D'où vient notre goût pour la peur ?

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La recherche d'émotions fortes est l'une des raisons de la popularité des jeux vidéo d'épouvante. Image : Frictional Games.

Simon, un jeune homme affligé de séquelles laissées par un accident, participe à une expérience médicale risquée qui le plonge dans une sorte de bunker inquiétant où se trouvent plusieurs créatures lugubres moitié humaines, moitié robots. Simon doit impérativement les fuir pour espérer survivre.

Tel est le scénario de SOMA, un jeu vidéo d'horreur qui connaît une grande popularité depuis sa sortie en septembre dernier. «S'il reprend une stratégie originale du précédent jeu de Frictional Games, Amnesia: The Dark Descent, dans lequel le joueur ne doit pas regarder le monstre s'il veut rester en vie, SOMA fait certes moins peur. Mais il ne nous tient pas moins en haleine et sur nos gardes jusqu'à la fin», mentionne Bernard Perron, professeur au Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques de l'Université de Montréal et grand amateur de jeux vidéo d'horreur.

Qu'est-ce que la peur ? C'est une émotion de défense associée à notre survie. Sans la peur, nous ne pourrions pas nous protéger, fait observer le chercheur. «Devant une menace, elle mène à trois importantes réactions: la fuite, l'affrontement ou la paralysie avant le choix d'une action. Généralement, on fige sur place le temps de réagir et de choisir entre... fuir ou affronter l'ennemi. C'est l'essence même des jeux vidéo d'horreur», dit-il. Les réactions de l'être humain aux fictions ou le goût de l'enfant pour «jouer à faire semblant» seraient le résultat d'un processus cognitif analogue et à l'origine de notre goût pour la peur.

Pas convaincu ? Mettons-nous un instant dans la peau de l'un de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Pour assurer sa survie, il devait partir à la chasse et affronter de multiples dangers. Cette prise de risque était une nécessité pour pouvoir manger. Résultat : l'évolution a favorisé chez Homo sapiens la diffusion d'un «circuit neuronal du risque». Les individus qui en étaient dotés se sont retrouvés les plus à même d'acquérir des ressources alimentaires et ils ont accru leurs chances de survie. Et, par conséquent, celle de leur descendance. Ce circuit neuronal du risque a subsisté jusqu'à nos jours !

Selon le professeur Perron, la recherche d'émotions fortes est d'ailleurs l'une des raisons de la popularité des jeux vidéo d'épouvante. «On ressent des émotions semblables à celles qu'on éprouverait dans la vraie vie si l'on était plongé dans un tel cauchemar. Notre coeur se met à battre plus vite, notre respiration s'accélère et on a les mains moites. Et, puisqu'il s'agit là d'une expérience encadrée de la peur, comme l'a noté la théoricienne du cinéma d'horreur Isabel Cristina Pinedo, on peut y prendre du plaisir.»

L'attrait pour ce type de jeu se comparerait à celui qu'ont certaines personnes pour les activités extrêmes comme le parachutisme ou le saut à l'élastique. Cela s'explique par un phénomène nommé «théorie des processus antagonistes». Une personne qui se lance dans le vide attaché à un élastique ressent pendant quelques instants une poussée d'adrénaline, mais la terreur est ensuite remplacée par une émotion contraire. Elle éprouve un soulagement qui procure un grand plaisir lorsque l'élastique lui sauve la vie. Si la personne fait d'autres sauts, la sensation de terreur diminue chaque fois, mais le plaisir qui suit devient de plus en plus intense. Certains en deviennent même accros.

C'est donc sans surprise que l'épouvante se propage dans le monde vidéoludique. Le phénomène n'est pas récent, rappelle le professeur Perron. L'horreur et l'épouvante, d'abord sous la forme de contes, puis dans la littérature, connaissent depuis toujours un franc succès au cinéma, puisque le septième art représente nos peurs en images et en sons : Dracula, L'exorciste, Le bébé de Rosemary, Amityville, Frissons... Mais la peur se manifeste désormais avec force dans les jeux vidéo depuis le premier Resident Evil en 1996 et l'avènement du genre survival horror. Avec ses effets visuels et sa jouabilité qui vous implique dans l'action, ce type de jeu happe le joueur. «Par le jeu, chacun fait sa propre expérience, note Bernard Perron. La survie du personnage est entre les mains du joueur et par conséquent le résultat repose sur sa capacité à réagir rapidement.»

Spécialiste du jeu vidéo reconnu à l'échelle de la planète, M. Perron a mené plusieurs études sur la façon dont le jeu vidéo récupère les stratégies narratives du roman et la mise en scène de l'horreur au cinéma. Il a dirigé Horror Video Games: Essays on the Fusion of Fear and Play, le premier ouvrage universitaire sur le sujet, et rédigé un essai intitulé Silent Hill: The Engine of Terror, sur cette série terrifiante et hyper populaire. Pour le professeur, la peur est une émotion qui se vit dans la durée et vis-à-vis d'une menace plus ou moins connue qui pèse sur nous. Il compare le cinéma d'horreur à des montagnes russes et le jeu vidéo d'horreur à des maisons hantées. «Contrairement à un manège, la visite de la maison hantée ne se fait pas attachée; elle exige un déplacement, indique le chercheur. Le joueur n'est pas observateur comme au cinéma. Il doit s'aventurer dans les coins les plus sombres afin de résoudre les problèmes s'il veut passer au niveau suivant.»

Une expérience ludique mais souvent très effrayante. Mouahahaha...

VI
Victor

Perso ça m'agace beaucoup dans les films et les séries qui passent à La TV le recours systématique à la peur depuis les histoires de maffia ou de terroristes, tout ça, ça se ressemble beaucoup... Donnez-moi des scénaristes qui ne se copient pas les uns les autres... C'est pareil avec les montres et autres vampires, plutôt marre de ces séries américaines qui répètent les mêmes fantasmes

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cisou9

________ :_salut:
La peur est une compagne que j'ai souvent côtoyé mais si on ne panique pas; je m'en suis toujours sorti.
Pas besoin de films d'horreur; la vie m'a bien servie. :jap:

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POB

La peur est inhérente à la vie, TOUS les animaux ont peur et cela conditionne leur survie. Oh la belle porte ouverte ! Je suis une personne complètement inoffensive mais les oiseaux ont peur de moi. Il m'est arrivé parfois de réussir, à force de patience, à ce qu'ils prennent de la nourriture dans ma main, ce furent des moments très agréables. Les insectes volants ont plus de culot, par exemple les mouches, les moustiques ou les guêpes, mais ils décanillent rapidos quand on les chasse, quitte à revenir très vite. Les poules aussi : mettez du grain au sol et laissez les poules venir, puis tirez-leur des petits cailloux : ce sera du temps perdu, elles reviendront tout de suite pour consommer ce grain. La peur nécessite sans doute des apprentissages, elle en induit d'autres. Ceux qui n'apprennent pas, par exemple les débiles ou les fanatiques, sont probablement moins sujets à la peur.

J'ai pratiqué pas mal de sports dits "à risques" et ce n'est pas fini. Cet été 2015, début juillet, j'ai décollé de Planpraz pour tenter l'aventure d'aller en vol au Mont Blanc et de me poser sur le sommet, sachant que c'est interdit mais c'était permis par l'Italie. Je ne suis pas allée très loin : ma voile a fait un énorme vrac dans un thermique très violent derrière le Brévent et j'ai compris que le vent avait tourné à l'ouest, donc qu'on ne passerait pas le col de Miage. J'ai renoncé à ce vol magique par instinct de survie. Il y a encore eu des morts ce jour-là.

Nous ne volons pas tous en parapente en montagne, heureusement, mais nous nous sommes tous fait des chaleurs dans notre vie d'automobiliste, et TOUS les motards connaissent bien la peur, elle conditionne notre survie et la poursuite de notre passion.

J'ai aussi connu des peurs intenses au long cours dans ma vie d'alpiniste, je crois que c'est la haute montagne qui m'a appris à gérer la peur pour ne pas la laisser prendre le dessus et me mettre en danger. Dans une zone exposée aux chutes de pierres ou de séracs, avoir peur ne sert à rien. Il faut rester lucide et aller vite, sans faire de faute, pour sortir du piège. Dans le ski de haute montagne, on "sent" les conditions et les reliefs à avalanches, c'est une question d'apprentissages. Le piège mortel, ce sont les plaques à vent. Même les meilleurs se sont fait surprendre, alors connaître la neige est une nécessité vitale, après il y a des choix à faire en cas de risque...

Une petite frayeur peut épouvanter des gens fragiles ou ayant un psychisme faible. La peur qui dure c'est autre chose, il faut savoir la dominer pour continuer à vivre. Nos Poilus ont connu ça, mon grand-père n'en parlait jamais. Les Français montaient à l'assaut imbibés d'alcool frelaté ; les Allemands marchaient à la méthamphétamine et plus tard Goering avait lancé la Pervitine, cocktail à base de méthanphétamine pour rendre les troupes d'assaut encore plus performantes. Les Américains l'utilisaient aussi pour stimuler les troupes d'assaut et les aviateurs.

Cela me fait penser au lieutenant Michael Wittmann, l'as des as des chefs de chars de la Waffen SS, qui avait aussi peur que les autres mais qui allait quand même démolir les canons antichars russes avec son Tigre pour permettre à sa compagnie de passer. En 2ans, il avait détruit environ 140 chars et autant de canons antichars, toujours avec la peur aux tripes. Il avalait sans doute lui aussi de la pervitine. C'est un char canadien embusqué qui l'a eu en août 1944, dans la poche de Falaise où la division LSSAH fut complètement anéantie

Les Russes avaient une autre technique : le SMERSH. Les gars qui ne marchaient pas assez vite étaient poussés au cul par les tueurs du SMERSH, et ceux qui s'arrêtaient ou reculaient étaient abattus.

Je lisais cet été le bouquin de Pierre Clostermann, "le grand cirque". Ce fut un des rares pilotes de chasse qui aient survécu à la guerre, le Spitfire MK5 ne faisant pas le poids face au Messerschmitt BF109. Les pilotes qui s'en tiraient étaient les meilleurs en voltige et la chance avait une grande importance. Ceux qui avaient affronté le BF109 avec des Hurricane complètement surclassés, pendant le Blitz et ensuite, ne survécurent pas longtemps.

Vivre avec la peur ce n'est pas une vie mais il faut bien vivre, ce fut depuis la Nuit des Temps le lot de nos ancêtres, qui toujours cherchèrent à diminuer les risques.
Maintenant notre monde est toujours aussi terrifiant mais pas partout, et dans les ilots de paix on a inventé "le principe de précaution". C'est une horreur ce principe, il conduit les gens à ne plus prendre d'initiatives, il aseptise leur existence au point de ne plus exister, il les confine dans une sécurité de bébé dans les bras de maman, il les met en sujétion complète.

Moi je m'en fous, indécrottable rebelle : je vole en parapente en montagne, je descends des couloirs étroits à skis, j'attaque fort en voiture sur les routes de montagne et je continue à garder une vitesse de réaction et un sang-froid qui impressionnent les poltrons revenus à l'état larvaire.
Une petite frayeur de temps en temps ne m'arrêtera jamais.
:bieres:

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cisou9

_____________ :_salut:
J'ai horreur des routes de montagnes mais sur mon voilier par gros temps j'étais parfaitement maitre de mes réactions... ;) ___

VI
Victor

Un truc qu'on ne voit pas en mer c'est les abîmes ou les abysses, dans certains lieux il y a des fonds à -500m voire plus,
la route de montagne c'est l'estimation des distances entre les dimensions de la voiture et la largeur de la route,
De nos jours on fait de très bonnes routes assez larges, les routes étroites tout près du précipice sont rares
je n'ai jamais conduit en montagne et j'ai toujours eu une grande confiance dans les conducteurs