Des atomes d’antimatière produits et capturés au CERN

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

L’expérience ALPHA au CERN vient de réaliser une avancée importante dans le développement de techniques pour comprendre l’une des énigmes de l’Univers, à savoir, ce qui différencie la matière de l’antimatière. Dans un article publié cette semaine dans la revue Nature, la collaboration annonce qu’elle a réussi à produire et à capturer des atomes d’antihydrogène. Cette avancée va ouvrir la voie à de nouvelles méthodes pour réaliser des mesures précises sur l’antihydrogène, et ainsi permettre aux scientifiques de comparer la matière et l’antimatière.

L’antimatière – ou plutôt l’absence d’antimatière – reste l'un des plus grands mystères de la science. La matière et l’antimatière sont identiques, mais ont une charge opposée. Elles s’annihilent au contact l’une de l’autre. Lors du big bang, matière et antimatière devraient avoir été produites en quantité égale. Or, nous savons que notre monde est constitué uniquement de matière : l’antimatière semble avoir disparu. Pour découvrir ce qu’il est advenu de l’antimatière, les scientifiques utilisent diverses méthodes qui ont pour but de déterminer si une infime différence entre les propriétés de la matière et celles de l’antimatière pourrait apporter un début d’explication.

L’une de ces méthodes consiste à prendre l’un des systèmes les mieux connus de la physique, l’atome d’hydrogène, constitué d’un proton et d’un électron, et de vérifier si son homologue dans l’antimatière, l’antihydrogène, constitué d’un antiproton et d’un positon, se comporte de la même manière. Le CERN, avec son installation pour antiprotons de basse énergie, est le seul laboratoire au monde où de telles recherches puissent être menées.

Vue générale de l'expérience ALPHA.

Le programme antihydrogène ne date pas d’hier. En 1995, les neufs premiers atomes d’antihydrogène produits en laboratoire l’ont été au CERN. Puis, en 2002, les expériences ATHENA et ATRAP ont montré qu’il était possible de produire de grandes quantités d’antihydrogène, et ainsi ouvert la voie à la réalisation d’études détaillées. Le nouveau résultat d’ALPHA constitue la plus récente des étapes de ce voyage.

Les atomes d’antihydrogène sont certes produits sous vide au CERN, mais ils sont entourés de matière ordinaire. La matière et l’antimatière s’annihilant au contact l’une de l’autre, ces atomes d’antihydrogène ont une espérance de vie très brève. Celle-ci peut toutefois être allongée à l’aide de champs magnétiques intenses et complexes qui permettent de capturer les atomes d’antihydrogène et ainsi d’empêcher qu’ils entrent en contact avec la matière. L’expérience ALPHA a montré qu'il est possible de conserver de cette manière des atomes d'antihydrogène pendant un dixième de seconde, un laps de temps suffisamment long pour pouvoir les étudier. Sur les milliers d’antiatomes produits par l'expérience ALPHA, 38, selon le dernier résultat, ont été capturés suffisamment longtemps pour être étudiés.

« Pour des raisons que l’on ignore encore, la nature a exclu l’antimatière. Il est donc très gratifiant et assez impressionnant de savoir que le dispositif d’ALPHA contient des atomes, neutres et stables, d’antimatière, explique Jeffrey Hangst, de l’Université d’Aarhus (Danemark), et porte-parole de la collaboration ALPHA. Cela nous incite à poursuivre nos efforts pour découvrir les secrets de l’antimatière. »

Toujours dans le cadre du programme antimatière du CERN, l’expérience ASACUSA a mis au point récemment une nouvelle technique pour produire des atomes d’antimatière. Dans un article qui paraîtra prochainement dans Physical Review Letters, la collaboration annonce qu’elle a réussi à produire de l’antihydrogène dans un « piège à étranglement », étape préalable indispensable en vue de la production d’un faisceau. ASACUSA envisage de développer cette technique afin de pouvoir disposer de faisceaux d’intensité suffisante et d’une durée de vie assez longue pour être étudiés.

« Nous disposons désormais de deux méthodes pour produire et finalement étudier l’antihydrogène ; l’antimatière ne devrait donc pas pouvoir conserver ses secrets encore bien longtemps, estime Yasunori Yamazaki, du centre de recherche japonais RIKEN, et membre de la collaboration ASACUSA. Il reste encore du chemin à parcourir, mais nous sommes ravis de constater que cette technique fonctionne aussi bien. »

« Ces résultats représentent des avancées importantes pour la recherche sur l’antimatière, a déclaré le Directeur général du CERN, Rolf Heuer, et tiennent une place importante dans le vaste programme de recherches mené au CERN.

Des informations complètes sur la technique développée par la collaboration ASACUSA seront disponibles une fois l’article publié.

AT
atchoum

Belle avancée.

Question naïve : Est-ce qu'on peut utiliser des antiprotons, que l'on doit savoir produire maintenant en masse pour casser de très gros atomes souvent toxiques et radio-actifs?

JA
Jayxee

Sur l'utilisation spécifique d'un antiproton, je ne saurais pas te répondre, mais dans un cas plus générique, on sait casser des gros atomes par bombardement dans un accélérateur de particule : Pas besoin spécifiquement d'antimatière, un bon gros choc avec une atome à vitesse relativiste et tu arrive a casser n'importe quoi.

En revanche, faut voir que la production en masse, c'est quelques milliers, dizaines de milliers d'atomes...et donc reste quand même un sacré facteur d'échelle avant d'atteindre le gramme (1 neutron/proton c'est de l'ordre de 10^(-27)kg)
Donc on est encore très loin d'une application industrielle de retraitement si c'est à ca que tu pensait...

avatar
pierrelaurent

Réponse à "atchoum" : voir le site "https://fr.wikipedia.org/wiki/Carlo_Rubbia".

Le dernier paragraphe de la bibliographie répond partiellement à la question.
Je cite :

"Carlo Rubbia a également inventé une conception unique pour un nouveau genre de réacteur nucléaire, l’amplificateur d’énergie. Cette conception, dont le principe de fonctionnement est sans risque, combine un accélérateur de particules avec un réacteur nucléaire subcritique qui peut utiliser un élément abondant, le thorium, comme combustible et est surtout à l’abri d’une fusion. De plus, les déchets que produit cet équipement sont dangereux pendant une période beaucoup plus courte que les déchets issus des réacteurs conventionnels, et il est également capable de transformer des déchets à longue période de désintégration produits par des réacteurs nucléaires conventionnels en éléments moins dangereux".

PS : pour fabriquer 1 g de matière (ou d'antimatière), selon la célèbre équation e = m c^2, il faut mobiliser une tranche de centrale nucléaire de 1600 MW pendant presque une journée (exactement 15,6 heures), à supposer que l'on ait un rendement de 100 %.
Ca laisse rêveur...

BAV

VI
Victor

Lorsque tu produis 1 gramme d'antimatière tu produis aussi 1 g de matière et 5 g de déchets du genre neutrons thermiques et particule incidentes du genre Gamma neutrino etc...

AT
atchoum

Merci, pour ces mises au point.

En effet on est loin du compte pour faire ce qu'on veut avec la matière, et
d'autant plus avec l'anti-matière ...

avatar
batman93

Rien a voir, mais ça me plairait de savoir dans quoi travaillent nos posteurs !

avatar
buck

batman93
Rien a voir, mais ça me plairait de savoir dans quoi travaillent nos posteurs !

Je viens d'ouvrir un fil la dessus ;)

JB
jbb92

Est-ce qu'on en sait plus sur l'interaction entre l'antimatière et le champ gravitationnel ?

Pour tenter d'expliquer l'absence d'antimatière dans l'univers, une hypothèse était que l'antimatière générait un champ gravitationnel "inversé" et donc se repoussait.

VI
Victor

Antimatière = Antigravité... C'est un sujet passionnant mais il manque encore des expériences le prouvant

avatar
buck

jbb92
Est-ce qu'on en sait plus sur l'interaction entre l'antimatière et le champ gravitationnel ?


Pour tenter d'expliquer l'absence d'antimatière dans l'univers, une hypothèse était que l'antimatière générait un champ gravitationnel "inversé" et donc se repoussait.

on produit des antiproton et antielectron depuis belle lurette...

NA
namy_yassar

Je pense bien que les chercheurs du cern n'ont rien à dire depuis l'incident du 19/09/2008 sauf des mots qui n'ont aucun sens logique, pourquoi?
J'appelle toute personne logique, de morale saine à me juger si je me trompe et de me raisonner si j'ai tord.
Premièrement: dans les hypothèses déjà admises: la matière et l'antimatière s'annihilent si l'une entre en contact avec l'autre.
Deuxièmement: ils cherchent à résoudre l'énigme de l'apparente disparition de l'antimatière après le Big Bang.
Troisièmement: la matière et l'antimatière étaient présentes après le Big Bang dans l'univers, sans l'existence d'un support de séparation entre matière et antimatière, c'est-à-dire le contact entre les deux est autorisé.
Je pense que l'énigme est résolu pour un élève car pour lui: la quantité de matière était plus élevée que l'antimatière et au fur et a mesure du temps et après chaque contact les deux s'annihilent et il ne reste que la matière. Je pense que l'antimatière évolue en matière, toute matière était une forme de matière primitive non stable (antimatière), la matière primitive (antimatière) évolue rapidement en matière. Dans l'univers il n'y a pas d'antimatière. Après le (Big bang) il n'y avait pas de matière mais uniquement de la matière primitive (antimatière) qui a évolué en matière que nous connaissons. Prenons le cas par exemple de l'anti-hélium et non pas l'anti-hydrogène: si nous réussirons a synthétiser un atome anti-hélium, cette atome évoluera en atome d'hélium en présence de particule électromagnétique (quelque rayon cosmique) et redevenir un atome d'hélium, car la conception géométrique des électrons et de protons est inversée de telle façon a ce que les niveaux énergétiques de chacun finiront a atteindre la stabilité totale.

JB
jbb92

buck


jbb92
Est-ce qu'on en sait plus sur l'interaction entre l'antimatière et le champ gravitationnel ?


Pour tenter d'expliquer l'absence d'antimatière dans l'univers, une hypothèse était que l'antimatière générait un champ gravitationnel "inversé" et donc se repoussait.


on produit des antiproton et antielectron depuis belle lurette...

Oui mais en très petite quantité or à l'échelle atomique l'interaction du champ gravitationnel est négligeable face aux interactions des champs électriques.

avatar
bongo1981

namy_yassar
Je pense bien que les chercheurs du cern n'ont rien à dire depuis l'incident du 19/09/2008 sauf des mots qui n'ont aucun sens logique, pourquoi?

Ce n'est pas très logique ce que tu dis... et je me demande quel est le rapport avec ce que tu dis dans la suite de ton argumentaire.

namy_yassar
J'appelle toute personne logique, de morale saine à me juger si je me trompe et de me raisonner si j'ai tord.
Premièrement: dans les hypothèses déjà admises: la matière et l'antimatière s'annihilent si l'une entre en contact avec l'autre.

C'est une hypothèse admise ou vérifier ? Ou bien est-ce une prédiction théorique ? (Paul Dirac, théorique quantique relativiste avec son équation).

namy_yassar
Deuxièmement: ils cherchent à résoudre l'énigme de l'apparente disparition de l'antimatière après le Big Bang.

oui

namy_yassar
Troisièmement: la matière et l'antimatière étaient présentes après le Big Bang dans l'univers, sans l'existence d'un support de séparation entre matière et antimatière, c'est-à-dire le contact entre les deux est autorisé.

Il faudra que tu me précises cette phrase, parce que je pense qu'elle n'a aucun sens.

namy_yassar
Je pense que l'énigme est résolu pour un élève car pour lui: la quantité de matière était plus élevée que l'antimatière et au fur et a mesure du temps et après chaque contact les deux s'annihilent et il ne reste que la matière.

Ca n'explique rien, puisque tu ne fais que déplacer le problème. Qu'est-ce qui est à l'origine de l'excédent de matière sur l'antimatière ?
Un élève ? mais tu parles de quoi ?

namy_yassar
Je pense que l'antimatière évolue en matière

En terme plus technique et plus scientifique, la matière viole la symétrie CP. (ainsi que d'autres symétries). Procurant un comportement non symétrique de la matière et de l'antimatière.

namy_yassar
toute matière était une forme de matière primitive non stable (antimatière),

Ca reste à prouver.

namy_yassar
la matière primitive (antimatière) évolue rapidement en matière.[

Prouve le.

namy_yassar
Dans l'univers il n'y a pas d'antimatière.

Il n'y en a pas, ou très très peu.

namy_yassar
Après le (Big bang) il n'y avait pas de matière mais uniquement de la matière primitive (antimatière) qui a évolué en matière que nous connaissons. Prenons le cas par exemple de l'anti-hélium et non pas l'anti-hydrogène: si nous réussirons a synthétiser un atome anti-hélium,

Ca c'est une pure affirmation. On synthétise des anti électrons et des anti protons depuis 1940. Donc tu me dis qu'ils doivent se tranformer en matière ?
Dans les accélérateurs de particules on crée tous les jours autant d'électron que d'anti électron. Si les anti électrons se changeaient en électron, ne vois-tu pas un problème de conservation de la charge électrique ?

namy_yassar
cette atome évoluera en atome d'hélium en présence de particule électromagnétique (quelque rayon cosmique) et redevenir un atome d'hélium,

Tu veux bien définir les termes que tu utilises ? Qu'est-ce qu'une particule électromagnétique ?
C'est quoi un rayon cosmique pour toi ?
Pour l'instant ce que tu dis ne sont que des affirmations qui ne sont même pas consistantes...

namy_yassar
car la conception géométrique des électrons et de protons est inversée de telle façon a ce que les niveaux énergétiques de chacun finiront a atteindre la stabilité totale.

bla bla bla.
N'importe quoi, et ça ne veut rien dire.
Tu as quel âge ? tu es dans quelle classe ?

avatar
bongo1981

jbb92
Oui mais en très petite quantité or à l'échelle atomique l'interaction du champ gravitationnel est négligeable face aux interactions des champs électriques.

Il me semble que dans les horloges optiques, on manipule des atomes un par un, et on les lance en l'air à quelques mètres par seconde, les faisant retomber (à cause de champ gravitationnel).

Donc il reste un pas à franchir (si ce n'est pas déjà fait) pour le vérifier.