Des mutations génétiques perturbent la communication entre les hémisphères cérébraux

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Des équipes de l'AP-HP viennent d'identifier le premier gène à l'origine d'un défaut de développement du corps calleux: la principale structure cérébrale responsable de la communication entre les deux hémisphères du cerveau. Ces travaux menés par le Dr Christel Depienne à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (Inserm/CNRS/UPMC), en collaboration avec des équipes de l'hôpital Trousseau AP-HP, de l'Université de Strasbourg et des chercheurs australiens (1), font l'objet d'une publication dans la revue Nature Genetics, le 27 février 2017.

Les deux hémisphères cérébraux sont reliés entre eux et communiquent grâce au corps calleux, une sorte de pont qui permet le passage des informations et participe notamment aux processus de mémoire et d’apprentissage. Certaines personnes naissent sans corps calleux, c’est ce que l’on appelle l’agénésie du corps calleux. Il s’agit de l’anomalie cérébrale viable la plus fréquente. Elle touche un nouveau-né sur 4 000.

Ce trouble du développement cérébral peut être associé à une déficience intellectuelle de sévérité variable, ou ne se manifester par aucun symptôme, ou presque. La détection de cette malformation est le plus souvent réalisée en période prénatale (échographie au cours du 2nd trimestre de grossesse). Elle constitue alors un véritable challenge pour prédire le devenir cognitif de l’enfant à naître. Chez certains patients adultes ou n’ayant pas eu de suivi de grossesse, elle peut être découverte de manière fortuite lors d’un examen IRM réalisé pour une autre cause (bilan de migraine par exemple).

Christel Depienne et ses collaborateurs* se sont intéressés à l’agénésie calleuse isolée, sans déficience intellectuelle associée.

Leur étude a été menée chez neuf familles différentes dont quatre avec des personnes atteintes sur plusieurs générations. Elle a mis en évidence, pour la première fois, des mutations d’un gène spécifique, le gène DCC, héritées de façon dominante.

La protéine codée par ce gène est un récepteur à la netrin 1 et joue un rôle clé dans le guidage axonal lors du développement cérébral. Elle permet aux axones, prolongements des neurones, de passer d’un côté du cerveau à l’autre et d’assurer ainsi la liaison entre les deux hémisphères.

Le gène DCC avait déjà été associé à une autre pathologie, celle des mouvements en miroir congénitaux, qui affecte la capacité des patients à effectuer un mouvement différent des deux mains**.

« La découverte du gène DCC nous permet de mieux comprendre les causes d’agénésie du corps calleux et le développement normal et pathologique du cerveau » explique le Dr Depienne. « Elle pourrait avoir un impact majeur dans le cadre du diagnostic prénatal, notamment en permettant de pronostiquer si l’enfant à naître va souffrir ou non d’une déficience intellectuelle ».

*Christel Depienne de l’équipe du Pr Alexis Brice de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Inserm/CNRS/UPMC), en collaboration avec le groupe de recherche clinique de Delphine Héron à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et des neuropédiatres de l’Hôpital Trousseau de l’AP-HP (Pr Thierry Billette de Villemeur et Dr Marie-Laure Moutard), en association avec les équipes australiennes de Paul Lockhart (Melbourne) et Linda Richards (Brisbane). Ces travaux impliquent également des chercheurs de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (CNRS/Inserm/Unistra), de l’Institut de génétique et de développement de Rennes (CNRS/Université de Rennes 1) et de l’Institut de Biologie Paris Seine (CNRS/UPMC).

**Srour M, Rivière JB, Pham JM, Dubé MP, Girard S, Morin S, Dion PA, Asselin G, Rochefort D, Hince P, Diab S, Sharafaddinzadeh N, Chouinard S, Théoret H, Charron F, Rouleau GA. Mutations in DCC cause congenital mirror movements. Science. 2010 Apr 30;328(5978):592.

Référence publication:
Mutations in DCC cause isolated Agenesis of the Corpus Callosum with incomplete penetrance. Nature Genetics, 27 février 2017

Notes:
(1) Christel Depienne de l'équipe du Pr Alexis Brice de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (Inserm/CNRS/UPMC), en collaboration avec le groupe de recherche clinique de Delphine Héron à l'Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et des neuropédiatres de l'Hôpital Trousseau de l'AP-HP (Pr Thierry Billette de Villemeur et Dr Marie-Laure Moutard), en association avec les équipes australiennes de Paul Lockhart (Melbourne) et Linda Richards (Brisbane).
Ces travaux impliquent également des chercheurs de l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (CNRS/Inserm/Unistra), de l'Institut de génétique et de développement de Rennes (CNRS/Université de Rennes 1) et de l'Institut de Biologie Paris Seine (CNRS/UPMC).

PE
Pendesinialessandro

Bonjour
Faut-il rappeler le cas d’une jeune femme âgée de 37 ans, qui ne disposait qu’une moitié du cerveau (ou un seul hémisphère) fonctionnelle depuis sa naissance ? :yxt:
Chose étonnante, malgré ce handicap, elle a pu poursuivre une scolarité tout à fait normale et obtenu son baccalauréat sans aucune difficulté apparente !
Notre encéphale est encore bien loin de nous révéler tous ses secrets…
Mais avec le temps nous finirons par bien comprendre le fonctionnement de ce mécanisme biologique, constitué de 86 milliards de neurones et un million de milliards de connexions, qui parvient à des résultats époustouflants que nous connaissons. Que de surprises, pas vraiment désagréables, nous attendent….. ;)

PE
Pendesinialessandro

Les neurobiologistes Roger Sperry et Michael Gazzaniga, ont montré que les hémisphères cérébraux séparés après une intervention chirurgicale (callosotomie ou split brain : résection partielle ou totale du corps calleux notamment chez certains épileptiques), peuvent fonctionner de façon autonome.
L’activité indépendante des deux hémisphères cérébraux conduit à produire des fonctions cognitives distinctes générées à partir d’informations reçues par chacune des parties du cerveau.
R.Sperry a même suggéré –à raison !- que cette situation peut conduire à deux états mentaux différents, deux états de conscience s’ignorant l’un l’autre, une hypothèse (qui ne l’est pas) très débattue –et contestée- encore de nos jours par des religieux monothéistes, et pour cause : comment pouvons-nous imaginer qu’une conscience « éthérée, âme ou esprit », une et indivisible, puisse se diviser en deux consciences distinctes, contraire aux dogmes chrétiens ? :pfff:

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cisou9

___________ :_salut:
S'ils son indépendants on obtient : Docteur Jekyll et M. Hyde _____ :haaa: _____ :porte: ____

VI
Victor

Les multiples personnalités pour moi ça reste un grand mystère
je ne sais pas si on peut les localiser dans l'espace du cerveau...