La répartition des étoiles jeunes dans les galaxies spirales barrées

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Un astronome du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CNRS, Université de Lyon I, Ecole Normale Supérieure de Lyon), explique la répartition des étoiles jeunes dans les galaxies spirales barrées à l’aide de simulations numériques. Celles-ci prennent en compte les effets de la gravitation, de l’évolution chimique et de la formation stellaire.

Dans les galaxies spirales barrées, la barre joue un rôle important en concentrant, au centre et en son long, la matière qui donnera naissance à de nouvelles générations d’étoiles. La présence d’un grand nombre d’étoiles jeunes dans la partie centrale et dans l’extrémité de la barre des galaxies spirales barrées s’explique par leurs orbites. Elles sont circulaires au centre et de ce fait les étoiles jeunes sont confinées dans cette zone. Elles sont elliptiques au niveau de la barre, l’apocentre se situant à l’une des extrémités de la barre là où les étoiles jeunes passent une grande partie de leurs temps du fait de leurs vitesses orbitales très faibles.

La galaxie spirale barrée NGC 7424

Dater l'âge des populations stellaires dans une galaxie permet de reconstruire l'histoire de sa formation stellaire et de son évolution chimique. Mais l'histoire d'une galaxie ne se résume pas simplement à celle des populations stellaires qui la composent. L'assemblage de la masse visible est un processus dynamique long et complexe faisant intervenir dans des proportions variables les fusions avec d'autres galaxies, l'accrétion du gaz intergalactique et l'évolution séculaire interne sous l'effet d'instabilités gravitationnelles. Ces histoires sont extrêmement difficiles à séparer car les phénomènes physiques à leur origine sont intimement liés.

Les galaxies barrées, qui représentent plus de 75% des galaxies à disque dans l'Univers, sont un exemple de tels systèmes complexes. Une barre stellaire a un effet dramatique sur l'évolution d'une galaxie. Elle accélère la concentration du gaz du milieu interstellaire dans les régions centrales, provoquent des régions de chocs et, surtout, réorganise la distribution des étoiles et de la masse en général.

Depuis plusieurs années, ces phénomènes sont étudiés à l'aide de simulations numériques qui couplent les effets de la gravitation, de l'évolution chimique et de la formation stellaire. Ces simulations modélisent, à l'aide de particules, la dynamique des étoiles et du gaz. De plus, en fonction de critères standard sur les propriétés du gaz, elles déclenchent la formation de nouvelles particules qui représentent les nouvelles générations d'étoiles. Connaissant alors l'âge et la métallicité de ces nouvelles populations d'étoiles, il est possible de leur assigner un rapport masse/luminosité pour différentes couleurs et ainsi fabriquer des pseudo-images en tous points comparables aux observations.

De récentes observations ont montré la présence dans des galaxies barrées de populations stellaires plus jeunes aux extrémités de la barre et dans la région centrale, de diamètre typique inférieur au kiloparcsec (1 kpc = 3 260 années-lumière).

Un astronome du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (UMR CNRS, Université de Lyon I, Ecole Normale Supérieure de Lyon) vient de confirmer et d’expliquer ces observations à l’aide de simulations numériques qu’il a développées.

Les étoiles, qui se forment à partir du gaz qui s'accumule dans la région centrale, restent confinées dans cette région car les orbites sur lesquelles elles se déplacent occupent une zone sphérique autour du noyau. De même les extrémités des barres semblent en moyenne plus jeunes pour une cause tout autant dynamique. En effet, les étoiles qui se forment dans le gaz lors de son trajet dans la barre sont essentiellement piégées sur des orbites qui ont, en moyenne, un mouvement elliptique. A cause de ce mouvement, elles passent une grande partie du temps à leur apocentre (distance maximale par rapport au foyer), dans des régions proches des extrémités de la barre, là où leur vitesse s'annule. En régime quasi-stationnaire, ceci provoque une accumulation de masse qui apparaît comme plus jeune que les autres régions de la barre. L'effet est accentué lorsqu'on prend en compte le rapport masse/luminosité des populations stellaires.

La répartition des étoiles jeunes au centre et le long de la barre
d'une galaxie spirale barrée obtenue avec le programme de simulation numérique.
Les couleurs du vert au bleu indiquent l'augmentation de densité des étoiles jeunes,
que l'on retrouve bien au centre de la barre et à ses deux extrémités

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bwergl

ca ressemble qd meme a la vision qu'on a des atomes ?
l'atome, son nuage d'electrons, etc, lol

VI
Victor

Une question pratique je me demande comment peut-on simuler la vie de plusieurs millions d'objets, quels genre d'algorithme ?

JU
Ju

Victor
Une question pratique je me demande comment peut-on simuler la vie de plusieurs millions d'objets, quels genre d'algorithme ?

Juste un point sur la simulation numérique :

Je lis souvent dans des revues de vulgarisation scientifique la phrase : "des simulations numériques prennant en compte ...".
A mon sens, ce n'est pas la simulation numérique mais le modèle (issu des travaux conjoints de mathématiciens et de physiciens) qui "prend en compte ...". La simulation numérique intervient bien aprés la modélisation.

Pour répondre à Victor, je ne connais pas exactement le sujet, mais modéliser le comportement de milliards d'étoiles se fait, en principe comme un simule le comportement de milliards d'atomes ou de molécules en mécanique des fluides (du microscopique au macroscopique).

Etant donné que l'échelle change, les lois que l'on prend en compte dans le modèle ne sont pas les mêmes bien entendu ...

Pour ce qui est des algorithmes, ce sont des méthodes qui approchent les différents constituants des équations obtenues précédemment (c'est un brin technique...).

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buck

A mon sens, ce n'est pas la simulation numérique mais le modèle (issu des travaux conjoints de mathématiciens et de physiciens) qui "prend en compte ...". La simulation numérique intervient bien aprés la modélisation.

oui et non.
oui dans le cas de systemes predictifs et determinstes. non dans le cas des systeme locaux et/ ou a tendance chaotique. Car le modele peut donner tel resultat qui sera different au niveau de la simulation en elle (c'est le cas des simulations a element finis).

pour victor: en general pour effectuer ce genre de simulation on vectorise un maximum sur beaucoup de memoire et de multiple processeurs.

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Ze Venerable

Salut! c'est quoi un système local? ça s'oppose à déterministe ?

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buck

un systeme local, c'est des calculs qui se font a une echelle microscopique dont on tire des enseignement macroscopique.

Une illustration serait dans mon cas: resolution de l'equation de poisson en 2D en fonction de la repartition des dopants. J'en tire (enfin mon soft) les courbes de fonctionnement electrique de mes transistors.
(bon c'etait pour etaler ma science la :D )

Autre illustration: Systeme meteo:
On mesure, et simule parfois, la temperature, pression, hydrometrie en de nombreux points. Apres on simule l'evolution de ces parametres en chaque point du maillage. On en extrait apres la meteo a l'echelle nationale.
Le point local c'est l'evolution des parametres en chaque point du maillage.

Le determinisme n'est pas correle a ces calculs locaux
Dans le cas de la meteo ca l'est car l'evolution des parametres ont des comportements non deterministes (chaos, effet de seuil...)
Dans le cas de mes simulations de transitor ca ne l'est pas (phenomenes plus lineaires)

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Ze Venerable

ok merci mais à ce moment là je ne vois pas comment un système ne pourrait pas être "local" (d'ailleurs ce terme n'a pas vraiment de sens physique non ? Il désigne pas plutôt pour les numériciens une classe de problèmes ?)

par contre tu voulais pas dire "prédictibles" plutôt que "déterministes" dans l'avant dernière ligne ?

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buck

Lu Venerable
Pour le local (je suis d'accord que ce n'est pas le bon terme, mais c'est le seul qui me vienne a l'esprit) ca depend de ce qu'on regarde:
Par exemple la chute d'un corps peut etre decrite par une simple equation issu d'un model (newton). A cette echelle c'est simple et decrit ce que tu recherche
Tu monte a la taille d'un galaxie ca deviend bcp plus ardu mais on peut utiliser les meme equations simples.

Pour les methodes numerique: oui il y en a differentes pour resoudre ce genre de problemes: methodes en elements simples, element finis, volumes finis...

non predictible et non deterministe ce n'est pas equivalent?

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fffred

peut-être une petite différence :

prédictible : calculable par ordinateur en un temps fini
déterministe : une configuration donnée en un temps de donné ne peut évoluer que d'une seule façon (pas forcément prédictible)

mais je dis ca par hasard

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Ze Venerable

Yu! Par exemple le bi-pendule (un pendule avec à son extrémité un 2é). Son évolution est entièrement déterminée par des lois (c’est donc un système déterministe, à priori comme tout dans la nature).
Mais bien que ces lois soient connues et correctement modélisées, il se trouve que sa dynamique est chaotique et donc que son évolution n’est pas prédictible.
Le problème vient surtout de la sensibilité aux conditions initiales (car la mesure de la position de départ est toujours fausse), plutôt que de la précision du calcul (car de toute façon celui-ci ne converge pas vers la bonne solution).

Après, je sais pas si excepté la sensibilité aux CI il existe d'autres raisons "physiques" pour lesquelles un système une fois mis en équation ne serait pas prédictible ...