Le diesel est mort...

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C'est en tout cas la thèse de Dan Strong, journaliste éditorialiste du magazine britannique Auto Express. Une fois posée cette affirmation forte en tête de son dernier éditorial, il explique pourquoi et donne des pistes pour l’après-enterrement. Si le raisonnement est basé sur une situation en Grande-Bretagne quelque peu différente de ce qu’elle est pour l’instant en France, avec un diesel à la pompe dorénavant plus cher que le sans plomb de l’autre côté de la Manche, les points soulevés méritent que l’on y prête attention, d’autant que ce n’est pas la première fois que la chose est prédite.

L’avenir du diesel est sombre selon le journaliste britannique pour trois raisons, toutes liées aux problèmes environnementaux. D’une part, la consommation globale de diesel pourrait augmenter très prochainement, du fait de nouveaux consommateurs arrivants sur le marché : les pétroliers géants, qui risquent de devoir changer de carburant (ils utilisent a l’heure actuelle du fuel lourd) pour diminuer leurs émissions polluantes, et la solution serait d’en remplacer une partie par du gasoil, pour émettre moins de souffre, ce qui tendrait le marché.

D’autre part, les différentes expérimentations ont montré jusqu’à présent que le diesel se prête mal aux motorisations d’avenir de type hybride, nécessitant des dispositifs plus complexes et donc plus chers et générant de toute façon plus de polluants qu’il faut filtrer. La mise entre parenthèses, provisoire ou pas, de la voie diesel hybride par PSA et Volkswagen tend à confirmer cette hypothèse.

Enfin, se pointent à l’horizon des normes antipollution de plus en plus sévères que les moteurs diesel prendront de plein fouet car il faudra encore renforcer les systèmes, chers, de dépollution.

Comment alors garder les avantages de la carburation diesel en se passant du carburant lui-même ? Dan Strong cite en conclusion de son article le système Diesotto de Mercedes: une technologie prometteuse, qui a l’avantage de fonctionner à l’essence et générer des puissances très convenables à partir de petites cylindrées. Le seul bémol, qui reste à vérifier, étant que ce type de moteur n’est efficace que dans une plage de régime étroite, ce qui compromet en partie l’agrément de conduite…

Sonner la fin du diesel, c’est prendre, pour le moment encore, le marché à contrepied. Mais on devrait être fixé rapidement.

LA
lambda0

Alternotre
...
Pour répondre à lambda, a mon humble avis, les américains utilisent le système à contre emploi. Brûler du charbon pour fournir les algues en CO2 me semble peu pertinent. Le seul mérite de cette opération consiste à affiner et améliorer les processus industriels de fabrication d'algues au travers d'une activité immédiatement rentable... quand bien même largement discutable dans sa méthode.


Une application plus intelligente consisterait à prélever le CO2 issu de la combustion de déchets ultimes de la biomasse agricole ou des déchets ménagers. Je pense que la valorisation des biogaz issus des effluents de l'élevage pourrait être également une bonne fillière.
...

Il s'agirait du CO2 des centrales électriques. Aux Etats-Unis, l'essentiel de l'électricité est produite à partir du charbon. Au lieu de rejeter le CO2 directement, il peut être utilisé pour stimuler la croissance des algues (remarquer que dans ce cas, il n'y a pas de réduction des émissions de CO2 : cette émission est seulement différée).
Donc peu applicable en France, où l'électricité est essentiellement produite par le nucléaire.
CO2 provenant de la biomasse, déchets, etc : je veux bien, mais est-ce suffisant ? Les ordres de grandeur de production ne sont pas du tout les mêmes.
Il faut donc se pencher sur le quantitatif pour juger si ça a une chance d'être viable.

Globalement, je n'ai pas trop de doutes sur faisabilité technique de la production de carburant de cette façon, mais plutôt sur le coût final du carburant ainsi produit. Ca peut très bien être 3 ou 4 fois plus cher que les carburants pétroliers actuels (j'ai même vu des chiffres bien plus élevés).

Je vais lire ta documentation et voir si je trouve des données économiques récentes sur les coûts de production du biodiesel.

A+

AL
Alternotre

Pour coût au baril on se situe selon les profils entre 90 et 130 USD... Ce qui explique que jusqu'à récemment on jugeait cette filière peu crédible.

Pour ce qui est des sources de CO2, le rapport annuel du CITEPA http://www.citepa.org peut être une bonne source de départ :

Par exemple, je citais un CO2 issu de la consommation de méthane agricole. En 2006, les émission de CH4 sont estimées à 1974 Kt. L'agriculture et la sylviculture représentent 74% des émissions totales de méthane. Le Citepa constate que la quasi totalité des émissions de ce secteur provient de la fermentation entérique et des déjections animales.

http://www.citepa.org/emissions/nationa ... mt_GES.pdf

Si ça vous dit à certain d'entre vous on peut s'amuser à faire les calculs, c'est du théorique, mais ça peut être une bonne base de réflexion.

Pour le reste, faut voir...

DR
drvkatwijk

Il n'y as pas que l'injection d'eau qui peu être intéressante, aussi l'injection de GPL.
Plein de pays l'ont déjà adapté et en France seul les bus de certaines villes l'utilisent.
En gros on consomme entre 10% (au ralenti) et 2% (en pleine charge) de gazole par rapport a la consommation de départ pour le même couple demandé. Ensuite le reste (jusqu'à 60% de consommation équivalente) est faite en injection de GPL. Donc pour la même puissance ou couple on n'utilise que 62% de carburent. L'avantage est qu'il n'est pas besoin d'augmenter artificiellement la compression comme avec l'injection d'eau.
Seulement les pays n'ont pas envi de promouvoir le GPL car un décret européen interdit de le taxer en tant que produit pétrolier. C'est pour sa que la plus part du temps 90% de la production est juste brulée à la sortie du puis (les petites flammes que l'on vois sur les plateformes) et là la pollution n'est pas grave (tout le CO2 dégagé) puisque presque personne ne le vois.
Plus de pollution à l'azote, 30% de CO2 en moins et 38% de consommation en moins, plus de couple et de puissance en restant dans la limite de construction du moteur.

En octobre le système sera homologué en France. On verra bien si la publicité sera faite comme dans d'autres pays au monde (Italie, Australie (5 à 10 fois par jour à la radio) pour n'en citer que deux car j'y séjourne souvent).

Personnellement je n'attend que sa pour passer au Diesel "propre" et de quitter mon essence GPL presque propre car très vieux (250 M km 20 ans). Je n'ai plus consommé d'essence depuis 2004 car je ne roule qu'exclusivement au GPL.