Des amas de galaxies sèment le doute sur l'existence de l'énergie noire

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

L'énergie noire serait une chimère : c'est l'une des interprétations possibles des données issues du satellite XMM-Newton, qui a enregistré les rayons X émis par les amas de galaxie lointains. Une équipe internationale, à laquelle appartiennent des chercheurs de laboratoires CNRS, publie prochainement ces travaux dans la revue Astronomy&Astrophysics.

Image en fausses couleurs des rayons X issus de l'amas lointain RXJ1120,
qui a été observé par le satellite XMM-Newton dans le cadre du XMM Omega project.
Cet amas de galaxies est vu tel qu'il était il y a environ sept milliards d'années,
la moitié de l'âge actuel de l'Univers. © P.Marty, IAS, Orsay.

Les amas de galaxies sont des « rassemblements » qui regroupent plusieurs milliers de galaxies dans un périmètre de quelques millions d'années-lumière. L'une des caractéristiques des amas, mise en évidence par l'observation dans le domaine des rayons X, est la présence de grandes quantités de gaz chaud, à des températures de 10 à 100 millions de degrés. Le pourcentage de ce gaz chaud par rapport à la masse totale reste-il constant d'un amas à l'autre… et d'une époque à l'autre de l'Univers ?

Récemment, le satellite XMM-Newton, de l'Agence Spatiale Européenne, a enregistré les rayons X provenant d'amas lointains et notamment de leurs parties les plus externes (les plus représentatives). Lorsque ce rayonnement a été émis, l'Univers avait à peu près la moitié de son âge actuel, il y a sept milliards d'années environ. Les chercheurs ont comparé la fraction de gaz chaud par rapport à la masse totale dans les amas lointains (anciens) et dans les amas très proches (actuels). Ils montrent que cette fraction n'a guère changé au cours du temps. « C'est très troublant : derrière une banalité apparente, ces observations nécessitent une profonde révision de nos hypothèses, sans que l'on puisse savoir lesquelles exactement » déclare Rachida Sadat.

Comme les données de XMM l'indiquent, les chercheurs ont postulé que la fraction de gaz chaud reste la même dans les amas lointains et les amas proches. Puis ils ont cherché les modèles d'Univers qui vérifient ce postulat. Selon la plupart des cosmologistes, l'Univers serait constitué à 70% d'énergie noire, dont la force de répulsion accélérerait son expansion. Il existe de nombreux arguments, souvent indirects, en faveur de cette énergie. Mais dans cette étude, seul un Univers sans énergie noire permet de vérifier le postulat initial. Ce qui infirmerait l'existence de cette énergie noire. L'année dernière, un résultat toujours obtenu à partir des amas lointains, par une méthode indépendante, avait déjà semé des doutes sur l'existence de cette énergie. La question reste ainsi ouverte.

Les chercheurs envisagent également une seconde interprétation. Les modèles cosmologiques qu'ils ont testés ont la gravitation pour « moteur ». Si d'autres processus astrophysiques sont intervenus dans l'histoire des amas, le test qui infirme l'existence de l'énergie noire n'est plus valide. On sait déjà que le gaz des amas a probablement été réchauffé, peut-être par des particules issues de supernovae. Mais, dans l'état actuel de nos connaissances, ce réchauffement n'a pas été suffisamment énergétique pour modifier notablement la structure des amas. D'autres effets, plus importants, et inconnus, pourraient pourtant avoir eu lieu. Il faudrait alors revoir drastiquement les scénarios de formation des amas, et laisser ainsi la part belle à l'énergie noire.

EL
Elie l'Artiste

Les chercheurs envisagent également une seconde interprétation. Les modèles cosmologiques qu'ils ont testés ont la gravitation pour « moteur ». Si d'autres processus astrophysiques sont intervenus dans l'histoire des amas, le test qui infirme l'existence de l'énergie noire n'est plus valide.

Justement c'est un peu difficile pour mon neurone de la logique. :o

Si l'expansion de l'univers est là depuis les tout début, comment peut-on considérer la gravitation comme moteur principal? Ne serait-ce pas plus logique de voir une force d'expansion agissant en premier lieu? D'ailleurs, j'imagine mal un effondrement gravitationnel pouvant créer une expansion universelle. (Vous remarquerez que j'évite d'employer le terme: "Force de gravité" :o

Si jamais cette force d'expansion était primordiale, il faudrait trouver une autre façon d'expliquer la déformation géométrique de l'espace-temps par la masse; ou du moins expliquer la gravitation autrement. Ne croyez-vous pas?

Amicalement

AD
Adrien

On considère l'expansion comme une impulsion initiale et non une force: plus le temps passe, plus la vitesse d'expansion diminue, contrée par la gravitation qui s'y oppose. C'est comme si je tirais un boulet de canon à la verticale: la gravité va le relantir, puis il va retomber, le boulet n'a eu qu'une impulsion au départ et non une force continue de propulsion.

Mais les dernieres mesures tendent a montrer que l'expansion ne ralentie pas, bien au contraire. Il y aurait donc une "énergie noire" inconnue qui tend a s'opposer à la gravitation, permettant à l'expansion de continuer sur sa lancée sans frein, voire l'accélérer. Ou selon mon analogie c'est comme si le boulet était finalement attiré par le ciel plus fort qu'il ne l'est par la Terre.

EL
Elie l'Artiste

Voilà! On considère l'expansion comme une impulsion du départ; mais comme ce n'est pas le cas, je me demande pourquoi on ne considère pas la possibilité qu'il s'agisse d'une force? Et qu'elle serait, en plus la primordiale puisque l'univers semble prendre de l'expansion depuis les tout début?

Quant à la matière noire, c'est autre chose. Actuellement la matière que nous pouvons "compter" visuellement est d'environ 1 ou 2 % de ce qui devrait justifier que l'univers soit plat; donc 1 ou 2 % de la masse critique. Grosso modo pour arriver à un univers plat, on a besoin de 30% de matière(donc il en manque 28%) pour compenser l'accélération expansionnelle avec 70% d'énergie noire. Ce 28% est cce que nous appelons "Matière noire" et comme la quantité de matière baryonique n'atteindra jamais 30%, on imagine une matière non baryonique possible.

Rien de tout ça n'est prouvé sauf le 1 ou 2 % de matière baryonique (Peut-être en sommes-nous à 4 ou 5% actuellement). Le reste ce sont des supposition pour expliquer l'accélération; enfin je crois. :sarcastic:

Amicalement