ce qu’il est et ce qu’il fait notre cerveau est une pure fantaisie, même si elle est justifiée par le fait que nous en savons toujours plus que l’année précédente, et plus, bien plus qu’il y a dix ans. Toutefois, des problèmes qui semblent intolérablement mystérieux et insupportablement difficiles pourraient être résolus par la biologie. La question n’est pas de savoir s’ils le seront, mais quand. ;)

Pour l'inconscient, se souvenir aussi de ce que l'on sait via la neurophysiologie depuis les années 1970, à savoir que nous avons du "firmware" dans le cerveau dont le rôle est de générer du déplaisir dans la monotonie pour nous inciter à explorer notre environnement (au sens très large y compris interne). Il s'ensuit que nous sommes en permanence inondés de propositions de pensées et comportements alternatifs dont le but est de stimuler des centres nerveux (anciens) qui sont des zones de gratifications (zones de "plaisir" disons). Ce schéma a été validé sur 400 millions d'années par des structures cérébrales ayant cet âge, donc notre inconscient n'est plus si mystérieux...