Les carbonates sont-ils stables à la surface de Mars ?

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La détection de carbonates (calcaire) à la surface de Mars a constitué et constitue un objectif majeur afin de comprendre l'évolution de l'environnement Martien : confirmer la présence d'eau liquide passée (car ils ne se forment facilement qu'en présence d'eau liquide), éventuellement à grande échelle, et également obtenir des informations sur une potentielle forme de vie qui aurait pu apparaître à la surface (car sur Terre, ces minéraux sont la plupart du temps associés à une activité biologique).

A ce jour aucun large dépôt de carbonates n'a été détecté. En fait, leur détection est spécifique à certaines zones et dans de faibles proportions. L'absence de tels dépôts, alors que les conditions passées de la surface de Mars semblent avoir été favorables à leur production, pourrait être attribuée à l'environnement particulièrement agressif de la surface de Mars. La présence d'un rayonnement UV intense a été proposée pour expliquer leur photodécomposition et donc leur absence. Cependant, des résultats contradictoires obtenus à partir d'expériences de laboratoire simulant le rayonnement UV à la surface de Mars n'ont pas résolus l'évolution des carbonates dans un tel environnement.

Le Laboratoire inter-universitaire des systèmes atmosphériques (CNRS, Université Paris Est Créteil Val de Marne, Université Paris Diderot) et le Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations spatiales (CNRS, Université Pierre et Marie Curie, Université Saint Quentin en Yvelines), deux laboratoires de l'Institut Pierre Simon Laplace, ont donc initié de nouvelles expériences d'exposition de carbonates (biominéraux et minéraux abiotiques) au rayonnement UV simulé en laboratoire mais également en orbite basse terrestre. Cette exposition en orbite basse fut effectuée dans le cadre de l'expérience UVolution à bord d'un module BIOPAN de l'Agence Spatiale Européenne (ESA), fixé à l'extérieur d'une capsule automatique Russe Foton, durant 12 jours en Septembre 2007. Les résultats obtenus en laboratoire et en orbite basse terrestre ont montré que tous les échantillons de carbonates sont stables au rayonnement UV. Par conséquent la présence d'un rayonnement UV intense à la surface de Mars ne peut expliquer l'absence de larges dépôts. De plus, la stabilité de ces minéraux nous incite à étudier avec attention les signatures biologiques qu'ils pourraient renfermer dans le cadre de la recherche de signatures de vie martiennes. (Ces expériences ont bénéficié du support du CNES et de l'ESA).

Référence:

"UVolution, a photochemistry experiment in low earth orbit: Investigation of the photostability of carbonates exposed to martian-like UV radiation conditions". Stalport, F., Guan, Y. Y., Noblet, A., Coll, P., Szopa, C., Macari, F., Person, A., Raulin, F., Chaput, D., and Cottin, H., 2010. Planet. Space Sci. 58, 1617-1624.

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StarDreamer

Il me semble que Mars disposait de fortes réserves d'eau dans son passé (ainsi que d'une atmosphère), mais que l'arrêt de sa tectonique des plaques (refroidissement plus rapide que la terre, absence de dualité noyau solide/liquide qui amène des forces de convection) plus tôt que sur Terre a amené un échappement total dans l'atmosphère puis l'espace, sans renouvellement de matière première issue du sol.

Les traces de carbonates sont peut-être ce qu'elles sont : des réminiscences d'une présence active d'eau dans le passé.

En tout cas, les preuves s'accumulent toujours plus sur le caractère inhospitalier et stérile de la planète rouge.

Edit: en relisant l'article, qui abonde dans le sens d'une vie active passée, les chercheurs sont surpris justement de cette absence de grande quantité de carbonates, sensé être stable malgré le caractère agressif des UVs.
Mais comme on est sur des ères de temps géologiques, peut-être que le carbonate, aussi stable soit-il, a-t-il quand même été évaporé peu à peu au cours des milliards d'années... ou simplement enseveli sous des couches innombrables de pulvérisations météoritiques (ça se dit, ça ?).

Bon, il va falloir envoyer de gros robots foreurs pour en savoir un peu plus ! :haaa:

RO
Roroleblaireau

StarDreamer
Mais comme on est sur des ères de temps géologiques, peut-être que le carbonate [...] au cours des milliards d'années...

Carbonates + milliards d'années = Pétrole ?

Sur la terre, les poches d'énergies fossiles sont assez loin dans les sols, les "pulvérisations météoritiques" sont elles assez fréquentes pour pouvoir avoir "enterrés" nos prédécesseurs ?

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StarDreamer

Le pétrole est issu d'un arrangement de couches sédimentaires particulier, à de "grandes" profondeurs, sous des conditions de températures et de pression assez strictes.

Pour les carbonates, je pensais surtout à une unité s'apparentant au mètre (par exemple, sous quelques mètres de poussières de météores ou de sable).

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JNem19

L'hypothèse de vastes réserves de carbonates dans le sous-sol ne peut facilement être invalidé". En effet leur origine est nécessairement très ancienne et depuis les épanchements de laves en surface (qui ont recouvert les dépôts) et les innombrables éjectats d'impacts (se souvenir de l'effet combiné d'une faible pesanteur et de la ténuité de l'atmosphère, deux phénomènes s'associant pour disperser aisément ceux-ci sur de vastes surfaces) ont pu les ensevelir à une profondeur où seuls de gros impacts non comblés (relativement récents donc rares) peuvent les laisser apparaître.
Par ailleurs, des épisodes où l'atmosphère était plus dense ont pu aisément déplacer des champs de dunes et contribuer plus encore à leur enfouissement.
Je ne vois qu'un crackage thermique (difficile en sous-sol vu le peu d'activité volcanique) ou une dissolution dans l'eau (il faut descendre peut-être très bas) pour les escamoter, à moins que le réservoir hydrique primitif ait été surestimé (on a toujours une possibilité que le rapport D/H soit dû aussi à du méthane par ex et donc pas d'océan primitif, pas de pluies massives, pas de
carbonates initiaux ou en faibles quantités). On cherche encore, mais comme on sait déjà qu'il s'en est formé.