COVID-19: l'ozone pour désinfecter les chambres des patients ?

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L'ozone pourrait-il être appelé en renfort pour désinfecter les chambres qui ont abrité des personnes souffrant de maladies infectieuses, notamment la COVID-19 ? L'efficacité de cette approche n'a pas encore été démontrée dans le cas du coronavirus, mais une étude publiée dans la revue Plos One par une équipe de l'Université Laval suggère que ce mode de désinfection produit des résultats probants pour d'autres types de virus.

Pour faire cette démonstration, la professeure Caroline Duchaine et ses collaborateurs ont utilisé cinq espèces de virus inoffensifs pour les humains. Deux d'entre eux ont toutefois des similitudes avec les virus qui causent la grippe saisonnière et la gastroentérite.

Illustration de coronavirus, similaires à ceux engendrant la maladie COVID-19

«Ces virus ont été mis en suspension, à l'aide d'un nébuliseur, dans une chambre expérimentale rotative de 55 litres, explique l'étudiante-chercheuse Marie-Eve Dubuis. Nous avons ensuite injecté de faibles concentrations d'ozone - environ 1 ppm - dans cette chambre et nous avons recueilli des échantillons d'air après des périodes d'exposition allant de 10 à 70 minutes.»

Les résultats des tests indiquent que l'efficacité de l'ozone varie selon l'espèce virale et selon l'humidité relative dans la chambre expérimentale. «L'humidité est un facteur très important pour la survie des virus, signale l'étudiante-chercheuse. En général, ils détestent l'humidité.»

Pour trois des virus testés, un traitement de 40 minutes à 85% d'humidité réduit de 99% leur abondance dans l'air. Pour les deux autres virus, un traitement de 10 minutes à 20% d'humidité produit le même effet. «Même à faible concentration, l'ozone est un puissant désinfectant contre les virus en aérosol lorsqu'il est combiné à un taux d'humidité adéquat», résume-t-elle.

Deux usages possibles

La professeure Duchaine entrevoit deux usages pour l'ozone en milieu hospitalier. D'une part, dans les hôpitaux où une partie de l'air est recyclée, on pourrait éliminer les virus en suspension en traitant l'air au moment de son passage dans les conduits de ventilation, suggère-t-elle. D'autre part, comme l'ozone est un gaz qui peut s'infiltrer dans les moindres recoins, on pourrait désinfecter à fond l'air et toutes les surfaces d'une chambre qui a été occupée par une personne infectée. «Dans les prochains mois, nous prévoyons étudier l'efficacité de l'ozone contre différents virus dans une enceinte étanche s'apparentant à une chambre d'hôpital.»

Au moment où cette étude a débuté, en 2016, le coronavirus ne faisait évidemment pas partie des préoccupations de la chercheuse. «Nos travaux visaient surtout les norovirus qui causent la gastroentérite, rappelle-t-elle. Nous venions de publier un article qui démontrait que ces virus peuvent se propager sous forme d'aérosols dans l'air des chambres de patients infectés, dans les corridors et même dans les postes d'infirmières. Jusque-là, on pensait qu'ils se propageaient uniquement par contact direct.»

Qu'en est-il du coronavirus ? «On sait que ce virus se propage principalement par l'entremise de gouttelettes émises par les personnes infectées, répond la chercheuse. Toutefois, une étude menée en laboratoire a démontré que les particules virales présentes dans les aérosols conservent leur potentiel infectieux pendant au moins trois heures. Dans les espaces clos ou mal aérés, les aérosols contenant des particules virales pourraient donc se retrouver à une distance considérable des patients infectés et poser un risque potentiel de contamination. Il s'agit toutefois d'une hypothèse qui n'a pas encore été validée.»

Les signataires de l'étude parue dans Plos One sont Marie-Eve Dubuis, Nathan Leblond-Dumont, Camille Laliberté, Marc Veillette, Nathalie Turgeon et Caroline Duchaine, du Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique et du Centre de recherche de l'Institut universitaire en cardiologie et en pneumologie de Québec. L'autre auteure est Julie Jean du Département des sciences des aliments.

PE
Pendesinialessandro

Bonjour
Certains médecins chinois emploient déjà l’ozone pour désenfecter les instruments, chambres etc.. mais aussi comme remède contre le COVID-19 (authohemo thérapy : ozoneconcentration + vitamininfusion) pendant 7 jours. Ainsi que d’autres médecins (USA, italiens, mais pas seulement) utilisent l’ozonothérapie avec de la vitamine C à haute dose, injectée par perfusion, et obtenu des améliorations des conditions cliniques : réduction réactive des protéines C (CRP), stabilisation de la température corporelle, normalisation de la fréquence cardiaque et rénale, amélioration de la saturation et réduction du support d’oxygène….
Néanmoins ces résultats devront être validés par la méthode scientifique, notamment en double aveugle !
Ce qui semble par contre certain, l’ozone –gaz qui peut se répandre partout dans une chambre, qui s’infiltre dans tous les interstices, canalisation d’aération etc…- s’avère être un puissant désinfectant notamment contre certains virus saisonniers et (probablement) aussi contre le COVID-19.
C’est d’ailleurs l’objectif des chercheurs cités dans l’article ; que je remercie et encourage, en passant, pour leur dévouement. :clapclap:

MK
mktime

Bonjour,

J'ai une question sur le texte, vous dites que cela dépend de l'humidité ambiante, mais je pense qu'il serait intéressant de savoir si l'augmentation de l'humidité baisse les performances de l'ozone sur le virus ou bien est-ce que cela baisse les performances de l'ozonateur qui du coup produit moins d'ozone pour la même période.

Car la plupart des ozonateurs fait passer de l'air de la pièce entre 2 plaque avec de la haute tension, d'autres peuvent utiliser de l'oxygene pour créer de l'ozone et dans ce cas pas de perte de performance de production, cela reste indépendant de l'humidité.

Pour trois des virus testés, un traitement de 40 minutes à 85% d'humidité réduit de 99% leur abondance dans l'air. Pour les deux autres virus, un traitement de 10 minutes à 20% d'humidité produit le même effet. "Même à faible concentration, l'ozone est un puissant désinfectant contre les virus en aérosol lorsqu'il est combiné à un taux d'humidité adéquat", résume-t-elle.

Pour le test de la méthode, je suppose qu'il serait difficile aujourd'hui de mobiliser un laboratoire P4 pour tester directement le coronavirus avec l'ozone.
Mais il y a-t-il un autre moyen que le laboratoire de haute sécurité P4 pour tester l'efficacité de l'ozone sur le coronavirus 19 ?

Mickael

TP
tpierre

Bonjour Mickael, Ce sont de bonnes questions que vous posez.
Elles sont résolues depuis de nombreuses années, la communauté scientifique (dont je vais partie) travaille sur ce sujet depuis de très nombreuses années. Un très grand nombre d'articles scientifiques ont traité de la question du taux d'humidité optimal et du temps d'exposition pour l'action virucide de l'ozone concentré. Il existe aussi de nombreux brevets pour la désinfection des chambres d'hôpital par des machines à ozone. Consultez Google Patents sur ce sujet.
Je vous invite aussi à consulter la revue spécialisée professionnelle : Journal of the International Ozone Association, https://www.ioa-pag.org/.
Bien à vous, Thiéry, du Centre National de la Recherche Scientifique, Marseille.

MA
macieira

Il y a une étude de L'université de LAVAL sur le sujet en 2007
"Efficacité de l’ozone gazeux pour le contrôle de phages aérosolisés"
Rédigé par
Marie-Eve Dubuis
Marc Veillette
Caroline Duchaine

Auriez vous une étude sur les effets sur le Covid19 ?