La taille de l'Univers mesurée à 1% près !

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Les chercheurs de la collaboration SDSS-III (Sloan Digital Sky Survey) (1), dont ceux du CNRS et du CEA, ont mesuré les distances par rapport à des galaxies situées à 6 milliards d'années-lumière, avec une précision inégalée de 1%. Ces mesures permettent de caractériser plus finement la taille et la courbure de l'Univers et apportent de nouvelles contraintes sur les propriétés de la mystérieuse énergie noire qui serait responsable de l'accélération de l'expansion de l'Univers.

Illustration du concept des oscillations acoustiques de baryons, empreintes de l'Univers primordial.
Crédit : Chris Blake/ Sam Moorfield

Déterminer les distances qui nous séparent des structures de l’Univers, et de fait, pouvoir "mesurer l’Univers", a toujours été un véritable défi pour les astrophysiciens : si les distances par rapport aux planètes du Système solaire peuvent être mesurées de manière directe en utilisant des radars, les scientifiques doivent employer des méthodes indirectes pour des objets plus lointains, dont la précision sur les mesures des distances, beaucoup plus difficile à obtenir, est cruciale.

Les astrophysiciens de SDSS-III ont enregistré les spectres de près d’un million de galaxies lointaines, remontant ainsi dans le passé de l’Univers, il y a 6 milliards d’années, période à laquelle l’expansion de l’Univers a cessé de ralentir et commencé à accélérer.

La technique utilisée pour effectuer ces mesures est fondée sur l’observation indirecte des "oscillations acoustiques de baryons" (BAO), de subtiles fluctuations périodiques de la densité des galaxies dans le cosmos. Ces oscillations sont les empreintes d’ondes acoustiques qui étaient présentes dans le plasma primordial de l’Univers, composé alors d’électrons, protons et photons.

Avec ces résultats, les chercheurs ont non seulement établi une échelle de distance de l’Univers avec une précision inégalée mais également affiné les mesures sur la courbure de l’espace, qui indiquent que l’Univers serait plat et infini. Ils espèrent aussi mieux comprendre l’énergie noire, dont les propriétés peuvent ainsi être mieux cernées. Combinés aux récentes mesures du fond diffus cosmologique et de l’accélération de l’expansion de l’Univers avec les spectres de supernovæ, ainsi que du taux d'expansion de l'Univers jeune, ces résultats semblent en particulier confirmer que l’énergie noire resterait constante tout au long de l’histoire de l’Univers.

Davantage de données avec une meilleure résolution seront cependant nécessaires pour déterminer à terme les causes physiques de l’accélération de l’expansion de l’Univers et la nature de l’énergie noire, deux grandes énigmes de la physique moderne.

Note:

(1) Laboratoires français de la collaboration : Laboratoire Astroparticule et Cosmologie (CNRS/Université Paris Diderot/CEA/Observatoire de Paris), Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'Univers (Irfu, CEA Saclay), Institut d'Astrophysique de Paris (CNRS/UPMC), Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université), Centre de physique des particules de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université), Institut Utinam (CNRS/Université de Franche-Comté)

Référence:

"The clustering of galaxies in the SDSS-III Baryon Oscillation Spectroscopic Survey: Baryon Acoustic Oscillations in the Data Release 10 and 11 galaxy samples" : http://arxiv.org/abs/1312.4877

avatar
eiffel

mais alors, si la taille de l'univers a été mesuré, nous connaissons sa forme ?!?

mais que peut avoir comme forme l'Univers, alors que l'Univers est Tout ? si forme il y a, que peut-il y avoir autour de cette forme, qui n'appartiennent pas à l'Univers donc ??

ah, limite de l'esprit humain, quand tu nous tiens...

avatar
cisou9

l’Univers serait plat et infini.

S'il est infini on ne peut déterminer sa forme puisque sans fin !!! :_grat2:

ZP
Zplay

Si l'univers est de taille infinie, dans ce cas c'est la distance maximale entre 2 galaxies qui a été mesurée ?

PA
passant

Illustration du concept des oscillations acoustiques de baryons, empreintes de l'Univers primordial.
Crédit : Chris Blake/ Sam Moorfield

Avec ces résultats, les chercheurs ont non seulement établi une échelle de distance de l’Univers avec une précision inégalée mais également affiné les mesures sur la courbure de l’espace, qui indiquent que l’Univers serait plat et infini.

Une Terre plate, un Univers plat, comme quoi la connaissance part du plat pour aller...

PY
Pyjam

Et donc, quelle est la taille de l'Univers ?

NI
nicodeme

il y a une GROSSE incohérence dans ce titre !
comment peut-on avoir mesuré précisément quelquechose de taille infinie ??

AL
alessandro pendesini

A l question :
Où s’arrête notre Univers ? Il ne s’arrête nulle part car il est courbe. Cela ne signifie pas qu’il soit sphérique ; cela ne signifie pas non plus qu’il soit infini (ce terme n'a aucune signification en physique), comme ne s’arrête nulle part la surface de la terre pour les fourmis qui la parcourent. On peut en mesurer la taille à l’aide de son rayon, entendu comme la distance d’un centre à son anticentre divisée par P grec.

avatar
TBBUIM

"Beaucoup de gens pensent qu'avant le BigBang, il n'y avait rien. Ils se trompent ! Il y avait... les ténèbres !"
J'ai comme un doute sur la traduction de l'article. :_grat2:

avatar
Asohan

"Notre univers ne s'arrete nul part parce qu'il est courbe ?" Non pas exactement.
La matiere courbe l'espace-temps a cause de la gravite, mais de maniere moderee. Rien a voir (a priori) avec l'expansion de l'univers, qui est lie a un autre phenomene (encore une fois: a priori).

Rien n'empeche d'essayer de mesurer la limite du front d'onde lumineux emis au moment du Big Bang (a part la causalite, et l'absence d'humain dans ces regions limitrophes :D). Dans ce cas, on aurait plutot une sorte de pudding geant compose de photons et de neutrinos, avec de la matiere au milieu, repartie selon des fluctuations plus ou moins aleatoires.

L'univers materiel n'est pas infini, mais le vrai vide sideral (sans aucune particule) l'est peut etre.

La question est : si on maitrisait un vaisseau spatial avec distorsion force 4000, pourrait-on "sortir" de l'univers ? Je dirais que oui, pourquoi pas ? La physique montre qu'il n'y a pas de support a l'univers (comme le fameux "ether"). Donc si vous etes compose de matiere et que vous decidez d'aller plus loin dans l'inconnu, qui va vous en empecher ? (Pour les questions/opinions metaphysico-religieuse, utilisez un autre forum )

AL
alessandro pendesini

La relativité générale indique comment évaluer la courbure de l’espace : sa valeur dépend de la densité moyenne d’énergie contenue dans l’Univers. En dessous d’un certain seuil critique de densité égal à environ 10-29 g/cm³ (à peu près un atome d’hydrogène par mètre cube d’espace), l’espace est de géométrie hyperbolique ; au dessous il est de géométrie sphérique. Il est euclidien qu’à la frontière exacte.

D’après J.P.Luminet (et pas seulement), l’espace doit posséder une courbure moyenne constante. En effet, puisque la courbure est engendrée par la matière, le fait que cette dernière soit distribuée de façon uniforme entraîne que la courbure à grande échelle soit elle-même uniforme.

P.S.L’expérience qui consisterait à « vérifier » que notre Univers serait infini est une expérience qui, du fait même des propriétés de l’infini, est incapable de fournir un résultat. Toutefois je partage (naïvement ?) votre idée que « le vide sidéral sans aucune particule » ou quoi que ce soit, puisse être infini. :??:

avatar
bongo1981

Je pense que le sujet porte sur une mesure plus précise de la distance des galaxies distantes d'environ 6 milliards d'années lumière, précision compatible avec une absence de courbure spatiale.

Avec une courbure spatiale nulle, il n'est pas évident de proposer une topologie de l'univers, il peut très bien être infini, ou bien être un tore 3D plat, mais fini, et donc sans bord, d'où certaines propositions de mesurer des motifs similaires dans le CMB.

avatar
franckpiton

bongo1981
être un tore 3D plat,

Un tore peut avoir une courbure nulle ?

alessandro pendesini
A l question :
Où s’arrête notre Univers ? Il ne s’arrête nulle part car il est courbe.

La plupart des données récentes pencheraient plutôt vers un univers plat.

avatar
bongo1981

Oui tout à fait. On va construire un tore 2D ensemble.
Tu prends une feuille de papier, ça n'a pas de courbure. Tu identifies le bord supérieur avec le bord inférieur, de même tu identifies le bord gauche et le bord droit. Tu vois bien qu'il n'y a pas de courbure. Quand Pacman mesure des angles d'un triangle et en fait la somme, il trouve 180°.
Là où c'est trompeur, c'est quand tu plonges le tore 2D dans un espace 3D, dans ce cas tu une courbure apparaît, mais c'est due à la perspective, tout comme quand tu prends un cube représenté dans un espace en 2D, les arrêtes ne semblent pas parallèles, mais sécantes en un point qui représente l'infini.

Le tore 3D se construit de la même façon, mais avec un cube et en identifiant les faces opposées. Un tore 3D n'a pas de courbure.