Forte variabilité spatiale de l'évolution des glaciers des hautes montagnes d'Asie

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À partir d'images satellitaires d'archive, une équipe de glaciologues de l'Institut des géosciences de l'environnement (IGE/OSUG, CNRS / UGA / IRD / INPG), du Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS/OMP, UPS / CNRS / CNES / IRD) et de l'université d'Oslo vient de produire une nouvelle estimation des changements de masse des glaciers des hautes montagnes d'Asie entre 2000 et 2016. Les chercheurs ont cartographié, avec un niveau de détail inégalé, la forte variabilité géographique des pertes et, plus surprenant, des gains de masse de certains glaciers.

Les hautes montagnes d'Asie abritent la plus vaste superficie glaciaire hors des régions polaires, environ 90 000 km² de glaciers, soit près de 50 fois la surface englacée des Alpes. Certains d'entre eux sont situés dans des régions très arides et ont un rôle déterminant pour les populations qui vivent à l'aval en période de sécheresse. Ce sont aussi de potentiels contributeurs à la hausse du niveau des mers. Pourtant, ces glaciers sont difficiles d'accès car situés à haute altitude et dans des pays où le contexte politique est parfois compliqué. Les images satellitaires, et en particulier les cartes du relief qu'elles permettent de produire, sont donc des données essentielles pour les étudier.

Les estimations précédentes des changements glaciaires dans cette région couvraient, soit des périodes courtes (6 ans), soit avaient une résolution spatiale trop grossière. Pour parvenir à cette nouvelle estimation plus résolue et sur une période plus longue, les chercheurs ont construit des modèles numériques de terrain à partir de plus de 50 000 images acquises par le capteur satellitaire ASTER. Ils cartographient ainsi les variations d'épaisseur puis déduisent le changement de masse des glaciers sur l'ensemble de la zone d'étude, entre 2000 et 2016.

En moyenne, ces glaciers s'amincissent d'environ 20 cm par an, ce qui est 3 à 5 fois moins que dans les Alpes pour la même période et environ 2 fois moins que la moyenne des glaciers de l'ensemble du globe. L'étude souligne aussi la très forte hétérogénéité des réponses des glaciers, hétérogénéité qui résulte à la fois de l'hétérogénéité du changement climatique, mais aussi de la sensibilité des glaciers qui module leur réponse. L'étude confirme notamment que les glaciers gagnent de la masse dans certaines régions, ce qui n'est observé nulle part ailleurs sur Terre. Depuis 2005, les glaciologues savaient que les glaciers situés au Pakistan étaient stables et même certains gagnaient de la masse, une particularité nommée "l'anomalie du Karakoram". La nouvelle étude montre que cette anomalie perdure et est en fait centrée sur le massif du Kunlun, à l'ouest du Plateau du Tibet.

Carte des changements d'épaisseur (en mètres par an) des glaciers asiatiques pour la période 2000-2016. En rouge, les zones où les glaciers s'amincissent, et en bleu, celles où ils s'épaississent.

Les résultats de cette étude ont plusieurs implications. Tout d'abord, ils suggèrent que la contribution des glaciers des Hautes Montagnes d'Asie à la hausse du niveau des mers est trois fois moins importante que celles estimées à partir de l'extrapolation de mesures locales ou par des modèles de réponse des glaciers au forçage climatique. Ensuite, ces résultats soulignent les limites de ces modèles glaciologiques, pourtant utilisés pour faire des projections sur le futur, incapables de reproduire l'ampleur et la forte variabilité géographique des évolutions glaciaires. Ces nouvelles données satellitaires devraient aussi contribuer à l'amélioration des projections de l'avenir des glaciers.

SH
shayabe

Les scientifiques indiens avaient mis ce fait en avant il y a déjà plusieurs années en réponse à des affirmations fantaisistes sur la "fonte accélérée" des glaciers de l'Himalaya. Cet article souligne bien aussi l'incapacité des modèles glaciologiques à prévoir sérieusement l'évolution des glaciers, en Hymalaya ou ailleurs. Il faut aussi rappeler que les glaciers hymalayens ne contribuent qu'à 7 % du débit des grands fleuves asiatiques qui sont essentiellement alimentés par la mousson.

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cisou9

_____________ :_salut:

shayabe
l'incapacité des modèles glaciologiques à prévoir sérieusement l'évolution des glaciers, en Hymalaya ou ailleurs

Ce mot incapacité est exagéré, j'aurais mis "difficulté"
Prévision il y a; mais elle est approximative; Car trouver l’algorithme incluant toutes les variables locale est très difficile.______ :_grat2: _____

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JNem19

Quand on se trompe d'un facteur 3 en ayant observé seulement sur 16 ans, j'ai dans l'idée qu'on s'est avancé un peu vite en prétendant "savoir encadrer ce phénomène". Pour des phénomènes inévitablement liés à d'autres paramètres que la température régionale sur la période (la pluviosité est un acteur majeur aussi, les retombées de particules issues des centrales à charbon également, etc), qui peux dire qu'on n'observe pas surtout une réponse à des modifications de la pluviosité qui peuvent varier selon des cycles dont nous n'avons que peu idée.
Se tromper d'une façon aussi flagrante et prétendre extrapoler ensuite sur 50 ou 100 ans pour faire des prédictions éventuellement catastrophique est un peu à la mode mais peu raisonnable.

VI
Victor

ça me rappelle certaines prévisions du GIEC pour dans 50 ans
avec toutes ces histoires de prévisions chaotiques