Futures versions de l'ATV: transport habité à la mini station orbitale

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Le Véhicule automatique de transfert européen (ATV) est en route vers la Station Spatiale Internationale (ISS) pour sa première mission, ce qui n'empêche pas les ingénieurs de plancher sur les possibles futures évolutions du cargo spatial.

Le principal défaut de l'ATV c'est de ne pas être réutilisable. Au terme de leur mission de 6 mois, chaque ATV finit sa carrière brûlé dans l'atmosphère, au-dessus de l'océan pacifique après une rentrée destructive contrôlée. Et c'est bien dommage pour un engin de cette valeur. Seul un manque d'ambitions et de moyens financiers ont contraint l'Agence spatiale européenne à développer cet engin utilisable une seule fois.

Projet d'utilisation d'une petite capsule récupérable

Les ingénieurs étudient la faisabilité de développer à moindre coût à partir de la structure de l'ATV, une famille de véhicules spatiaux qui n'ont plus rien à voir avec le simple conteneur destiné à apporter des vivres et du fret aux équipages à bord de la Station. La conception modulaire de l'ATV (Automated Transfert Vehicle) se prêterait relativement facilement à certaines adaptations. Il est constitué d'un module de service, de charge d'utile et du système d'amarrage à la Station. L'ATV pourrait aussi être capable un jour d'emmener des Européens dans l'espace.

Parmi les adaptations envisagées, on citera les options permettant l'amarrage de l'ATV pas seulement sur la partie russe de l'ISS, mais également sur la partie américaine en utilisant un système d'amarrage universel, avec une ouverture plus large pour le transfert de fret. Il permettrait de transférer des armoires entières de matériel scientifique (International Standard Payload Racks ou ISPR). Ou encore de développer un transporteur logistique non-pressurisé (Unpressurised Logistics Carrier ou ULC) qui pourrait apporter vers la Station plusieurs tonnes d'équipement n'exigeant pas un transport en milieu pressurisé.

Capsule de rentrée atmosphérique non habitée

Une des adaptations prévoit le remplacement du module pressurisé par une capsule de rentrée atmosphérique, ce qui permettrait de redescendre sur Terre toutes sortes de charges utiles. Ce projet s'appuiera sur l'expérience de la capsule de rentrée atmosphérique menée en octobre 1998 (ARD).

Etude exploratoire d'un ATV équipée d'une capsule de rentrée atmosphérique, non habitée

Cette option permettant de ramener des charges utiles depuis l'ISS est l'une des plus faciles à mettre en oeuvre. Ce serait d'ailleurs une étape possible vers l'évolution d'une capsule de secours qualifiée pour le vol humain.

Un véhicule de transport d'équipage (Crew Transport Vehicle ou CTV)

Autres études exploratoires menées, l'adaptation de l'ATV en véhicule habité. Plusieurs modifications seront nécessaires pour qualifier l'engin pour le vol habité (bouclier de rentrée, procédures d'atterrissage et de récupération). Le module pressurisé de l'ATV serait utilisé comme véhicule de secours dans un premier temps avant d'envisager d'en faire un véhicule de transfert d'équipage entre la Terre et la Station, lancé par une Ariane 5 dite 'man-rated'.

Laboratoire scientifique

En l'état, l'ATV s'amarre à la Station. Il est seulement utilisé pour le déchargement de matériel. Une des évolutions possibles serait de le faire évoluer vers un laboratoire automatique à proximité de la Station et capable de s'en amarrer périodiquement pour réapprovisionnement et appui logistique. Cette idée est séduisante car le niveau de microgravité pourrait être bien meilleur que sur l'ISS. Un vaisseau spatial en vol libre pourrait également servir de capsule de secours à l'équipage en cas d'extrême urgence.

Notons que ce concept a déjà été évoqué lors de l'élaboration du projet Colombus. Avant de devenir le laboratoire scientifique que l'on connaît, Columbus était en effet envisagé comme une unité autonome, capable de s'amarrer périodiquement à la station.

Mini Station spatiale

Des études exploratoires ont également été menées pour voir la faisabilité de construire une "mini station spatiale" en réunissant plusieurs ATV au moyen de deux mécanismes d'amarrage, un à l'avant et un à l'arrière, pour former une sorte de train.

Projet très en amont d'une petite station spatiale

Idées exotiques

Parmi les scénarii les plus exotiques, on citera l'adaptation pour le transport de plusieurs tonnes d'équipements comprenant des télescopes spatiaux, d'équiper le noyau de l'ATV d'une petite capsule éjectable capable de renvoyer environ 150 kilogrammes de cargaison à terre à la fin de sa mission.

D'autres évolutions envisageraient de s'appuyer sur la structure de l'ATV pour concevoir un véhicule de transfert planétaire capable de transférer de grosses charges utiles telles que des véhicules d'exploration, des vaisseaux planétaires et des télescopes spatiaux, vers des orbites lunaires ou martiennes.

WI
wilo

longue vie à l'ATV !! :) :jap:

il manque juste une hausse des moyens financiers (comme d'habitude) :(

avatar
Boxie

je réagis à "Mini Station spatiale":

Imaginons en plus de certifier un système de rotule (bien étanche!) au niveau du SAS d'amarrage qui permetterait de désaxer le SAS à l'avant de X° par rapport au SAS à l'arrière... Alors on ouvrirait la voie aux grandes structures reconfigurables et mieux sécurisées face aux impacts. :)

Exemple: avec 18° entre les 2 axes, 20 modules permettent de faire un anneau de 60m de diamètre (donc capacité de téléscope énorme), où les modules peuvent être isolés en cas de dépressurisation sans créer de cul-de-sac, le tout avec capacité d'auto-assemblage (techno ATV de rendez-vous automatique) pour limiter les missions habitées pendant la construction... :jap:

AU
aureliencity

lol oué pourquoi pas mais le truc c'est qu'il y en faudrais beaucoup d'atv pour faire une boucle...et vu le prix que ca coute je pense pas que l'europe est la motivation pour...n'empéche ca leur perméttré de crée une gravité artificiel en faisant tourné l'ensemble...la force centrifuge fera le reste !

avatar
jctof

Je pense que le plus probable est que l'ATV connaisse très peu d'évolution.
Manque de volonté politique et de moyens évidant !

TR
tr

Peut-être que si on avait suivi les avis de Patrick Baudry et quelques autres vétérans de l'espace côté NASA, on aurait fait quelque chose de plus démonstratif que la station spatiale internationale et les crédits auraient pu enchaîner plus facilement. Mais le raisonnement est balancé : prendre trop de risques peut amener à obtenir le résultat inverse à celui souhaité, en cas d'accident. Sans les deux accidents mortels de Chalenger et de Columbia, peut-être n'aurait-on pas osé abandonner le système navette pour revenir aux capsules spatiales.

Quelque chose de plus démonstratif, ça serait une station permanente sur la Lune ou mieux encore une expédition vers Mars. En est-on vraiment capable ? Un article paru dans "Pour La Science" (Edition Française de Scientific American) soutient qu'au delà de l'orbite basse (où se trouve la station spatiale), dès qu'on va vers la Lune ou Mars, le niveau de radiation n'est pas acceptable pour les astro-cosmo-taiko-spationautes. Un voyage de deux semaines vers la Lune est tolérable, bien qu'on observe avec le recul des signes de vieillissement accéléré chez les astronautes, comme la cataracte.

En attendant, tout le monde progresse quand même, dont les japonais : Kibo, leur labo, a l'air pas mal du tout !

avatar
Space

aureliencity
N'empéche ca leur perméttré de crée une gravité artificiel en faisant tourné l'ensemble...la force centrifuge fera le reste !

Ouais mais non ... ca ne marche pas, a moins de se prendre une deceleration sur chaque objets (un humain, bras, main, sang ...) qui ira dans le sens inverse de la station.

TR
tr

Qu'est ce que tu veux dire ?
Ca fait quoi comme effet négatif cette décélération ??

XZ
Xzander

Space


aureliencity
N'empéche ca leur perméttré de crée une gravité artificiel en faisant tourné l'ensemble...la force centrifuge fera le reste !


Ouais mais non ... ca ne marche pas, a moins de se prendre une deceleration sur chaque objets (un humain, bras, main, sang ...) qui ira dans le sens inverse de la station.

Moi non plus je ne vois pas pourquoi ça ne fonctionnerait pas... La seule question c'est comment la faire tourner, mais suffit que d'utiliser quelques propulseurs tangents à l'anneau et le tour est joué non?

TR
tr

Et encore, les propulseurs, il ne faut les allumer que de temps en temps pour corriger les variations dues à la circulation des spationautes, si on est perfectionnistes.
Il devrait y avoir un gradient dans la force centrifuge, pas trop sensible si l'anneau est grand. Et peut-être des effets du type force de Coriolis quand on se déplace dans l'anneau, je ne sais pas de quelle intensité mais on devrait pouvoir s'adapter je pense.
Ce genre de stations a beaucoup été étudié en pure théorie dans les années soixante et soixante-dix.

Les inconvénients, outre plus de complexité dans la réalisation de la station, sont pour les expériences scientifiques sur l'effet de l'apesanteur, à loger ailleurs et que ça complique les allées-venues, déjà très risquées.

Mais pour la santé des spationautes, ça devrait être meilleur, ils devraient ne plus souffrir de la décalcification, en théorie.

Si, au lieu de jetter les ATV et les vaisseaux Progress, on les gardait de côté, on pourrait monter un dispositif expérimental pour tester en vrai. (Mais rien n'empêche de monter un dispositif expérimental avec des rats dans une grande roue - sauf que ça pourrait gêner les expériences en cours, donc il faudrait le mettre à part de la station, non connecté physiquement)

avatar
StarDreamer

En fait, on peut considérer l'ATV comme une sorte de base permettant beaucoup de développements.

Quand je disais que ce véhicule pourrait permettre des vols habités, et même servir d'éléments s'ajoutant à l'ISS pour l'agrandir (l'idée de former une station circulaire avec gravité artificielle est séduisante)... A se demander si ce n'était pas dans la tête des ingénieurs lors de la conception...
... Mais, comme d'habitude, l'Europe/ESA ne sait pas aller jusqu'au bout de ses ambitions, et c'est bien dommage. Cela a coûté très cher de développer ce vaisseau minimaliste, et il suffirait de peu pour le faire évoluer en quelque chose d'assez sympa.
Sachant que la navette disparait après 2010, il y a un créneau à prendre, on pourra même s'amuser à "louer" des places dans l'ATV pour faire monter des astronautes américains dans l'ISS... ce serait amusant, ce renversement de situation, vous ne trouvez pas ?

WI
wilo

StarDreamer
Sachant que la navette disparait après 2010, il y a un créneau à prendre, on pourra même s'amuser à "louer" des places dans l'ATV pour faire monter des astronautes américains dans l'ISS... ce serait amusant, ce renversement de situation, vous ne trouvez pas ?

:lol:
ça serait étonnant !

VI
Victor

Pas tellement l'Amérique est très endettée par la guerre d'Irak ce qui n'est pas le cas des européens juste un retour de balancier historique

TR
tr

Déjà dans le début des années 70, dernière mission lunaire en 1972, ils auraient arrêté l'exploration lunaire pour pour une cause similaire : le coût effroyable de la guerre du Vietnam ; j'ai lu ça il y a longtemps, avant la première guerre du golfe.
Ca serait pour ça que le savoir des Saturn V a été laissé de côté, et les restes de la campagne lunaire, mis en expo pour faire beau. Non, je suis un peu injuste : Saturn V+Apollo a aussi servi pour lancer Skylab et pour la fameuse rencontre russo-américaine dans l'espace (en 1975 !) Un petit lien pas (trop) commercial - "la cité des sciences et de l'industrie" avec un documentaire de l'INA : https://www.cite-sciences.fr/francais/a ... /rencontre-apollo-soyouz.php
A part ces deux dernières missions de prestige, les ambitions de la NASA concernant l'exploration humaine du système solaire ont été freinées au début 70, et orientée vers la navette, qui parce que réutilisable, aurait dû faire baisser "dramatiquement" les coûts d'envoi en orbite. Résultat, la navette est dramatiquement trop chère !

Par contre, là où on rêve un peu il me semble, c'est que développer une capsule spatiale à temps pour 2011... C'est deux fois trop court par rapport au temps qu'il faut aux politiques pour se réunir et aux ingénieurs pour pouvoir certifier un matériel pour le transport d'êtres humains.