Le réacteur de fusion thermonucléaire Iter sera construit à Cadarache (France)

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Les rumeurs qui courraient depuis plusieurs semaines étaient finalement fondées: c'est désormais officiel, le réacteur expérimental de fusion thermonucléaire contrôlée Iter sera implanté en France, à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. Iter est un vaste projet international visant à produire une énergie (sous forme électrique) bien plus propre que ce qui est produit actuellement, de manière fiable et illimitée. Depuis fin 2003 deux sites étaient en compétition pour l'implantation de ce réacteur, celui de Cadarache proposé par la France (soutenu par l'Union Européenne, la Russie et la Chine) et Rokkasho-mura au nord du Japon (soutenu par le Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis).

Vue en coupe du réacteur Iter
(published with permission of ITER)

L'officialisation du site français, signée ce mardi matin à Moscou, vient clôturer plusieurs mois de tractations entre la France et le Japon. Les deux pays ont négocié durant ces dernières semaines les dédommagements que devra recevoir le pays non retenu. Parmi ces compensations, le pays hôte accepte de contribuer à hauteur de 50 % aux coûts engendrés par la construction et l'exploitation du réacteur expérimental (estimés à 10 milliards d'euros sur 30 ans) contre 10 % pour le pays non hôte. La construction du réacteur ne durera pas moins de 10 ans. Le reste de la facture est partagée entre les autres partenaires. Le pays non hôte aura de plus la direction de la gestion d'Iter, 20 % des contrats de construction du réacteur et hébergera une partie des laboratoires dédiés au projet. Le Japon se serait également désisté pour se concentrer sur l'obtention d'un autre projet scientifique international d'envergure, celui de l'accélérateur de particules linéaire international (ILC).

Le projet Iter consiste à reproduire la réaction qui se déroule au coeur du Soleil, réaction inverse de la fission nucléaire. Là ou la fission consiste à 'casser' des atomes lourd, la fusion thermonucléaire consiste, par chauffage, à réunir des atomes légers. Le réacteur Iter, au sein de son tokamak (chambre torique contenant la réaction), forcera deux noyaux d'atome de deutérium (isotope léger de l'hydrogène) à fusionner pour former du tritium (isotope lourd de l'hydrogène). Cette réaction produit une grande quantité d'énergie, le projet Iter doit fournir pour la première fois un rendement énergétique positif de manière continue: l'énergie dépensée pour créer la réaction (chauffage des atomes en un plasma) doit être inférieure à l'énergie fournie par la réaction. Le réacteur Iter n'est pour le moment qu'un prototype, il doit permettre la mise au point de la génération suivante de réacteur qui permettront dans quelques décennies une exploitation commerciale de la fusion thermonucléaire.

La fusion thermonucléaire est beaucoup plus sûre que le fission actuelle, le processus ne pouvant pas s'emballer. En cas de problème la réaction s'arrête d'elle-même. De plus elle ne produit pas de déchets radioactifs et les éléments qui lui servent de "carburant" sont disponibles dans l'eau de mer (le deutérium). Il est cependant nécessaire de souligner que si les produits de la réaction ne sont pas radioactifs, le cœur du réacteur le devient durant son activité. Ceci représente une forme de déchet radiatif qu'il faut traiter lors de son démantèlement, mais reste considérablement moins importante que les déchets engendrés par la fission.

avatar
fffred

si je ne me trompe pas, le temps de demi-vie des dechets sont de l'ordre de dix ans ....beaucoup moins long que l'uranium par exemple

avatar
Space

Production de l'eau lourde : http://encyclopedie.snyke.com/articles/eau_lourde.html

Il faut quand même beaucoup d'eau ...

AD
Adrien

un autre Fred
Actuellement, nous utilisons la fission nucleaire dans nos centrales, car la fission d'un atome libère une énergie.
Demain nous nous servirons de la fusion pour produire de l'electricité, car la fusion de deux atomes libère aussi de l'énergie.
Après-demain, nous créerons une centrale qui fissionne un atome et les refusionne ensuite, et ceci indéfiniment afin de produire de l'énergie en quantité infinie avec aucune ressource.
Mais on m'a toujours appris en cours de physique que rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme. Alors qui peut contredire ma proposition puisque dans les deux cas, nous avons une production d'énergie?

D'un coté on fusionne des isotopes de l'hydrogene, de l'autre au casse de l'uranium. Ce ne sont absolument pas les mêmes atomes (chacun à un bout du tableau périodique). Faut peut etre approfondir sur ce point

avatar
fffred

en effet, il faut comparer les energies de liaison entre les nucleons. Pour la diminuer par la fission (et produire de l'energie) il faut des elements lourds comme l'uranium. Pour la diminuer par la fusion (et produire de l'energie) il faut des elements legers comme le deuterium (ou l'eau lourde).

avatar
fffred

il n'y a pas de risque d'explosion pour un tokamak à ma connaissance. Seule de la chaleur peur être dégagée, et je ne pense pas en grande quantité.
Par contre, le rendement niveau cout de fabrication etc ... n'est effectivement pas bon pour un tokamak (enfin pour l'instant). Cependant il y a dautres alternatives aux tokamak pour réaliser la fusion. Quand au solaire, d'après un ami qui travaille dans la production de panneaux solaires, les couts sont toutefois très élevés (et niveau pollution, il n'y a pas beaucoup d'amélioration). De plus, 1%des surfaces désertes, c'est déjà une bon paquet (et la demande en énergie augmente exponentiellement)
Bien sur, cela n'engage que moi : je crois que la fusion est, au minimum, une voie à explorer, au mieux, à utiliser.

DO
doublemexpress

En plus, en "délocalisant la production dans les déserts, tu les éloignes des consommateurs.

Pense aux lignes à hautes tensions qui courent des alpes/pyrénées ou des grandes centrales au bord de l'atlantique vers Paris ! ! !

Je vois mal une ligne à haute tension traverser la méditéranée pour t'amener du courant "Saharien".

D'autres points à prendre en compte : stabilité politique de ces zones désertiques (afrique centrale, péninsule arabique, moyen orient, asie centrale, ...) ; désir de ces zones (pays) de voir implanter ces installations (l'afrique n'est pas ou peu consommatrice d'électricité, les arabes veulent vendre leur pétrole, l'asie centrale son indépendance (kirgiz, tchetchèn, ...) ) ; voir également pollution visuelle ou autre, "on" ne veut déjà pas de certaines implantations chez nous (on les laisse pour les voisins, qui n'en veulent pas non plus) je pense aux lignes HT, éoliennes, barrages, autoroutes, ..., alors pourquoi, sous prétexte de dévellopement "occidental" l'imposer aux "zones désertiques".

En plus, à quoi correspondent tes régions désertiques ?
L'Antartique est une zone désertique, va tu y implanter 1% de panneau solaire ?

DO
doublemexpress

Moi, ce qui me fait peur au premier abord, c'est que l'eau lourde est quand même la base de la bombe H, si je ne me trompe.

J'ai pas peur que cadarache soit une bombe, je pense comme fffred, qu'une réaction maitrisée dans une enceinte étudiée et maitrisée ne pose pas de problème.

Ce qui m'inquiète c'est le désir de pays "émergents" d'obtenir ces techniques (dans 20 ou 30 ans, une fois les premières centrales "commerciales" implantées en "Occident") et de disséminé par ce fait un risque de détournement des matières.

Je pense en fait aux reproches que l'on fait actuellement à l'Iran vis-à-vis de l'enrichissement de l'Uranium.

La France a enrichi de l'Uranium, produit énormément d'électricité avec cela, et elle possède "la force de discusion nucléaire" soit la bombe atomique quoi ! ! ! !

Je ne vois pas pourquoi, c'est ma part d'humanisme qui parle, on interdirait à l'Iran de faire tourner une centrale nucléaire par le simple fait qu'il risque de détourné l'uranium enrichi (ou le plutonium) à des fins militaires (je ne pense pas non plus qu'il ne le fasse pas, d'autres ont des bombes, pourquoi pas eux), je pense surtout que politiquement, il n'est pas bon de leur permettre de ce dévellopper plus vite (grâce à la fée électricité), "On" a déjà suffisamment de problème avec la Chine, et bientôt avec l'Inde, pour encore se mettre les iraniens sur le dos.

Je m'arrete parce que je vais devenir méchant envers les politiques !

En gros, maitrisons chacun notre consommation électrique, réduisons nos besoins, en conservant la majeure partie de notre confort (c'est possible, et là y des études et des investissement à faire) et vous verrez, notre production électrique, et donc nos rejets "Kyoto" resterons admissibles, notre consommation de pétrole également.

@+

avatar
fffred

le plasma est chaud parcequ'il est dense. S'il y a une fuite, la température ne sera plus un probleme.

Pour le solaire, le cout a moyen terme me parait élevé, même s'il n'y a probablement pas d'autre solution pour le moment. J'espère sincèrement que la fusion aboutira à une source efficace, non polluante, est pas trop chère de produire de l'énergie. D'ici là, le solaire sera indispensable, c'est vrai, mais je pense aussi que la recherche sur la fusion est indispensable, même si le résultat n'est pas assuré ....

avatar
fffred

le plasma dans le tore ne touche pas (en théorie) les parois, d'où le terme de confinement. Et s'il y a une fuite, je pense que la faible quantité de particules ne parviendrait pas à faire fondre les parois.

avatar
fffred

Anonymous


Steeve
J' aimerais savoir ou tu prend tes informations pour affirmé que seulement 1% des déserts de la planete serait suffisent pour fournir en electricité tous les hommes. Pour ma part, je pense qu'il faut bien sur développer les energies renouvelables, mais il semble qu'il soit difficile de produire suffisament. L'Allemagne qui fait de gros effort dans ce sens, n'a pour objectif de production que de 20% en renouvelable.
Enfin, a moyen terne, le pétrole va devenir trop cher (car trop rare);les moyen de transport tourneront à l'electricité ou à l'hydrogène (qui consome beaucoup d'electricité pour sa production), c'est pour cette raison que l'implantation d'ITER à Cadaraches me semble positif. Reste a espérer que l'on pourra produire grace à la fusion.


sur le lien suivant, vous trouverez l'emplacements des déserts dans le monde, diapo 10:
http://www.univ-bpclermont.fr/LABOS/geo ... /frame.htm


En estimant à environ 1 KW les besoins d'énergie totale (pas seulement électrique) d'un humain moyen, soit 7 TW pour l'ensemble de l'humanité (bientôt 7 milliards) et d'un autre côté un rendement de 10% des panneaux solaires, on arrive à peu de chose près à une surface de 100'000 km2 .
Considérant que le Sahara représente à lui tout seul pas loin de 10 millions de km2, plus tous les autres (voir cartes des déserts), la proportion nécessaire pour obtenir la quantité d'énergie utilisée est inférieure à 1%. CQFD
:sol:

quel est le prix d'une telle installation ? Y a-t-il des deserts partout dans le monde ? Comment acheminer toute cette electricite jusqu'aux pays pas suffisament ensoleilles ? Quel est le prix de cet acheminement ? Comment feront les pays incapables de se procurer cela ?

Les problemes sont tout aussi complexes que pour une centrale a fusion. Rien que l'allemagne, avec tous ses efforts pour produire de l'energie solaire, n'atteindra que 20% dans quelques annees.

De toutes facons il y a du boulot, la fusion ne doit pas etre oubliee, et ITER, succes ou pas, est une etape necessaire a mon avis.

(desole pour les accents, j'ai un clavier anglais)

CA
caigin

Le solaire a, à mon avis, plus un avenir de production "locale" et l'utilisation thermique (chauffage de l'eau pour les bâtiments) du solaire risque de devenir très populaire. Le photovoltaïque n'arrivera jamais à produire l'énergie globale, soyons réalistes.

Concernant ITER, je trouve "dommage" d'investir 10 milliards (qui risquent de se transformer en 20...) uniquement pour une technologie qui, bien que moins polluante que la fission, reste une énergie non-propre.

Il reste énormément à faire dans l'économie d'énergie. Je pense qu'il faut attaquer le problème par les deux bouts et qu'il ne s'agit pas de dire : "si les besoins en énergie croissent exponentiellement, augmentont de manière exponentielle, de quelque manières qu'il soit, la production mondiale d'énergie..."

Voilà mon avis...