L'évolution de la vie sur terre: aléatoire ou prévisible ?

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L'évolution des êtres vivants met en jeu de nombreux phénomènes aléatoires tels que mutations, rencontres des ovules et spermatozoïdes, accidents météorologiques, etc... Notre monde vivant est-il donc juste une alternative parmi tant d'autres ? Dans une étude publiée dans la revue Interface Focus, Virginie Orgogozo à l'Institut Jacques Monod, revisite la question à la lumière des données actuelles. Elle montre qu'au cours de l'évolution de la vie sur terre, des événements se répètent et semblent prévisibles.

Figure : Les Euphorbes et les Cactus sont deux groupes très éloignés de plantes qui ont évolué indépendamment des morphologies semblables adaptées au milieu désertique.
© Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Convergent_evolution)

Si on rembobinait le film de la vie sur terre et qu'on le relançait en changeant légèrement les conditions initiales, obtiendrait-on les mêmes formes vivantes qu'aujourd'hui ? Le paléontologue américain Stephen Jay Gould s'était posé la question dans les années 90. Il avait répondu que des formes de vie tout-à-fait différentes seraient apparues car l'évolution dépend de nombreux phénomènes aléatoires non prévisibles (mutations, impact des comètes, etc.).

Depuis quelques années, certains biologistes, tel que le paléontologue anglais Simon Conway Morris, remettent en doute la réponse de Stephen Jay Gould. Ils suggèrent que même si le monde ne serait probablement pas exactement pareil, par exemple vous ne seriez pas en train de lire ce texte en ce moment précis, il aurait malgré tout un air de « déjà vu ». Par exemple, les animaux qui nagent dans un milieu liquide auraient un corps en forme de poisson, et la vision de la lumière s'effectuerait grâce à des organes spécialisés que sont les yeux. L'évolution de la vie est-elle une simple alternative parmi tant d'autres, comme le pensait Stephen Jay Gould, ou bien est-elle prévisible ? Virginie Orgogozo examine les données actuelles de la génétique et de l'évolution expérimentale pour tenter de répondre à la question.

Les données récentes de la biologie indiquent que l'évolution se répète à plusieurs niveaux.

Premièrement, des traits de caractère semblables sont apparus indépendamment chez différentes espèces vivant dans les mêmes conditions (c'est l'évolution convergente). Par exemple, les poissons et les ichtyosaures, des reptiles disparus, ont évolué indépendamment vers un corps en forme de poisson.

Deuxièmement, les mêmes traits de caractère et les mêmes mutations apparaissent souvent lors d'expériences d'évolution expérimentale dans lesquelles on laisse évoluer des êtres vivants dans un environnement choisi et que l'on répète cette même expérience plusieurs fois de façon indépendante.

Troisièmement, l'évolution indépendante du même trait de caractère chez des espèces différentes est souvent causée par des mutations dans le même gène. Par exemple, l'adaptation à une nourriture riche en amidon s'est accompagnée de mutations dans la même famille de gènes chez l'homme et chez le chien.

Toutes ces répétitions sont relativement inattendues : si l'évolution était extrêmement sensible aux conditions initiales, on ne devrait pas observer tant de répétitions. Virginie Orgogozo en conclut que l'évolution de la vie sur terre n'est peut-être pas aussi aléatoire que ce qu'on aurait pu croire, et qu'il est possible de faire des prédictions concernant l'évolution des êtres vivants. Ainsi, on peut prédire qu'un mammifère vivant en région polaire va évoluer avec un pelage blanc, ou qu'une plante Arabette des dames qui fleurit plus tôt a de grandes chances d'avoir une mutation dans le gène FRIGIDA.

Comment l'évolution peut-elle être prévisible alors qu'elle met en jeu de nombreux phénomènes aléatoires ? Virginie Orgogozo l'explique par analogie avec un gaz parfait dans un récipient. Au niveau microscopique, on ne peut prédire ni la position, ni le poids, ni la vitesse des particules. Par contre, au niveau macroscopique, on peut prédire la pression ou la température de ce gaz. Ainsi, même si les mutations apparaissent de façon non prévisible au sein des êtres vivants, on peut prédire les mutations qui ont survécu pendant de longues échelles de temps dans les populations et qui sont responsables de changements évolutifs entre espèces ou entre populations.

Plutôt que de savoir si les formes vivantes seraient différentes des nôtres si on relançait le film de l'évolution, Virginie Orgogozo préfère se demander à quel point elles seraient semblables à celles de notre monde. Répondre à cette question nécessite alors d'examiner les problèmes suivants : comment imaginer d'autres mondes possibles alors que nous sommes limités par notre imagination ? Comment estimer la probabilité d'occurrence d'événements qui ne se sont passés qu'une seule fois au cours de notre évolution ? Peut-on trouver de nouveaux concepts généraux pour prédire l'évolution ? La biologie actuelle commence à apporter des éléments de réponse. Même si il est trop tôt pour s'avancer, l'évolution de la vie sur terre pourrait être en partie prévisible.

Pour plus d'information voir:
Replaying the tape of life in the twenty-first century
Virginie Orgogozo

NO
Noxx

Bravo, une jeune chercheuse redécouvre "le hasard et la nécessité" de Monod justement, ainsi que le principe de sélection naturelle encore plus ancien... Bref elle ouvre des portes déjà ouvertes.
Quant à Gould, il s'était justement intéressé au fait que l'évolution pouvait être une " histoire " : c'est-à-dire dépendant de contingences qui aurait pu amener le développement d'autres organismes à certains moments de l'histoire de la Terre. Il voyait l'évolution en une succession d'équilibres ponctués, d'une extinction à l'autre, et cherchait les indices paléontologiques de ces autres possibles... Je simplifie mais pas autant que l'article. Il n'imaginait pas que des ours noirs auraient pu prospérer sur la banquise si l'évolution avait été différente.

PE
Pendesinialessandro

Bonjour
-Qu’en est-il si les processus matériels ne sont ni inertes ni même chaotiques, mais possèdent des capacités intrisèques d’auto-organisation, se demande J.Stewart ?
Et répond : Afin de comprendre comment une régularité morphogénétique peut exister sans qu’il y ait de « programme », il sera utile de commencer par un exemple qui relève précisement du registre inorganique. Les FLOCONS de NEIGE sont dotés d’une structure remarquable. Chaque flocon possède six bras, dont chacun est muni d’une structure dentelée et crénelée d’une telle richesse qu’il n’y a jamais eu deux flocons identiques. Pourtant, à l’interieur d’un flocon donné, chacun des six bras est remarquablement similaire aux cinq autres (sans que les six bras soient absolument identiques). Comment cela est possible ? Comment chaque bras peut-il « savoir » quelle forme est prise par les autres afin de s’y conformer ? La tentation est presque aussi grande que dans le cas de l’ontogenèse biologique de supposer qu’il doit y avoir un « programme » quelque part, extérieur aux bras eux-mêmes, qui les « informe » sur la morphologie qu’ils doivent prendre. Mais dans le cas du flocon de neige, on sait parfaitement qu’un tel « programme » n’existe nulle part : ni au centre du flocon, ni dans l’environnement qui l’entoure. L’explication semble en fait être la suivante (Begley & Carey, 1983). Le processus de cristallisation de la glace est extrèmement sensible aux conditions précises et combinées de température, de pression et d’humidité. Si les six bras sont presque identiques, c’est parce qu’ils partagent la même histoire de fluctuation du microclimat dans lequel le processus de leur croissance se déroule.
En clair, l’étonnante similitude des six bras n’est rien d’autre qu’une application stricte de ce principe scientifique par excellence, selon lequel les mêmes causes produisent les mêmes effets.
L’exemple des flocons de neige illustre bien la capacité des processus matériels à s’AUTO-ORGANISER en donnant lieu à des formes éventuelles « complexes ». Or, à bien y réfléchir, les bases physiques de la morphogenèse materielle sont nécessairement les mêmes chez les organismes vivants que dans des processus inorganiques. Dans les deux cas, les seules forces qui soient capables de faire bouger la matière sont des forces physiques -des forces mécaniques comme la pression hydrostatique ou la viscosité, des forces électromagnétiques comme l’attraction ou la répulsion électrostatique, les forces de Van des Waals, la polarité hydrophile-hydrophobe, etc…Il n’y a rien dans les processus du vivant qui fasse intervenir des forces autres que celles des lois physico-chimiques. Si « programme » il y a, il n’est localisé nulle part ; il est « distribué » sur l’ensemble des éléments qui entrent en interaction au cours du processus, sans en privilegier aucun. En second lieu, ce « programme » ne préexiste pas aux processus en question ; l’ « information », si l’on tient à garder ce concept, est créée au fur et mesure, en temps réel, par le processus même qui l’« exprime ». ;)

VI
Victor

Et alors que pensez de L'ADN ? Qui se transmets avec des caractéristiques diverses et variées, qu'il y ait une possibilité d'évolution génétique ça dépasse l'idée des hasards... J'y vois tout ce que Darwin dit sur l'évolution qu'il y ait eu cette évolution, cela me pose question sur le déterminisme et la vie... Sans ressortir le principe anthropique qui reste un morceau de logique un peu idiote, le fait que je sois ici et maintenant et que je vous réponds, moi ça m'interpelle sur les hasards... Je sais que dans ma vie beaucoup de gens m'ont aidés à devenir ce que je suis devenu... Alors les hasards aveugles, je n'y crois pas trop... Du reste Darwin parle dans son 2ième bouquin "La Descendance de l'homme" de la coopération des individus dans un but commun... Ces idiots d'américains, ils n'ont jamais retenus que les luttes pour la vie, le Darwinismes social c'est une incompréhension de Darwin... Pour l'histoire de l'ours blanc et de l'ours noir il doit être plus facile de passer inaperçu pour un ours blanc dans un champs de neige

avatar
cisou9

_____________ :_salut:
Victor si je te répond c'est que je suis là; mais j'aurais pu ne pas exister auquel cas cisou9 ne te répondrais pas et serait sur un autre forum à une autre époque !!! ___ :lol: _____

VI
Victor

Cisous les univers parallèles, c'est très amusants mais j'en doute,
A moins de faire de toutes personnes pensantes, un univers en soi
c'est tout de même ici et maintenant et ce n'est pas ailleurs
alors pour l'existence des autres, ça reste fantasmatique
Que se soient les univers parallèles, les ET ou tous les fantômes