Des nanoparticules dans le vent solaire

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Une équipe internationale, conduite par des chercheurs de l'Observatoire de Paris, a découvert une nouvelle population de poussières dans le milieu interplanétaire : des nanoparticules, accélérées à plusieurs centaines de kilomètres par seconde par le champ magnétique transporté par le vent solaire. Il s'agit d'une retombée inattendue de l'expérience "ondes" S/WAVES à bord des sondes STEREO en orbite autour du Soleil, utilisant un récepteur radio fabriqué au Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'Instrumentation en Astrophysique (Observatoire de Paris, CNRS-INSU, Universités Paris 6 et Paris 7).

Figure 1: Schéma du nuage de plasma en expansion produit par une nano poussière
impactant à plusieurs centaines de kilomètres par seconde la sonde STEREO A.

Les nanoparticules, de taille comprise entre 1 et 100 nanomètres (1), sont à la frontière entre les structures atomiques et les objets macroscopiques. Leur petite taille leur confère un rôle privilégié, notamment pour les phénomènes de surface puisque le rapport de la surface sur le volume augmente quand la taille diminue, et leurs propriétés peuvent différer de celles des matériaux macroscopiques. Elles sont difficiles à détecter dans l'espace car elles sont hors du domaine de calibration des détecteurs de poussières conventionels. Si elles viennent d'être détectées pour la première fois dans le milieu interplétaire à 1 UA (2) du Soleil, c'est à cause de leur très grande vitesse : de l'ordre de 300 kilomètres par seconde, soit environ la vitesse du vent solaire et 10 fois plus que la vitesse typique des micropoussières à cette distance du Soleil.

Quelle est l'origine de cette vitesse ? Les poussières se chargent électriquement dans le plasma interplanétaire car sous l'effet du rayonnement solaire elles éjectent beaucoup plus d'électrons qu'elles ne collectent de charges du plasma ambiant. Elles sont alors soumises à la force électromagnétique due au champ magnétique transporté par le vent solaire. Pour les nanoparticules, cette force de Lorentz est très supérieure à l'attraction gravitationnelle du Soleil et aux autres forces. Le rapport charge-sur-masse des nanoparticules (3), qui détermine l'importance des forces électromagnétiques par rapport aux forces gravitationnelles, n'est pas aussi grand que celui des ions atomiques, mais il est suffisant pour que les nanoparticules aient une fréquence de Larmor très supérieure à leur fréquence orbitale autour du Soleil. Elles tendent donc à tourner autour des lignes de force du champ magnétique transporté par le vent solaire, ce qui les accélère à des vitesses de plusieurs centaines de kilomètres par seconde.

Lorsqu'une poussière percute une sonde spatiale à cette vitesse, elle crée un microcratère dont la matière se vaporise et s'ionise, produisant un nuage de plasma en expansion (Figure 1).

Figure 2: Spectre de puissance mesuré sur plusieurs bandes de fréquence du récepteur S/WAVES,
dû aux impacts de nano poussières (en rouge). Le spectre est d'amplitude très supérieure au spectre
quasi-thermique du plasma du vent solaire (en bleu, d'après Meyer-Vernet and Perche 1989)
et a une forme différente
L'encadré montre la variation de potentiel produite par un impact individuel.

Ces nuages de plasma induisent des impulsions de champ électrique qui sont détectées par le récepteur radio S/WAVES placé aux bornes des antennes électriques (Figure 2). Comme la quantité de plasma créé augmente très vite avec la vitesse d'impact, la puissance détectée est aussi importante que pour des poussières beaucoup plus grosses mais plus lentes. De plus, la configuration particulière des antennes de STEREO favorise cette détection.

Cette signature électrique était bien connue pour avoir été mesurée à bord de plusieurs sondes spatiales, notamment dans les anneaux de poussières des planètes Saturne, Uranus et Neptune, et près de la comète de Halley, où elle est produite par des micropoussières percutant la sonde spatiale à plusieurs dizaines de kilomètres pour seconde. Mais dans le milieu interplanétaire, ces micropoussières sont beaucoup trop rares pour expliquer les nombreux impacts observés sur STEREO. Par contre ces mesures sont en accord avec le flux de nanoparticules prévu par les modèles de poussières interplanétaires, qui augmente lorsque la masse diminue (Figure 3).

Figure 3: Flux moyen de nanoparticules détecté par STEREO dans le vent solaire (en rouge) comparé
aux modèles de flux de poussières et de petits corps en fonction de leur masse
dans le milieu interplanétaire à 1 UA du Soleil (en noir).
En bleu, une détection récente dans l'environnement terrestre à bord de la station spatiale
internationale (ISS). En cyan, les poussières (de taille quelques dixièmes de micron)
poussées par la pression de rayonnement solaire mesurées à bord de la sonde Ulysse.
La figure couvre un domaine allant des nanopoussières à des objets de 10 km,
soit 35 ordres de grandeur en masse. On a superposé sur la distribution une variation
proportionnelle à la masse à la puissance -5/6, correspondant à un équilibre
de fragmentation collisionnelle (pointillé vert).

Des jets de nanoparticules rapides éjectées par Jupiter et Saturne avaient déjà été observés près de ces planètes par des détecteurs de poussières conventionels (en-dessous de leur domaine de calibration), et nous avons pu montrer que ces jets sont aussi détectés par le récepteur radio (RPWS) utilisant les antennes électriques de la sonde Cassini. Mais le résultat de STEREO est la première détection de nanoparticules dans le vent solaire à 1 UA (2) du Soleil, vraisemblement originaires du système solaire interne.

L'instrument S/WAVES sur les sondes STEREO (P.I. J.-L. Bougeret), dédié à la télédétection des émissions électromagnétiques du Soleil dans le domaine radio ainsi qu'à la mesure in situ des ondes électrostatiques, implique le LESIA (Observatoire de Paris, INSU-CNRS, Universités Paris 6 et Paris 7), la NASA/GSFC, l'université du Minnesota (USA), et l'université de Californie (USA). Les récepteurs radio ont été construits au LESIA à l'Observatoire de Paris avec le soutien du CNES et du CNRS.

Notes:

(1) Un nanomètre (nm) est un milliardième de mètre. C'est l'ordre de grandeur de l'épaisseur d'un brin d'ADN, environ un millionième de fois plus petit qu'une tête d'épingle.

(2) L'unité astronomique (UA) est la distance Soleil-Terre, environ 150 millions de km.

(3) La force électromagnétique sur une poussière est proportionnelle à sa charge électrique et au produit de sa vitesse par rapport au vent solaire par la composante du champ magnétique perpendiculaire à cette vitesse. La charge électrique d'une poussière est approximativement proportionnelle à sa surface. Le rapport charge-sur-masse, qui détermine le rapport entre les forces électromagnétiques et gravitationnelles, varie donc comme l'inverse de la taille. C'est pourquoi il est beaucoup plus grand pour les nanoparticules que pour les microparticules.

PT
ptitjib

C'est bien beau tout ça, pour la science. Ne va t'il pas falloir s'arrêter de croire en la science. Elle nous fait du bien mais surtout du mal et entraine souvent pollutions. Une fois encore l'homme modifie son environnement, mais cette fois il s'agit du système solaire au complet. Que sait-on de ces particules, rien encore, donc on va chercher alors que durant tout ce temps d'énormes modifications jusqu'alors inconnues iront jusqu'à, par exemple, nous faire griller au soleil ! Sommes-nous sûr de se poser les bonnes questions ? Est-ce vraiment le meilleur moyen de préserver l'humanité que de se contenter à la réalisation d'un projet sans même se demander quel impact il pourrait avoir ? Enfin le bon côté des choses est que ces particules rongent la carcasse de STEREO qui finira certainement par disparaitre d'ici quelques années.
Tant que l'on se taira, de grande chose pourront être construite.
A bonne entendeur ...

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Aldebaran

J'ai du mal à voir le rapport entre ce que tu dis et l'article. :_grat:

IS
Isabelle

Ce n'est tres compréhensible en effet. La sonde ne fait que détecter des nanoparticules naturelles éjectées de Jupiter et de Saturne ce qui apporte à la connaissance ...

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buck

ou est ma reponse ??
Bon mon gars: il faut deja apprendre a lire et ensuite arreter de faire de l'anthopocentrisme.
Ici il est question de choses que l'humain n'est pas a la source. Il faut arreter de croire qu'il est le probleme de toutes choses.
Dans l'espace il y a des photons + ou - energetiques , des atomes ionises (par plasma en general) des poussieres. Mais jusqu'a present on ne sait pas grand chose entre les 2 et quels effets ca peut avoir sur son environnement et sur nous par la meme occasion.

Enfin ca n'est pas en mettant 1 millions de personnes sur un truc que ce truc ira 1 millions de fois plus vite. C'est cretin de penser ca ..

a bon entendeur

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$$$

ptitjib
C'est bien beau tout ça, pour la science. Ne va t'il pas falloir s'arrêter de croire en la science. Elle nous fait du bien mais surtout du mal et entraine souvent pollutions. Une fois encore l'homme modifie son environnement, mais cette fois il s'agit du système solaire au complet...

Salut,
Même sans la science, l'homme modifiera son environnement.
Mais sans la science, l'homme redevient tribal, chose pour laquelle nous ne sommes pas prêts, ni toi, ni moi.

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D@rkstone

ptitjib
C'est bien beau tout ça, pour la science. Ne va t'il pas falloir s'arrêter de croire en la science. Elle nous fait du bien mais surtout du mal et entraine souvent pollutions. Une fois encore l'homme modifie son environnement, mais cette fois il s'agit du système solaire au complet. Que sait-on de ces particules, rien encore, donc on va chercher alors que durant tout ce temps d'énormes modifications jusqu'alors inconnues iront jusqu'à, par exemple, nous faire griller au soleil ! Sommes-nous sûr de se poser les bonnes questions ? Est-ce vraiment le meilleur moyen de préserver l'humanité que de se contenter à la réalisation d'un projet sans même se demander quel impact il pourrait avoir ? Enfin le bon côté des choses est que ces particules rongent la carcasse de STEREO qui finira certainement par disparaitre d'ici quelques années.
Tant que l'on se taira, de grande chose pourront être construite.
A bonne entendeur ...

Oh my god ! rien a dire d'autre, c'est consternant. Ah si juste un truc APPREND A LIRE !!

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KiNidoz

Keep cool les amis :), même si c'est du n'importe quoi...

Flower power :bisou:

A bon* entendeur (Je suis moins discret que buck).

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cisou9

C'est étrange comme réaction, lire un article et dire que l'homme pollue le système solaire je n'y avais pas pensé. :fada:

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Maulus

C'est les nano particules des pots d'échappement des camions qui naviguent dans ce coin de l'espace moi je pense :D

VI
Victor

Quand tu respires, tu pollues quand tu pisses et tu chies, tu pollues, quand tu pètes tu pollues....Alors savoir où commence la pollution c'est le truc... Puis j'en ai marre qu'on ma gonfle la tête avec des trucs aussi cons que les pets des vaches et le fait que tous les gaz émis sont en puissance des gaz à effet de serre

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Aldebaran

Victor, le poète du 21ème siècle :D

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buck

Aldebaran
Victor, le poète du 21ème siècle :D

pouêêt :D

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KiNidoz

Le pire c'est que c'est vrai :lol: