Des microchips tridimensionnels pour des ordinateurs plus puissants et plus écologiques

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Le monde de l’informatique continue sa course à la puissance. CMOSAIC devrait permettre de multiplier par 10 les capacités de calcul des processeurs centraux, pour une énergie moindre. Le laboratoire de recherche d’IBM s’est joint à l’EPFL(Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) et à l’EPFZ dans ce projet d’envergure nationale, sponsorisé par le Fonds national via son programme Nano-Tera.ch.

Des microchips tridimensionnels, refroidis de l’intérieur par des canaux aussi ténus qu’un cheveu et remplis de liquide réfrigérant. Telle est la solution que développent actuellement des chercheurs de l’EPFL et de l’EPFZ pour assurer la future montée en puissance des ordinateurs. Le projet CMOSAIC, dirigé à Lausanne par John R. Thome, vise à développer des processeurs 10 fois plus puissants, avec autant de transistors au centimètre cube que de neurones dans un même volume de cerveau. Une densité encore jamais atteinte. IBM vient de signer un partenariat pour se joindre à l’aventure. Son laboratoire zurichois travaillera aux côtés des chercheurs des écoles polytechniques.

Il y a quelques années, nos ordinateurs ne disposaient que d’un seul coeur, qu’il fallait doper pour assurer la montée en puissance. Pour le coup, les machines faisaient office de véritables chauffages centraux. Or passé les 85° C, les composants électroniques deviennent instables. Comment contourner cette limite physique? La parade était trouvée avec la technologie des cœurs multiples: une même puce abrite plusieurs processeurs, qui se partagent les tâches. Aujourd’hui, la plupart des ordinateurs grand public arborent fièrement les étiquettes « dual core » ou « quad core ». Mais à terme, cette solution est elle aussi condamnée à buter face aux mêmes limites physiques.

Le processeur tridimensionnel reprend l’idée des cœurs multiples. Mais ces derniers sont empilés les uns sur les autres, plutôt que disposés côte à côte comme pour les processeurs actuels. L’avantage : on dispose dans ce cas de toute la surface du cœur pour le relier à son voisin. De 100 à 10'000 connexions au millimètre carré. Plus courtes et nombreuses, ces minuscules liaisons devraient assurer une circulation 10 fois plus rapide des données. Consommation d’énergie et chaleur devraient être réduites d’autant.

Un enjeu écologique

L’enjeu de la technologie est clair en termes de puissance. Mais il l’est également du point de vue environnemental. «Aux Etats-Unis, les centres de données de l’industrie consomment déjà 2% de l’électricité disponible, explique John R. Thome. La consommation double tous les cinq ans. A ce rythme, les supercalculateurs de 2100 devraient en théorie utiliser toute l’énergie électrique des USA!»

Si le processeur tridimensionnel utilisera moins d’énergie et dissipera moins de chaleur, il n’en sera pas froid pour autant. C’est pourquoi l’équipe de John R. Thome est chargée de développer un système réfrigérant révolutionnaire. Entre chaque cœur, des canaux d’un diamètre de 50 microns sont pris en sandwich. A l’intérieur circule un fluide réfrigérant. Il sort du circuit sous forme de vapeur, puis est ramené à l’état liquide par un condenseur et pompé à nouveau dans le processeur. Dès l’année prochaine, un prototype de ce système de refroidissement sera réalisé et testé en conditions réelles – mais sans processeur.

CMOSAIC est pour la plus grande part financé par le Fonds national de la recherche, via le programme Nano-Tera.ch visant à développer les technologies de l’information. Six laboratoires, à l’EPFL, à l’EPFZ et chez IBM participent également au financement et développent chacun un aspect du projet, coordonné par John R. Thome.

Il faudra patienter encore quelques années avant de voir des microchips tridimensionnels dans les ordinateurs grand public. Les premiers exemplaires devraient équiper des supercalculateurs à l’horizon 2015. Quant à la version munie d’un système de refroidissement, elle devrait être industrialisée vers 2020.

VI
Victor

C'est sympa l'idée de mettre des processeurs en empilement avec un fluide réfrigérant... Mais est ce que ce n'est pas beaucoup plus compliqué à fabriquer... Les connexion en empilements je ne vous dis pas les pannes... Il doit y avoirs des tractions/tensions dues à la chaleur

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buck

ca aurait plutot tendance a homogeneiser la temperature.
Les contraintes thermiques existent aussi en puce 2D
La grosse difficulte c'est de mettre les capilaires

RO
Roroleblaireau

Les contraintes de traction due à la dilatation n'ont pas de raisons d'être plus importante si les cœurs sont les uns sur les autres ou côtes à côtes. La vraie solution à ce problème là c'est d'avoir un matériau adapté et un bon refroidissement.

Par contre effectivement ça doit être beaucoup plus complexe à fabriquer !

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buck

Si car les materiaux de bounding servent pour les contacts face avant et face arriereet ils sont differents des interconnexions utilises habituellement, et en plus il faut percer le silicium ce qui demande des techniques speciales de protection du silicium en gros un super damascene.
De plus il faut affiner au max l'epaisseur de chaque tranche (decoupe utilisant les techniques de SOITEC (implant d'hydrogene) par exemple) pour etre plus efficace thermiquement
Bref on maximise les contraintes physiques sur ces materiaux, et en meme temps les contraintes thermiques

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klinfran

ça vous parait plausible les dates annoncées? Si c'est si avantageux on en aura bien avant je pense. Par contre si a consommation électrique des données industrielles augmente au même rythme en 2100 elle devrait valoir 262 144 (2^18) fois la consommation actuelle... Je me demande comment ils ont projeté la consommation actuelle des EU pour dire que ça devrait représenter 100% de la consommation totale des EU, avec beaucoup de chance, et les progrès de la médecine nous serons encore là en 2100 végétant dans une maison de retraite, est-ce imaginable comme consommation????(qu'est-ce qu'on en ferait en vérité?)

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cisou9

:_salut: En 2100 avec mes 163 ans je ne sais pas si je saurais taper sur mon clavier !!!! :lol: :lol:

RO
Roroleblaireau

L'article semble suggérer que c'est la connectique entre les coeurs qui chauffe le plus. Hors, à ma connaissance, les Pentium 4 font (faisaient) parti des processeurs qui chauffent le plus.

VI
Victor

Il pourrait aussi faire comme dans la technologie des Terminators 800 des cœurs en modules reliés comme dans une colonne vertébrale, ils ne sont pas pas obligés de mettre ça dans le même Chip... il me semblait que les connections souples étaient déjà au point, puis question d'architecture logique des modules interchangeables seraient plus souples

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klinfran

et la prochaine étape sera des connectiques qui peuvent se connecter à plusieurs autres connectiques et qui sont tout le temps mobiles, de la plasticité cérébrale?

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buck

Roro le blaireau: en fait oui le pentium etait celui qui chauffait le plus au niveau du silicium, depuis on a abaisse les tensions d'alimentation ce qui fait que ca chauffe moins, mais on a augmente la filasse (interconnexion) (pentium4 sur 3 niveaux, maintenant 7-8 niveaux soit pres de 5km de fils sur 2-3cm²) donc effet joule qui augmente (meme en utilisant du cuivre a la place de l'alu) ce qui fait que ce qui a ete gagne est perdu dans les fils

Victor: ces connectiques souples existent depuis fort longtemps (fils d'or) mais pas utilisable a ces distances les

kilfran: pas encore faisable ca ;)
Cote timing: comme je l'ai dit plus haut le plus gros probleme sont les capilaires de refrigerations, on doit etre capable de faire un tube tres fin, et tres long (50µm sur 1cm ) et surtout qui ne se bouche pas , et que ca ne fuit pas et que le stress de fabrication ne soit pas trop fort, bref pas gagne
Le reste , la 3D ca se fait deja (pas sur les puces du marche) pour par exemple cerrtains types de capteurs numeriques (photodiode sur une face et circuit CMOS sur l'autre face