Le fonctionnement du cerveau du plus petit primate au monde en 3D

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Comment l'Evolution a-t-elle modelé l'architecture des réseaux neuronaux ? Une équipe du CEA-Jacob décrit ces réseaux chez l'un des primates les plus petits et les plus éloignés génétiquement des humains.

Le microcèbe murin - ou microcèbe mignon - la plus petite espèce de primates.
© UNIGE/Huber

Dans le cerveau humain, les réseaux neuronaux empruntés par l’information pour circuler d’une région à une autre sont souvent associés à des fonctions particulières (surveiller l’environnement, amorcer un mouvement, réguler un comportement,...). Ils sont également altérés dans de nombreuses maladies neurologiques. Comprendre comment l'évolution a modelé l'architecture de ces réseaux est important pour mieux appréhender l’origine des capacités cognitives exceptionnelles des humains. Le microcèbe murin (Microcebus murinus) est l'un des primates les plus petits et les plus éloignés génétiquement des humains.

Une équipe de MIRCen (CEA-Jacob) a caractérisé pour la première fois les réseaux neuronaux de ce petit primate. Cette prouesse repose sur l’utilisation d’un IRM très performant (11,7 Tesla) permettant l’observation non invasive d’un cerveau 800 fois plus petit que celui de l’Homme (1,7 grammes versus 1,4 kg). Les chercheurs ont identifié les réseaux permettant aux microcèbes de réaliser des actions motrices ou de traiter des informations visuelles (réseaux primaires somato-moteurs et visuels). Certains réseaux mis en évidence pourraient être impliqués dans la vigilance en réponse à des stimuli sensoriels et dans l’attribution de valences positives ou négatives aux stimuli (réseaux sensori-limbique et limbique-évaluatif).

Les différences anatomiques les plus saillantes entre les réseaux neuronaux des microcèbes et ceux des humains se situent majoritairement dans les réseaux de haut niveau. L’évolution humaine pourrait donc avoir spécifiquement modifié leur organisation souvent associée à des fonctions cognitives élevées.

Pour en savoir plus

Références:
Resting state functional atlas and cerebral networks in mouse lemur primates at 11.7 Tesla I Neuroimage

PE
Pendesinialessandro

Bonjour
Quelques remarques…
Aucun changement qualitatif ne distingue le cerveau animal de l’humain. Les cellules nerveuses, les neurotransmetteurs, les hormones de l’homme ressemblent à ceux des autres vivants, dont les molécules appartiennent d’ailleurs aussi au monde inanimé : carbone, azote, oxygène…
Chez le ver, la mouche, la souris ou l’homme, ce sont à peu près les mêmes choses qui déclenchent leur activité électrique ; si bien que si on veut explorer le comportement électrique des neurones, il est sans doute préférable de s’en tenir à l’un des 302 neurones répertoriés chez le petit ver nématode C (1mm) plutôt qu’au 123.456.789ème neurone sur le 86 milliards que compte le cerveau humain. Le tout est de choisir le système modèle avec discernement.

NB -On peut essayer d’établir avec la neuro-imagerie, l’architecture fonctionnelle du cerveau, les bases neuronales du fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que nous pouvons « voir le cerveau penser », comme s’enthousiasment parfois certains journalistes avides de sensationnel. Si en effet on peut « voir » certaines régions cérébrales s’activer ou se désactiver quand nous pensons, rien ne permet de préciser ce qui nous conduit à penser ainsi. Les mêmes zones cérébrales sont susceptibles d’être mises en jeu quand nous pensons à ce que nous ferons. Rien ne nous permet de préciser avec l’imagerie, pourquoi tel souvenir est consciemment concerné, tandis que tel événement passé est oublié. Et –surtout !- les neurobiologistes ont actuellement bien des difficultés à comprendre précisément comment s’articulent mémoire implicite et mémoire explicite. Chaque chose à son temps…. ;)