La musique est une adaptation biologique

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Gwénaëlle Journet a étudié l'histoire phylogénétique des comportements musicaux. (Photo: Thomas Lieser)

La musique est-elle une adaptation biologique ? Si oui, quelle est sa fonction ? Gwénaëlle Journet, étudiante à la maitrise en anthropologie à l'Université de Montréal, s'est posé ces questions et en a fait l'objet de son mémoire, qu'elle vient de déposer à la Faculté des arts et des sciences. « Oui, répond-elle. La musique relève de prédispositions biologiques dont la fonction primaire pourrait être la communication entre parents et enfants. »

Voilà ce qui ressort de son étude qu'elle a menée sous la direction de Bernard Chapais, professeur au Département d'anthropologie. « J'ai cherché à cerner les précurseurs de la musique. Quels sont ses universaux ? Que trouve-t-on chez les primates ? S'agit-il d'une adaptation darwinienne ou d'une propriété émergente ? Quels sont les liens avec le langage ? » explique Gwénaëlle Journet.

Phénomène universel peu étudié par l'anthropologie, la musique est de toutes les cultures et de toutes les époques, souligne l'étudiante. Les bébés y sont d'ailleurs extrêmement sensibles. Certains chercheurs disent même que les jeunes enfants auraient un sens musical inné très aiguisé. Ils percevraient de manière plus fine que les adultes les changements de hauteur, les pitchs, d'une mélodie.

Mais à quoi sert la musique ? « À communiquer d'abord, estime Gwénaëlle Journet. Cela se passe à différents niveaux, à commencer entre les parents et les enfants, ces derniers se sentant rassurés par le chant d'une berceuse par exemple qui aurait un effet sur leur développement cognitif et social. » Les résultats de son analyse, qu'elle a confrontés aux données empiriques trouvées dans la littérature, semblent appuyer son hypothèse: la musique est un besoin naturel universel qui se serait transposé à la société et qui jouerait un rôle de cohésion au sein du groupe.

Chimpanzés, singes verts et gibbons

Pour en arriver à ce constat, la chercheuse a d'abord dressé un inventaire des universaux musicaux sur les plans cognitif, structurel, émotionnel, fonctionnel et symbolique. Elle a ensuite exploré l'ontogenèse du phénomène musical, soit comment le sens musical se développe chez l'enfant, et comparé les données avec celles des études sur les prédispositions biologiques des primates, dont les chimpanzés, les singes verts et les gibbons. Puis, en se fondant sur les résultats de travaux empiriques issus de disciplines diverses, dont l'ethnographie, la psychologie et la neurobiologie, elle a pu nommer certaines des bases biologiques de la musique.

Gwénaëlle Journet

Première surprise: « Il y a peu de comportements musicaux chez les êtres humains qui s'apparentent aux vocalisations des primates, signale Gwénaëlle Journet. Des zones latéralisées similaires dans le cerveau seraient toutefois associées aux vocalisations. »

La chercheuse a également constaté que certains singes tout comme les humains ont recours à différentes tonalités lorsqu'ils émettent des sons. Il y aurait, peut-être, une fonction émotive dans la production de sons des primates, particulièrement chez les gibbons. Ces petits singes d'Asie auraient des vocalisations que certains primatologues qualifient de musicales. Lorsque les couples sont formés, le mâle et la femelle gibbons coordonneraient même leurs vocalisations pour maintenir leur cohésion.

Certes, on peut ne pas être d'accord avec ces énoncés et contester cette définition de la musique. Mais que la dimension émotive des sons émis par des primates s'apparente ou non aux relations entre musique et émotions chez l'être humain, une chose est sure: l' « art de combiner des sons d'après des règles », comme le définit le dictionnaire, est propre à l'espèce humaine. Par ailleurs, les oiseaux ne sont pas « heureux » de gazouiller. Comme les primates, ils chantent pour des raisons précises de territoire ou de reproduction.

Coévolution avec le langage

L'origine et le rôle de la musique nous intriguent depuis la nuit des temps, rappelle Gwénaëlle Journet. Au 19e siècle, Charles Darwin y a réfléchi durant une bonne partie de sa vie. « Selon lui, nos lointains ancêtres abordaient la musique comme une partie intégrante de la sélection sexuelle », indique la chercheuse. Le chant aurait été utilisé comme moyen de séduction par les premiers humains comme par les bêtes bien avant l'apparition du langage.

« Plusieurs mécanismes évolutionnistes, dont la sélection naturelle, la sélection sexuelle, la sélection de groupe et la sélection parentale, sont invoqués par divers auteurs afin d'expliquer l'apparition du phénomène musical, note Gwénaëlle Journet. Il apparait que la musique a joué un rôle important dans la relation parent-enfant au cours de l'évolution humaine, de même que dans la cohésion sociale, la coordination des activités et la formation de l'identité de groupe. »

L'hypothèse que la chercheuse a privilégiée dans son mémoire est celle de la coévolution avec le langage: les deux facultés reposeraient sur un substrat biologique commun (canal vocal-auditif, communication, rythme, dimension émotive), mais qui a mené au développement de deux fonctions indépendantes l'une de l'autre. L'origine phylogénétique pourrait être une habileté de même nature que celle à la base des sons produits par les gibbons.

« Cette hypothèse est conciliable à la fois avec la théorie qui voit dans la musique une adaptation en soi et avec celle qui y voit plutôt une propriété se dégageant d'autres adaptations comme l'analyse auditive du milieu, les émotions et le langage, mentionne-t-elle. Cette idée d'une propriété émergente à laquelle l'être humain finit par prendre gout parce qu'elle lui permet d'exprimer des émotions et un lien social me parait la plus plausible. »

AL
alessandro pendesini

….Par ailleurs, les oiseaux ne sont pas "heureux" de gazouiller. Comme les primates, ils chantent pour des raisons précises de territoire ou de reproduction….

Cette phrase inscrite dans l’article me laisse perplexe : qui peut dire ce que ressentent les oiseaux lorsqu’ils gazouillent ?

La musique semble avoir évolué chez l’humain pour palier à une certaine monotonie et angoisse existentielle. Sa fonction consiste à pouvoir aider à oublier la monotonie mais aussi, dans une certaine mesure, le mal-être ou douleur qui tend à envahir notre existence. La stimulation musicale provoque -d’une façon variable entre individus- la sécrétion de certains opiacés hédoniques endogènes et contribue ainsi à restaurer un certain déséquilibre du système nerveux central. Une séance de musicothérapie peut améliorer l’humeur, comportement et certaines fonctions intellectuelles des patients d’Alzheimer et pas seulement….
P.S. Si la musique n’existait pas il faudrait l’inventer !

VI
Victor

L'art pour parler de la réalité vécue et partager une vision du monde,
en ce qui concerne la musique je pense que c'est un concept culturel
il y a autant de styles de musiques que de sociétés humaines
Les artistes nous parlent de toute notre humanité
Je ne conçois pas l'art et la musique comme des passes temps
c'est une idée profondément consumériste,
c'est plutôt une réalité moderne ou contemporain que de vendre de l'art,
l'art est surtout une expression gratuite dans un monde où tout est marchandises

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cisou9

:_salut:
Salut Nico, pourquoi tu flood (messages successifs), tu peux éditer un texte pendant une heure, on tes trois extrais ont été fait en moins d'une heure !!! :D

PA
passant

Personnellement je prendrais le rapport au mot Musique ainsi.

Il est certain que dans le monde animal un grand nombre d'animaux et principalement tous les mammifères, sont pourvus d'organe sonore. Selon ce constat l'émission sonore entre les membres d'une même espèce joue certainement un rôle de communication, puis l'émission sonore entre les espèces différentes joue certainement un autre rôle.

L'humain n'échappe pas aux émissions sonores diverses mais ce qui caractérise l'humain s'est qu'il a donné un nom à certaines organisations sonores. Le Bruit. La Musique.

Question. Doit-on donner donner le nom de Musique à toutes organisations sonores animales ou humaines, ou doit-on donner le nom de Musique à des organisations sonores spécifiques?

Ainsi selon les dires de l'Etudiante en question ces organisations sonores qui se retrouvent chez des primates( Chimpanzés, Singes verts, Gibbons), ces organisations sont-elles des organisations sonores Musique de fait, parce que de prédispositions biologiques, ou bien ces organisations sonores ont-elles une similitude avec les organisations sonores humaines appelées Musique qui dans ce cas il est à montrer qu'elle est le type d'organisation ou d'assemblage des sons de ces manifestations sonores pour que ces assemblages soient nommés Musique au même titre que les assemblages de sons humains lesquels sont appelés Musique.

Ce qui est certain c'est que l'humain développe avec des noms ce que les animaux possèdent en racine. Les gênes. Les gênes pour aller dans le sens de l'étude de cette Etudiante.

En conclusion. Comme la Musique est du domaine de l'Art deux possibilités s'offrent aux animaux sonores de rentrer dans le domaine de l'Art.1/ Ils rentrent de fait.2/ Ils rentrent parce que leurs organisations sonores sont des assemblages sonores similaires aux assemblages sonores humains nommés: Musique.

VI
Victor

Passant tu as un drôle de définition de la musique,
Et je ne sais pas trop si tu as une oreille capable d'aimer la musique modale
mais tu me fais penser à ces modernes de la musique concrète
qui faisaient de la musique avec des casseroles etc...
Il y a beaucoup de musiciens qui ne te pardonneront pas cette définition

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cisou9

nico17
Connaissez-vous l' effet Mozart? C'est l'augmentation du QI! :sarcastic: :_salut: :cool:

Il n'a pas eu d'effets sur toi :lol: :lol2:

VI
Victor

Non! il a juste des problèmes d'oreilles

PA
passant

Victor
Passant tu as un drôle de définition de la musique,
Il y a beaucoup de musiciens qui ne te pardonneront pas cette définition

Réponse à ces deux remarques.

J'assume toutes les critiques concernant une définition de la Musique qui semble apparaître dans mes propos.

Si c'est au terme d'assemblage que tu fais référence comme drôle ma définition de la Musique, j'utilise ce mot pour la Musique tout comme Abraham Moles dans le livre: " Histoire Universelle de la Musique" édit: Seuil. Tome1.

A noter que le mot Musique est un mot Français au XIVe siècle en France. Il est considéré comme tel dans le dictionnaire des mots Français du XIVe siècle que répertorie le dictionnaire Larousse concernant les mots Français au XIVe siècle.

Ce mot Musique au XIVe siècle nomme les assemblages de tissus de couleurs et les assemblages mosaïques. Le mot Latin Musica nomme à cette époque les organisations sonores.

Il est à penser que le mot Français Musique a été choisi par les grammériens de l'époque de la naissance de l'Académie française (1635) pour remplacer le mot Latin Musica afin que la langue française par l'article XXIV des statuts de l'Académie française puisse avec éloquence traiter les Arts et les Sciences.

VI
Victor

Les muses de la danse et de la musique, Euterpe et Mépolmène
Chants, danses et poésies cela date bien de l'époque grecque
et l'idée de musique est bien antérieure à ces grammairiens français

PA
passant

Par le mot Musique il n'est pas dit que c'est à partir de ce mot français qu'il y a eu organisation sonore. La techné mousiké précède le mot Musique certes.( La Techné ou Art sont synonymes mais l'un est un mot grec, l'autre un mot latin. C'est ainsi qu'il est plus courant de dire l'Art des Muses que la Techné Mouziké. En Français l'Art se rapporte plus à l'Esthétique aujourd'hui, alors que la Techné se rapporte plus à la Science. ).

La pratique des deux Muses citées par Victor sont l'exercice de la Techné Mousiké ou l'Art des Muses.

le mot Musica précède également culturellement le mot Musique, cependant par le mot Musique un sens de l'organisation sonore est proposé. L'assemblage.

Musica, Musicë des mots latins. Ces mots traduits en Français se rapportent à la Musique. Ces mots Latin se rapportent plus particulièrement à l'harmonie par le mot harmonieusement. Or, si l'on considère l'harmonie celle-ci implique une rencontre chez Pythagore, une rencontre du fini et de l'infini. Cette rencontre est celle des nombres. Les nombres pairs et les nombres impairs et cela par les rapports acoustiques. La quarte 4/3, la quinte 3/2 après l'octave 2/1, 1 étant l'unité. Ces rapports sont l'origine des segments et rapports acoustiques.

Culturellement le sens de ces mots ont fusionné dans la langue française pour donner deux axes à la Musique occidentale. L'axe horizontal: la mélodie. L'axe vertical: l'harmonie. Toutefois ces deux axes nécessitent pour la composition musicale un assemblage des sons et cela par la théorie des intervalles musicaux. Seconde, tierce, quarte, quinte, sixte, septième min, maj neuvième, onzième, treizième.