Mémoires ferroélectriques: au secours des mémoires qui flanchent

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Les performances des mémoires de nos outils technologiques laissent parfois à désirer. Électroniciens et chercheurs en matériaux se sont penchés sur cet épineux problème. Et ont récemment trouvé des solutions prometteuses.

Avec l'essor des téléphones portables, des baladeurs numériques et autres appareils nomades, l'industrie électronique est confrontée à un incroyable défi : mettre au point des mémoires informatiques non volatiles – c'est-à-dire capables de conserver les données quand l'appareil est éteint –, qui soient à la fois solides, fiables et faiblement consommatrices d'énergie ! Or ce casse-tête pourrait avoir trouvé un début de solution grâce aux travaux de scientifiques français et britanniques. L'équipe d'Agnès Barthélémy, de l'Unité mixte de physique CNRS-Thalès, s'est intéressée à une technologie encore peu connue du grand public : celle des mémoires dites ferroélectriques, réputées notamment pour leur rapidité. Elles souffraient d'un handicap majeur : l'information qu'elles contiennent disparaît lorsqu'on la lit. Banco : les chercheurs se sont affranchis de cet obstacle qui limitait ce type de mémoire au secteur des jeux vidéo.

Les chercheurs ont réussi à observer les domaines de polarisations opposées
(carrés concentriques verts et violets) de cet échantillon sans les modifier !

Le principe ? Les données sont contenues dans un matériau ferroélectrique : à l'intérieur de celui-ci, les charges ont la propriété d'être polarisées, c'est-à-dire organisées pour former des dipôles dirigés dans un même sens, un peu à la manière de petites boussoles indiquant toutes le nord. Comme cette polarisation peut-être inversée localement par l'application d'un champ électrique extérieur et qu'elle perdure ensuite, les physiciens ont ainsi imaginé d'utiliser ces solides pour stocker de l'information en associant aux orientations « haut » et « bas » les valeurs « 0 » et « 1 » de l'informatique binaire. Problème : pour identifier la « valeur » du dipôle, les électroniciens n'avaient jusqu'ici d'autres choix que d'appliquer un second champ électrique. Ce qui, explique Manuel Bibes, chargé de recherche au CNRS, « revient à modifier, une fois sur deux, son état et donc à faire disparaître les données au fur et à mesure qu'on les lit ! »

Agnès Barthélémy, Manuel Bibes et leurs collègues sont les premiers à avoir découvert une solution alternative. Pour y parvenir, l'équipe a procédé en trois temps. En premier lieu, elle a produit de minces couches de un à deux millionièmes de millimètre d'épaisseur d'un matériau appelé titanate de baryum dont (et c'est une découverte en soi) elle avait établi au préalable la ferroélectricité à température ambiante. Dans la seconde phase, elle a disposé ces échantillons entre une électrode et la pointe d'un microscope à force atomique [1]. Avant, enfin, d'y faire circuler du courant par « effet tunnel ». Ce curieux phénomène quantique – qui permet à un électron de traverser un matériau isolant dès lors que son épaisseur est réduite à quelques atomes – a été astucieusement mis à profit par ces chercheurs pour identifier l'état de polarisation du titanate de baryum… sans le modifier ! Et donc pour lire les données cryptées dans cette mémoire ferroélectrique en évitant de les détruire. Cette avancée majeure pourrait se traduire un jour par la présence de ce type de mémoire dans nos appareils de poche.

Une grande famille

Dans la grande famille des mémoires informatiques, il y a d'une part les mémoires « volatiles », comme les RAM des ordinateurs par exemple, qui stockent les données tant qu'elles sont alimentées en électricité. Et d'autre part les mémoires « non volatiles », qui les conservent après l'extinction des appareils. Bien que leur usage soit largement répandu, ces derniers composants présentent des inconvénients aux yeux des industriels. Une technologie comme celle des « disques durs » est, en effet, bon marché et fiable. Mais elle n'est pas adaptée à toutes les applications en raison de sa fragilité. Quant aux systèmes « flashs » qui équipent les clés USB, les baladeurs numériques et les téléphones portables, ils ont l'avantage de la robustesse. Par contre, ils consomment beaucoup d'énergie au cours des phases de lecture et d'écriture et leur durée de vie est limitée. D'importants efforts de recherche et développement sont donc actuellement menés à travers le monde pour tenter de découvrir d'autres solutions.

Note:

(1) L’utilisation d'un microscope à force atomique permet l'étude des surfaces de matériaux.

DO
DouziemeCase

Unité mixte CNRS/Thalès ... nouvelles technologies de stockage de l'information ... ça ne vous rappelle rien ? Un certain Fert, peut-être ? :)

Reste à faire rentrer un microscope à force atomique dans un IPod et le tour est joué !

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cisou9

:_salut: Et en plus le coût du dit microscope, non on va trouver un moyen plus commode pour lire les données. :lol:

BA
Bap2703

Michel
En premier lieu, elle a produit de minces couches de un à deux millionièmes de millimètre d'épaisseur d'un matériau appelé titanate de baryum dont (et c'est une découverte en soi) elle avait établi au préalable la ferroélectricité à température ambiante.

Il serait plus commode de donner directement l'unité par rapport au mètre plutôt que de faire des combinaisons comme celles-ci avec un sous multiple. Tout le monde connait le nanomètre maintenant non ?

Michel
Dans la seconde phase, elle a disposé ces échantillons entre une électrode et la pointe d'un microscope à force atomique [1]. Avant, enfin, d'y faire circuler du courant par « effet tunnel ».

Autant directement parler de microscope a effet tunnel non ? Je pense même qu'il est plus connu du grand public (de nom au moins) que le microscope à force atomique :p

Point besoin d'embarquer un microscope dans la mémoire. Le scanning serait de toute manière un inconvénient dans une mémoire. Autant faire une bonne vieille grille, comme d'habitude, et adresser chaque cellule ferroelectrique.

DO
DouziemeCase

En se référant à l'article original (http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/090 ... 4568v1.pdf), c'est bien un AFM qui a été utilisé, mais pas dans son mode de fonctionnement standard :

"Another option to study full polarization switching and to avoid leakage is to use the metallic tip of an atomic force microscope as an electrode"

Ou comment détourner un outil déjà disponible !

Pour le millionième de millimètre, c'est poussé la vulgarisation un peu loin : la ferroélectricité est renvoyée à sa définition, mais le nanomètre n'est pas cité. Bon, ok, là, on pinaille ! :)

Autre point qui m'intrigue :

Ce qui, explique Manuel Bibes, chargé de recherche au CNRS , "revient à modifier, une fois sur deux, son état et donc à faire disparaître les données au fur et à mesure qu'on les lit !"

Dans quel cadre cette explication a-t-elle été donnée ? Peut-on avoir accès à l'intégralité de cette explication ? Merci ! :jap:

D'un point de vue plus général : je suis en train de me battre sur chaque commentaire que je trouve ici ou là (science, économie, politique ...), commentaire qui ne se base que sur le résumé accessible sur les sites de compilations de news. Le phénomène existe aussi sur les sites des journaux ayant publication sur rue.

Internet est l'outil idéal pour retrouver les sources complètes des bribes d'informations qui nous sont donnés. Donnez-vous la peine de chercher, donnez-vous la peine de lire 5 pages en pdf. Nous sommes sur un site de news scientifique. L'esprit critique est notre seule arme, vérifier une hypothèse en élargissant le champs des données est notre seule méthode : n'attendons pas d'être devant une équation pour l'appliquer !

En repartant de la source, on a accès à l'expression entière de la pensée de l'auteur, et non au résumé qui peut parfois rendre imprécis le propos de l'auteur, et la compréhension de sa pensée hasardeuse.

Je n'engueule personne, je n'en veux à personne de ne pas avoir le temps de le faire : je voudrais juste que les commentateurs soient actifs face aux informations compactées qu'on peut leur fournir. Et bien sûr, je remercie les sites qui nous mettent sur la piste de tous ces sujets, et je les remercie de nous les présenter en version vulgarisée (pour un gain de temps), c'est vraiment du bon boulot : reste à donner un lien vers les sources (pour un gain d'acuité), et ce serait parfait !

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buck

tu bosses dans quoi douziemecase ?
(je n'ai pas encore lu l'article en son entier ici, je reserve ma reponse pour lundi :-) mais merci pour le lien

DO
DouziemeCase

buck
tu bosses dans quoi douziemecase ?
(je n'ai pas encore lu l'article en son entier ici, je reserve ma reponse pour lundi :-) mais merci pour le lien

Tiens, quelle drôle de question :_grat2: Pourquoi veux-tu le savoir ?
(non, je ne suis pas politicien ! :lol3: )

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buck

DouziemeCase


buck
tu bosses dans quoi douziemecase ?
(je n'ai pas encore lu l'article en son entier ici, je reserve ma reponse pour lundi :-) mais merci pour le lien


Tiens, quelle drôle de question :_grat2: Pourquoi veux-tu le savoir ?
(non, je ne suis pas politicien ! :lol3: )

J'ai pose la question en premier ! ;) (je crois reconnaitre un jeune thesard en periode de biblio ;) )

DO
DouziemeCase

buck


DouziemeCase


buck
tu bosses dans quoi douziemecase ?
(je n'ai pas encore lu l'article en son entier ici, je reserve ma reponse pour lundi :-) mais merci pour le lien


Tiens, quelle drôle de question :_grat2: Pourquoi veux-tu le savoir ?
(non, je ne suis pas politicien ! :lol3: )


J'ai pose la question en premier ! (je crois reconnaitre un jeune thesard en periode de biblio )

Ah oui ? Qu'est-ce qui te fait penser ça ? :_grat:

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buck

le reflexe arxiv qu'on perd un peu plus tard pour les papiers plus specialises (IEEE dans le domaine) et dire au gens d'apprendre a lire ;)

DO
DouziemeCase

Réflexe arxiv : aucun réflexe dans mon cas, juste l'utilisation de Google.

La sale manie de vouloir que les gens apprennent à lire : j'espère que ce n'est pas réservé qu'aux jeunes thésards en période biblio ! Creuser un tant soit peu un sujet permet d'avoir un début d'opinion argumentée. Sinon, on ne peut qu'émettre une réaction, précontrainte par son camp dans le champs de la politique, hasardeuse si l'info est incomplète dans le cas de la science, viscérale lorsque l'émotionnel prend le dessus.

Quoiqu'il en soit, je te remercie de me prêter jeunesse au vu de mes posts ! :jap:

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Khainyan

Bap2703
Autant directement parler de microscope a effet tunnel non ? Je pense même qu'il est plus connu du grand public (de nom au moins) que le microscope à force atomique :p

mon dieu quelle hérésie! ils ont utiliser un AFM pour manipuler les composants je pense et pour faire la deuxième électrode du dispositif. Dans un microscope à effet tunnel le courant s'établit entre l'objet à observer et la pointe du microscope. ici le but était que le courant traverse l'objet :D

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Maulus

Le problème c'est d'avoir une tête de lecture ultra précise... on pourrait coder la mémoire atome par atome avec ce procédé..
ahurissant... je hâte de voir ça en fonctionnement !

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Khainyan

Moé. Une information par atome c'pas encore assez :D

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buck

Khainyan
Moé. Une information par atome c'pas encore assez :D

Ca va commencer a etre dur a descendre plus bas ;)

ZO
Zoharion

"clur" :D

(Si tu vois ce que je veux dire)

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buck

Zoharion
"clur" :D


(Si tu vois ce que je veux dire)

euh moi non

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Khainyan

descendre plus bas? une information par électron puis par nucléon, puis par quarks.. et ainsi de suite :D
Mieux: utilisation des principes de l'informatique quantique pour stocker de l'information :D

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buck

Electron ca existe deja (utilisation des SET single electron transistor) mais il y a encore une base avec des atomes (ben oui il faut qd meme un support)
Nucleon avec un ordinateur nucleaire? , hum pourquoi pas
les quark: faudrait arriver a en avoir un seul loin de ses copains ;)

Quantique: yerk, pour moi tjs pas moyen de l'apprehender (je dois faire un blocage dessus)

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Khainyan

x) c'pourtant simple comme concept. Beaucoup moins simple à mettre en oeuvre je te le concède...
pour les électrons.. je ne m'y connait pas du tout mais il y a actuelement des mémoires qui arrivent à stocker une information par chaque électron de chaque atome? x)

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buck

Khainyan
x) c'pourtant simple comme concept. Beaucoup moins simple à mettre en oeuvre je te le concède...

yep tout a fait

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Khainyan

buck
yep tout a fait

c'pas un peu du flood ça?