Japon: alunisage d'un robot en 2015, base lunaire robotisée en 2020...

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Un comité mandaté par le Cabinet a publié le 25 mai 2010 un rapport donnant les grandes lignes de la stratégie d'exploration lunaire du Japon. La rédaction de ce document répond aux directives du Plan Spatial Fondamental qui requérait la publication de mesures d'application de son programme avant la fin de l'année 2010. Profitant du succès de la mission Kaguya (SELENE, 2007-2009), le Japon entend poursuivre son effort dans l'exploration scientifique de la Lune. Le programme recommandé par le comité envisage une mission robotique scientifique avec alunissage en 2015, puis la construction d'une base robotique au Pôle Sud en 2020. Le comité conseille également de développer certaines technologies fondamentales qui permettraient graduellement au Japon de lancer de manière autonome ses propres astronautes et de devenir un partenaire incontournable dans les futurs projets internationaux.

Le Japon prévoit à partir de 2015 d'explorer la face visible de la Lune à l'aide de robots. Le rapport mentionne le développement de technologies rendant possible l'envoi, dès 2015, d'une mission scientifique pour une période de quelques mois : techniques d'atterrissage précis autonome avec une précision inférieure à 100 mètres ; alimentation électrique solaire permettant aux instruments de résister aux conditions extrêmes de la nuit lunaire ; rovers lunaires. Le développement de ces technologies permettrait au Japon de réaliser plusieurs "premières" mondiales. Cette mission donnera aussi au Japon des données scientifiques qui confirmeront la place des chercheurs japonais dans la communauté scientifique mondiale, en particulier pour l'étude de la structure interne de la Lune. Le Japon n'a pas non plus oublié la forte reconnaissance médiatique des missions Kaguya et Hayabusa et prévoit donc d'emporter à nouveau des caméras de très haute définition sur ses prochaines missions lunaires. Un tel investissement représenterait entre 60 et 70 milliards de yens (entre 535 et 625 millions d'euros).

Dans une deuxième phase initiée en 2020, des robots procèderont à l'établissement d'une base lunaire au Pôle Sud, dans un endroit disposant d'un ensoleillement quasi-constant. Les installations lunaires fonctionneront grâce à un système innovant de production d'énergie combinant panneaux solaires, piles à combustible et batteries Li-ion. Après s'être consacré à la construction de la base, les robots japonais passeront plusieurs mois à étudier le sol lunaire avec un rayon d'action de 100 km à partir de la base. Cette base disposera en outre de la capacité d'analyser de manière autonome les échantillons récupérés par les robots. Enfin, il est prévu de donner une capacité de retour vers la Terre pour les échantillons les plus intéressants. En parallèle, le Japon poursuivra son étude de la structure interne de la Lune avec l'opération pendant plus d'une année d'un réseau de capteurs au sol. Il étudiera aussi les perspectives d'exploitation des ressources lunaires. L'investissement cumulé prévu est 200 milliards de yens (environ 1,8 milliard d'euros).

Le rapport présente aussi quelques lignes sur la période se situant au-delà de 2020, avec des études portant sur des robots encore plus sophistiqués et capables de s'auto-réparer dans un environnement difficilement accessible à l'homme. Cette phase permettrait aussi de tester les futurs robots humanoïdes annoncés dans le Plan Spatial Fondamental de 2009 (et encore très controversés chez les ingénieurs nippons). L'objectif scientifique à plus long terme réside dans le retour d'échantillons prélevés sur la face cachée de la Lune, vers 2025.

Il est aussi fait mention des vols habités, bien qu'il s'agisse d'un thème plus vaste que l'exploration lunaire. Le document mentionne en effet brièvement qu'il est nécessaire de développer certaines capacités technologiques fondamentales qui permettront de développer des partenariats dans les futurs projets habités internationaux. Il est en particulier préconisé de développer d'ici 2020 les éléments fondamentaux (technologies relatives à une capsule, préparation d'une tour de sauvetage pour le H-2A, mise aux normes de vol habité pour les moteurs de fusées, etc.) qui permettront de lancer des astronautes japonais, sans pour autant s'engager dans des développements lourds et coûteux. Pour ce faire, le Japon entend utiliser autant que possible les systèmes japonais déjà en service comme le cargo HTV ou la fusée H-2A. Cela permettrait de réduire l'investissement à 90 milliards de yens (environ 800 millions d'euros).

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Seals

énorme !

AT
atchoum

Bof,
encore timide, par rapport à ce qui pourrait être fait en suivant le principe ISRU (In Situ Resources Use)..
A quand la première plaque de métal fabriquée par un robot en n'utilisant que la matière et l'énergie qui se
trouve sur place ??

U3
u31wvp

Ils m'impressionneront toujours ces japonais, cette façon d'être à l'écart du monde et d'avancer plus vite que les autres réunit... Et je serais prêt à parier que quand ils se lanceront dans leur bases robotisée, le taux de panne sera à pleurer...

Mais qu'ont ils que nous n'avons pas.... ou qu'avons nous que eux n'ont pas?

DU
Dudu

Ce qu'ont a pas c'est le budget et la volonté :gueule:
On reste juste dans la médiocrité et on le restera pour longtemps... :pfff:

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Seals

Je ne suis pas convaincu, on se permet de juger les japonais mais sur quelles bases ? La mentalité pourrie des occidentaux ? La plupart des choses que nous voyons comme négatives sont en fait très positives. C'est ce que je pense.

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cisou9

:_salut:
Effectivement le Japon est très endetté et l'article le confirme bien, un colosse aux pieds d'argile. :(

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franckpiton

L'aspect sociaux-économique du Japon, c'est une chose, mais leur programme spatial, bin il est un peut plus excitant que celui de l'esa! Je dit pas que l'esa ne fait rien d'intéressant, au contraire mais c'est pas très grand public, et elle oublie une des fonctions essentiel du spatial, faire rêver les gens.

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Seals

Zeko
A force d'y envoyer des robots, un jour les robots vont décider qu'ils se débrouillent très bien sans nous et nous garder prisonniers de notre terre :) )

À quand la construction d'un battlestar ! :pet:

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JNem19

Il faut un budget dérisoire pour créer une base lunaire et faire des choses extraordinaires avec. Après si vous voulez y mettre des humains au long cours il faut développer/valoriser les ressources locales (comme dit "atchoum") pour éviter l'essentiel des coûts, mais au départ la robotique est parfaite car sur la Lune c'est quasiment de la télécommande en direct (tout va bien plus vite que sur Mars).
La technique cruciale à développer est celle du rendez-vous au sol (les options sont nombreuses) qui permet de "séparer" les masses et les volumes et de tirer le meilleur d'une fusée classe "ariane-5". Cela implique "ameublement" et connexions sur place, mais la robotique et la téléopération en léger différé peuvent le faire.
Une fusée H2-A pourrait poser un module cylindrique de 5x5m sur la Lune (avec des placards de rangement accessibles via l'extérieur et qu'on équipe au besoin en batteries, laboratoires miniatures, stock de pièces détachées pour les rovers, unité de valorisation des ressources locales, etc...). Une cavité interne accessible aux rovers permettrait de les reconfigurer avec de nouveaux outils, nouvelles batteries, caméras, etc...
On pourrait faire de la science avec peu. Les japonais ont peu de moyens, ce qui rend en général astucieux.